AUBRY, DELPHINE
DELPHINE
Ah ! VOUS voilà , enfin , Monsieur. . .
AUBRY
Tu étais inquiète , ma ])onne?
DELPHINE
Du tout !
AUBRY
Hun> ! . . l'orgueil féminin !. . elles ne veulent jamais
UK i/avouk. 2i
an convenir ! Du reste , calme-toi . . me voici , et j'ai fait toutes tes courses.
DELPIIINK.
Vous en serez récompensé , car , peiidatil volr«; absence , je vous ai trouvé une affaire superhe.
AUBRY
Tiens !.. et moi oussi !
DELPHINE
En vériié ?
AUBRY
Une rencontre unique! imagine-toi. . . j'étais entré au café de Paris, pour commander l'envoi des glaces , des plombiîu-es. . l'aspect de tous ces convives en exeicice a réveillé un a|)pétit qui n'était qu'assoupi.
DELPHINE
\ ous avez été perdre votre temps. . .
AUBRY
Tu vois bien que non , puisque cela m'a donné un client Je me suis mis à une table pour achever mon dîner , que je n'avais fait qu'ébaucber ici. Tout en dictant mes commandes, je venais d'expédier un perdreau rouge et une sole à la Colbert. J'étais là , nonéhalamTnent, mon curedent à la main. . je ne pensais h rien. . . Ah ! si. . je pensais à ce que je prendrais pour mon dessert. . .lorsque la dame du comptoir, une jolie femme , ma foi , me dit : « Chez M. Aubry , n'estce pas?, .j) Oui, Madame, M. Aubry , avoué , rue de Provence ! . . manière adroite de donner son adresse au public. . . A ce nom honorable , un jeune hommes'approche avec empressement. « M. Aubry !.. ah ! . . je » suis charmé. . » — Monsieur , bien flatté. .
\ ous le connaissiez?
ADBRY.
Je ne l'ai jamais vu !.. « Parbleu! Monsieur, me » dit-il en s'asscyani près île moi, j'avais votre adresse, » et j'allais me rendre chez vous, mais , puisque le ha- » sard vous amène , je vais vous conler mon affaire.. .
• c'est plus gai ici que clans une étude. . Il s'agit «l'une ■> séparation ...»
DELPHINE
C'est singulier ! c'en est uneaussi qui m'est venue.
AtJBRT. ... i
Il paraît que la séparation donne ! c'est le retour delà campagne qui produit cela. . . du reste, uni fort aimable jeune homme, .gai, sémiliaut.. dans mon genre ! qui a eu des aventures ! . qui m'en a conté !. Je l'ai engagé à venir au bal. . . il apportera ses papiers, et entre une pastourelle et un verre de punch , monsieur d'Hervilly m'expliquera. . .
DELPHINE , frappée.
Mon.sieur dliervilly ! ! .
C'est son nom.. ^, /^
DELPHINE. -, j;. j
Ah ! mon Die» ! . . qu'est-ce que vous me dites l|t ! . c'est le mari de ma cliente ! , ^ j^'i)
AÇERY.
Celle de tout-à-l'heure ? et ils choisissent le même avoué ! c'est de la sympatlïie !
S'ils allaient se rencontrer. . .
AUSRy.
J'y pensais.
DELPHINE
(.'est votre faute aussi ! . . inviter à la première vue. .
aubry.
Est-ce que je pouvais deviner que de ton côté. .?
DELPHINE
Quelle différence!. . une amie. . et puis, ime cause excellente! ' •'^'^
AUBRY. 11/ Jës'a
Oh ! non , par exemple ! . . c'est le mari qui a raison !
DELPHINE
Du tout . . . c'est la femme ! . .
uK l'a vu V h . 25
AtBiRr. •
Mais iioii , ma l>(>iiiie ! tin ménage clt'siini par une espèce <le jésuite. . .
DEI.PHINK.
r'n mari despote. . .
AUBRY
Une affaire superbe. . .
Ddieslable ! . . (t vous aurez Ui bonté de voii.s dégager.
i^UBRY.
(."omment » tu veux ! . .
DELPHINE
Je l'exige , ou je me re»ii-ei:ftî€ dans mon appartement et fera les honneurs du bal qui voiidra ! A quoi bon avoir un mari avoué, si je ne puis obligrr une amie, quand l'occasion s'en présente?. .
AUBRY
C'est que j'ai donné ma parole.
DELPHINE
Moi aussi .
AtBBY.
Compilent faire?
DELPHINE
C'est tout simple : vous allez retourrter au café de Paris , vous lui direz bien poliment. . .
ÀUKAY.
Que je suis oLIigé de lui faire une impolitefi^e.
DELPHtNE.
Que vous êtes désolé de ne pouvoir le recevoir!. . que vous ignoriez que vous étiez l'avoué de sa femme., mais que la délicatesse, ^honneur. . . euûo , des phrases. . . vous n'êtes pas embarra<;sé pour en faire. . . c'est voire état.
.l'aime mieux lui écn¥& un nao^ et . . .
(Il va ati hui'eap.j
2ê LA FUMME 1
SCÈ^E XI.
Lc8 mêmes , LE DOMESTIQUE. *
LE DOMESTIQUE entrant.
Monsieur d'Hervilly . . .
ABBRY étonné, HeiiLÎ . .
.,.,, DELPHINE, vivement.
Comment?