SCÈNE PREMIERE
HILARION, puis OSCAR, arrivant par te fond.
( Hilarion tient Cluibit de son maître à la main et le brosse , en regardant par la porte à gauche , qui est cntr' ouverte. )
niLAnioN.
V'Iù encore nol' maître qui parle tout seul et f lit :lcs bras coiiimc le télégraphe. ... il a quelque chose qui le tourmente, cet homme-h\.
• Aie du Vaudeville du Premier Prix.
D'ici, sans rien faire paraître, Si j' pouvais l'entendre et 1' guetterf.. . Non, c'est mal d'espionner son maître, Et cela seul doit m'arrêter. (cherchant toujours à regarder) C'est manquer à la bienséance, C'est manquer k mon premier d'voir, » Enfin, c'est trahir sa confiance. . . Et puis, d'ailleurs, je n' peux rien voir.
OSCAR , en habit de chasse et' posant son fusil au fond. Bonjour, Hilarion. . . (i)
DiLARiON, se remettant à brosser.
Tiens I . . . c'est monsieur Oscar.
OSCAR
Monsieur Girard est-il sorli?. . .
HILARION , montrant C habit.
Est-ce qu'il peut? je le tiens par le bras.'
OSCAR
Paresseux! . . . moi, qui le croyais déjà au château, à faire sa cour à ma tante ! ... il est vrai que ces vieux garçons sont comme les jeunes filles, ils n'en finissent pas avec leur toilette... A propos de jeunes filles, et tes amours avec Louison?... est-ce toujours loi?
(i) Oscar, Hilarion.
IIILARION.
C'te question!. .. certainement, monsieur Oscar, que c'est moi qu'elle prél'ère... vous avez bien vu, hier... quand vous l'eu)brasiiiez. . . j'étais là, à côté d'elle... je suis toujours là quand on l'embrasse.
Et à quand la noce ';'. . .
niLARlON.
Oh ! c'est autre chose. . . parce que mam'selle Louison est propriétaire d'un méchant bout de terrain , sa mère veut faire un mariage de converianc»\ . .pour deux perches et demie!. . . quelle petitesse!. . . Et celle denol' maître avec vol' tante, marne la marquise de Chauipagnolles. . . qu'est-ce qui la retarde donc, cellelii?...
OSCAR
Ne m'en parle pas. . . . j'en sèche d'impatience. . . . car mon voyage de Paris en déprntl.
UILARION.
Bah!...
ose IR.
Et le voyage de Paris!. . .Conçois -tu qu'à mon 2ge, à dix-huit ans, je n'aie pas encore vu cette ville enchanteresse, dont les récits me font battre le cœur et perdre la tête?. . . Elevé près de ma tante, je compose à moi seul toute sa société. .. aussi, je n'aurai ma liberté que lorsqu'elle aura un mari. . . mais le lendemain de ses noces. .. . oh! çà, c'est convenu. ... de l'argent plein mes poches, et fouette postillon!.... les spectacles, les bals, les plaisirs 1. . .
Aie de Turcnne.
Je vis dans celte douce attente:
En lui donnant le meilleur des maris, Oui, je ferai le bonlieur de ma tante Et le voynge de Paris. . .
O ma tante que je chéris,
Ne vous munirez pas inhumaine ;
Mariez-vous, c'est mon phis vif désir. , .
Ça me iera tant de plaisir.
Ça vous fera si peu do peine.
^ ^ niLARlON.
Au fait. . . qu'est-ce qui les empêche ?
OSCAR
Lui , maire de sa commune. . .
HILARIOW.
Marguillier de sa paroisse.