SCENE XL
BETTLY, DANIEL, avec im paquet au bout d'un long sabre, et entr ouvrant la porte au fond.
BETTLY.
Qui vient là ?. . encore quelque ennemi?. . Ah ! c'est Daniel !
DAM EL
Ne vous fâchez pas , mam'selle , si c'est moi. ..
BETTLY, d'un ton caressant.
,Te ne me fiîche pas , monsieur Daniel...
DANIEL
Ce n'est pas pour vous que je viens!... c'est à-dire ce n'est pas pour vous contrarier... mais pour retrouver un militaire qui m'a donné rendez-vous ici... un sergent... un bien brave homme ! . . .
BETTLY.
Un brave homme ! . . .
DANIEL
Oui, mam'selle... lui et ses camarades!... aussi, dès demain, je serai comme eux... je serai des leurs!..
BETTLY.
Y penses-tu?...
DANIEL
C'est un parti pris... je lui ai donné ma parole... je me fais soldat. Vous voyez (|ue j'ai déjà le principal, j'ai un sabre!... un fameux sabre qui depuis cent ans était accroché à notre cheminée, et qui a servi autrefois à la bataille de Sempach !... Mais il me manquait des papiers.. .je les ai là , dans mon paquet, et je les apporte au sergent...
BETTLY.
Il est à table avec ses compagnons qui ont mis ici tout sens dessus dessous.
DANIEL
Ces pauvres gens!., je leur avais demandé que ce fût chez moi... Ils vous ont donné la préférence... j'en aurais bien fait autant!...
BKTTLY.
Eh bien I par exemple !
aa LE CHALET,
DANIEL
Dame! . . je ne vois que le plaisir d'être auprès de vous. Et apropos de ça... et puisqu'il faut que je m'en aille... [dénoiia7it le paquet qu'il a mis sur la lable.) j'ai un papier à vous remettre... [tirant plusieurs papiers). Non, ce n'est pas ça... c'est mon acte de naissance , et maudit soit le jour où il a été paraphé!. . Et ça?., {le regardant.) dh. ! ce malheureux contrat de mariage... qui était tout prêt et que vous n'avez pas voulu signer ! ... [le remettant dans le paquet.) il a maintenant le temps d'attendre ! [prenant un autre papier qu'il lui présente . ) Voilà !..
BETTLY.
Qu'est-ce que c'est que ça?
DANIEL
Mon testament... que je vous prie de garder.
BETTLY.
Quelle idée 1 . . .
DANIEL
C'est un service que je vous prie de me rendre... et qui ne vous oblige à rien de mon vivant!... vous l'ouvrirez seulement quand je serai mort... et je tâcherai que ça ne soit pas long!...
BETTLY.
Monsieur Daniel ! . . .
Ça commence déjà... car je n'en peux plus... je tombe de tatigue et de sommeil... trois nuits sans dormir!... des courses dans la montagne !... et puis hier et ce matin, tout le mal que je me suis donné pour c'ie prétendue noce... ( Geste de Betlly.) Je n'en parlerai plus... et je m'en vais... car, en restant ici... je vous contrarie...
BETTLY.
Mais du tout... [à part.) Il va me laisser seule dans la maison avec tous ces gens-là ! . .
DUO
Prêt à quitter ceux que l'on aime, Doit-on partir si brusquement ?
Et vous pouvez bien ici même Vous reposer un seul instant !
DANIEL
Dieu! qu'en tcnds-je? O surprise extrême!