‹ Les vieux péchés; comédie-vaudeville en un acteChapitre 257 sur 403 · ACTE I, SCENE X · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE X

dis que moi, je ne t';n pas encore dit un mot. Tu vois : je Teciivais. Assieds-toi , je t'en piie(/7 le fait asseoir auprès de Il table) , sans cela je ne serais pas à mon aise(i). [À part.) Dire ([ue je tiens là le ministre!,., sous ma main ! {Haut.) A'ois-tu , il s'agit d'une affaire qui ne souffre aucun retard. Tu n'as pas oublié que je fus nommé à une petite cure de Normandie...

FOUCHÉ

Où tu as fait beaucoup de bien. Les pauvres secourus , l'école rétablie...

PERRiN , émen>eillé.

Tu sais tout cela ?

FOUCHÉ, souriant.

Si je n'étais pas pressé , je ne saurais rien , et je te laiss'^rais le plaisir de me tout conter. {Regardant sa montre.) Mais je n'ai que dix n/iniitcs à te donner.

PERRIN

Il ne m'en faut pas cinq ! Ce n'est pas moi qui voiidriis .ibuser... Iri trnips si précieux !

FOUCHÉ

La cure fut suppriini'e...

PERRIN

Oui... la terreur!.. Quel temps ! Ali ! si tu avais été l.i , dans le gouvernement ! ce n'est pas toi qui aurais soufferl...

FOUCHÉ , l'interrompant.

Mon ami , je t'ai dit que j'étais pressé.

PERRIN , tremblant

C'est juste... Je voulais te dire... qu'est-ce que je voulais donc te dire?

FOUCHÉ

Voilà déjà deux minutes de passées !

(i) Fouthé assif , Pcrrin.

PERRiN, se troublant dai'antage et perdant la tête.

Ah! mon Dieu ! je n'en ai |j1iis que huit... Suis-ie malheureux !.. j'ai une foule tic choses... el n'avoir que huit minutes, tandis qu'il y a ties gens.,.

FOUCHÉ

Mais parle donc , au lieu de te désoler.

PERRIN) tout-ci-faît troublé.

Non, je n'aurais jamais le temps.,. (// s'assied devant Fouché, et se croise les bras) et décidément j'aime mieux ne te rien dire.

FOUCHÉ , se leuant et allant à lui.

Ah! ça, es-tu fou? Voyons... tu es venu te réfugier à Paris?

PERRIN

Ah !... Voilà que tu me remets sur la voie... (Balbutiant.) Oui... prèsdema sœur... que jen'aiplus trouvée... maissa fille... une orpheline, un ange, mon ami !.. Elle allait se marier à un hrave garçon... menuisier de son état... excellent ouvrier... si lu avais même besoin dequelques objets... tu ne pourrais pas mieux t'adresser... (geste d'impatience de Fouché) tu as raison... ce n'est pas de cela qu'il est question!., c'est-à-dire, ça s'y rattache dans un sens... parce que ces pauvres enfans... devaient se marier... et leurs économies... qu'ils ont mangées... c'est-à-dire que nous avons mangées...

FOUCHÉ , avec impatience.

Enfin, enfin !.. .

PERRIN , vit^ement et auec volubilité'.

Enfin , enfin... c'est pour te dire qu'ils n'ont plus rien, ni moi non plus 5 et que si tu ne trouves pas le moyen de me donner une petite place dans tes bureaux , je ne sais plus à quel saint me vouer,

FOUCHÉ, riant.

Eh bien l tu ne pouvais pas commencer par là ?

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