SCENE \I
(Bruit et cris confus à gauche.) BETTLY , effrayée, s élance vers la porte à droite en appelant. Daniel ! Daniel!
DANIEL, sortant vivement de la chambre à droite. Qu'est-ce donc ?
BETÏI.Y.
Ail ! de grâce, Restez ici, je l'aime mieux!
DANIEL , avec ravissement.
Est-il possible i"
BETTLY.
Eh ! oui ! je l'aime mieux!
Là- bas sur ce fauteuil !.. moi je rentre en ces lieux. -
DANIEL
Bonsoir.
BETTLY.
Bonsoir!
Vous restez là.'
DANIEL
Pour '.non cœur quel espoir!
ENSEMBLE
DANIEL, assisdans lefau- v-^iiLy , près de la porte à
teuil à gauche. droite.
O surprise nouvelle! Dans ma crainte mortelle
Jamais je n'obtins d'elle Sa présence et son zrle
Aussi douce faveur! Calment un peu mon cœur!
IMon Dieu, si c'est un rêve, Que mon tourment s'achève'
Permeltezqu'il s'achève! O mon Dieu, faites trêve
Laissez-moi mon bonheur! A ma juste terreur!
BETTLYj de loin. Il ne s'endort pas, je l'espère!
DANIEL , les yeux un peu appesantis.
Quel avenir! et quel bonheur!..
Mais je sens... déjà... [ma paupière.'., (d'une voix plus affaiblie.)
Je suis près d'elle!... ah! quel bonheur! BETTLY.
Parlez-moi... je veux vous entendre!
a6 LE CHALET,
DANIEL , à moitié endormi et prononçant à peine. Ah ! combien je bénis mon son .' BEïTLY , écoulant.
Que dit-il?
(se rapprochant de lui.)
De si loin... l'on ne saurait comprendre!.. Mais vraiment je crois qu'il s'endort!
ENSEMBLE
BETTLY. DANIEL, S endormunt pcu à pcu.
Dans ma crainte mortelle Quelle ivresse nouvelle!
Sa présence fidèle Jamais je n'obtins d'elle
Rassure un peu mon cœur ! Aussi douce faveur!
Que mon tourment s'achève! Mon Dieu, si c'est un rêve,
0 mon Dieu, faites trêve Permettez qu'il s'achève!
A ma juste terreur! Laissez-moi mon bonheur!
Loin de lui... j'ai trop peur! Oui.. .oui... je rêve le bonheur!
(Elle finit par prendre une chaise et s'asseoir à côté de lui.)