SCÈNE A IL LES PRÉcÉDENs, OURS-KAN , ALI-BABA, femmes
(Des rèhnire^apporicnl i.ne table riclieraenl servie, que l'on jilace de côté el que l'on environne de coussins; d'autres femmes porlenl des plateaux sur lesquels sont les vins, les sorbets, le café, etc.)
OURS-KAN , bas , à Ali-Baba.
Tu le vois , je tiens mes promesses; Je n'ai puisé dans ton trésor Que deux cent mille pièces d'or; C'est bien peu . pour tant de richesses.
ALI-BABA , troublé.
Oh!
OURS-KAN , à part.
Mais j'ai VU le reste et je saisie chemin. (II aperçoit la table.)
Eh! mais, quel splendide feslin !
Yraiment, on n'est pas plus aimable!
A ce repas agréable , >.
Je sens que je vais faire honneur.
Allons , allons , à table !
(à Nadir et à Ali-Baba.) Imitez-moi.
(Il s'approclie ilela table.) ENSEMBLE.
ALI-BABA, DÉLIE, MORGIANE , à part.
Je cède à ma frayeur!
NADIR , à part.
Contenons ma fureur!
OLRS-RAK , à part.
Le sommeil vabientôt les livrer sans défense ,
AC l E 1 V, se ÈMi VII. 77
Attendons (juc l;i iiuil s'avanct;
(regardant le liangar.)
Pour donner le signal.
(Iiaul et liuvaiit.";
Du shiras excellent!
(regardant les esclaves.)
Et de jeunes beautés au regard séduisnnt ! Allons , pour chaiiner cet instant , De la musique , de la dans- , Tous les plaisirs !
(H se verse encore à boire, en s'assejant sur une pi!o do coussins; il a fait placer Ali-Baba à côté de lui et Délie près do son père IMorgiane et Nadir sont au milieu du tbt'Atre ; Calaf est seul à rextréinilé opposée ;\ la lable.)
MORGIANE , bas à Nadir, et comme frappée d'une idée subite.
Oui... je n'y pensais pas. • NADIR , bas.
Que veux-tu faire?
MORGIAiNE, bas.
Parlez bas !
(Elle fait un signe de côté, et Ton voit accourir toutes les fenunes esclave» d'Ali-Baba et de Nadir, qui tiennent des vases , des coupes d or, des initrumens de musique à la main. — Pendant ce mouvement;)
MORGIANE , bas et montrant Ours-kau.
11 faut tromper sa surveillance.
Oui , grâce au désordre, à la danse , Je pourrai m'échapper et chercher du secours.
NADIR, bas et vivement.
Je veille sur leurs jours...
El ce poignard... s'il voulait faire entendre
(montrant Ours-Knn.)
"'ueste .signal que nous venons d'apprendre...
J.8 A M - li A B A ,
OURS-KAN , se touriianl vers Nadir, comme s'il l'altendait.
Kh bien !...
NADIR , aux femmes , cl avec une gaîté affectée.
Que tout ici respire le bonheur! ..
A. noire hôte faisons honneur...
(Il va se placer près iJe Délie et suit tous les mouvemens d'Ours-Kan; les jeunes esclaves, guidées par Morgiane, entourent successivement Ours Kan et clierclient à attirer son attention, à le séduire; les unes lui versentà boire, d'autres lui offrent des sorliels, sa pipe; on place près de lui des cassolellcs parfumées; tout cela s'exécute au milieu de danses gracieuses, à la fave<ir desquelles Morgiane s'est échappée; Caiaf.qui s'en est aperçu, cherche à se rapprocher du capitaine.)
CALAF , bas au capitaine, pendant la bacchanale.
On en veut à vos jours!
(Ours-Kan lui fait signe de se taire, lui montre le hangar en lui disant qurlques mots à l'oreille; Calaf se perd dans la foule; pendant ce mouvement, Morgiane est rentrée très troublée et s'est approchée de Nadir.)
MORGIANE , bas à Nadir.
TNotre perte est jurée...
Tout est fermé!...
NADIR, bis.
Grands Dieux !
MOI^GIANE , bas , et montrant Ours-Kan.
Il n'a rien oublié...
Et'notre niort est assurée Si de nous le ciel n a pitiel...
(Nadir fait un mouvement ; Ours-Kan se tourne vers lui, le fait rasseoir en lui offrant à bo-re ; les danses sont devenues plus vives, plus animées ; les groupes se mêlent, se poursuivent, se confondent et sont terminées par un tableau général. — On entend un grand bruit, comme si l'on brisait des portes ; tout le monde se lève, excepté Ours-Kan.)
OURS-KAN , à pan.
Ce .sont mes s^ns!...
ACTK IV, SCKNIÎ VII.
TOUS , .ivcc effroi.
Oiiel bruit all'reiix!
(Le tliéàlre se remplit tout rj coup de soldais guidas par AUoul-Hassan ; ils portent des torches allumées et sont suivis des esclaves hommes d'Âli-Baha et de Nadir, qui accourent sur leurs pas.)