‹ Les vieux péchés; comédie-vaudeville en un acteChapitre 234 sur 403 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

Les mêmes ^ MARIE , échevelée, tes traits bouleversés et dans U7i désordre annonçant l'aliénation.

marie , se débattant.

Ne me retenez pas !.. je veux lui parler!., je veux la voir!..

LA MARQUISE

MARIE, avec un cri de joie et se dégageant de ceux qui l'entourent.

Ah !... (tombant épuisée aux pieds de sa mère. ) je me meurs!

lA MARQUISE, la relnant et cherchant à la ranimer. Marie... ôCiel!.. reviens à toi!...

MARIE, d'une xolx faible et cherchant d rassembler ses souvenirs.

Ils voulaient m'empèchcr d'arriver jusqu'à toi I .. ils m'ont poursuivie, ils m'ont frappée !. (Avec effroi. ) Les voilà encore! ina mère ! ma mère!.. Oh protége-moi... défends-moi!.. LA MARQiiSE, avec accablement.

Te défendre!., moi !... pauvre enfant!.. (A ceux qui s'approchent pour tes séparer.) Un moment!., un moment!., par pitié!. Ah! ne m'enviez pas cette dernière consolation l../" Le moine a l'air d' intercéder pour elle; tout le 7nondc s'éloigne et les laisse toutes deuv sur le devant de la scène. ) — A voix basse et regardant si on ne les observe pas. ) Lei? momens sont précieux!., vite Marit-!... donne... ce papier.

MARIE, le regard fixe.

Quel papier ?

tA MARQi iSE , la regardant avec rtonnement. Celui que... Penautier...

MARIE, de même et d'un air égaré.

Ah! oui., je me rappelle., un papier qui devait te sauver., ils ont cru me l'arracher!.. (Avec un rire convulsif.) Oh ! je l'ai. .. je l'ai bien !... mais maintenant... lu n'en as plus besoin... lu es justifiée.. . tu as ta grâce!., n'est-ce pas ? LA MARQUISE, avec douteur.

O mon Dieu... se pourrait-il que sa raison... Marie... rappelle tes sens... au nom du Ciel... ce papier... ce papier il me le faut. . .

MARIE, avec une lueur de raison.

Oui ! oui ! où est-il donc ? qu'en ai-je fait ?..

LA MARQUISE

On te l'a pris ?

MARIE, vivement.

Oh! non... non... rassure-toi., ils ne l'ont pas !. ils ne l'auront jamais! tu me l'avais dit... tu aurais été perdue! aussi , qiiand ils ont voulu le saisir... me l'arracher... je l'ai approché de mes lèvres... je l'ai broyé sous mes dents...

LA MARQUISE, avec un cri.

Ah!

MARIE , montrant sa proitrine.

Il est là... là... il me brûle, il me dévore !..

LA MARQUJSE.

Ah ! malheureuse !

MARIE

Oh! quel supplice affreux !.. mais qu'est-ce donc, ma mère ? qu'ai-je donc fait pour soufïrii- autant !

LA MAHQi iSE , avec désordre.

Désespoir !.. désespoir !.. ma fille! . . elle se meurt !.. Ab !• c'est l'enfer qui commence !. . Marie !

PLUSIEURS voix dans la foule.

Sa fille ! du secours !. du secours !. . LA MARQUISE, avec délire, la soutenant à peine et la dévorant

des yeux.

Non, non!., si. .venez, venez!., accourez tous. . oh! mon Dieu I 11 est trop tard ! . .

MAHIE.

Oui, oui!. . je souffre trop., .je vais donc mourir aussi !

LA MARQUISE , agenouillée près d'elle.

Et c'est encore moi! ah!., je devais être fatale tous les miens et ce dernier crime. ..

MARIE , étendant la main vers elle.

Tais toi ! tais toi! . . laisfc moi t'aimer eneore \ • • ( Pouvant il peine parler. ) Ma mère. . . ta main, donne moi ta muin! (elle la baise.) Adieu, ah ! . .

Elle retombe et meurt. Gémissement sourd dans la foule.

LA MARQUiïE , après Un silence.

Plus rien, celte main est glacée ! . . {Lui baisant la main ) Oh! grâce!., grâce pour moi!., ange du ciel!. .{A ceux qui se rapprochent pour la conduire ou bûcher.)^e m'approchez pas laissezmoi — Liiissez-moi , vous dis-je.... je saurai bien mourir sans vous !

Elle s'élance et monte sur le bùclier. — Musique. — Brown , sort de la foule, s'approche du corps de Marie, met un genou en terre et en sanglottanl.

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