PAULINE, COLAS
PAULINE; allant d lui.
Ah ! te voilù!.. .
COLIS, froidement.
Oui, maaizelle. . .
PAtLINE.
Je te cherchais. . .
COLAS, de même.
Moi aassi.
PAVLiNE, le regardant.
Eh ' bon dieu .'. . . qu'as-tu donc ?. . . cet air troublé !.. qu'estce que cela signifie ;'
COLAS
Ça signifie. .. que j'abandonne tout... que je ne veux plus tous voir... que j'ai été un fou de croire.. . de penser. . . parce qu'il est bien clair que ce n'est pas moi... puisque c'est un autre .
PAULINE
Un autre '. . .
Osez le nier !. . ne vous ai-je pas vue glisser un billet dans ce paquet. . . destiné au prince de Soubise?. . .
PAULINE
C'est vrai ■'. . mais , pour lui parler de toi.
COLAS
Laiâsez-donc !. .
PAULINE
Pour lui demander un place encore plus belle. . . COLAS , avec colère.
Je n'eu veux pas de leurs places. . . je ne veux plus rien. . . et s'il m'arrive encore quelque chose d'heureux dans ce genre là.. . je me jette par la fenêtre ' . . . croyez-vous que je sois aveugle et que je ne sache pas que tous les grands seigneurs ne donnent jamais rien pour rien '. . . je suis sûr qu'il attend de vous quelque chose.
PAULINE , froidement.
C'est vrai. . . il attend une visite ce soir.
COLAS
Une visite. . . cher lui •''
PAULINE
Sans doute. . . pour le remercier.
54 PAULINE
COLAS, confondu.
Et vous irez ?. .
PAULINE
J'ai donné ma paiole. . . [regarde par ta fenêlre à sa droite. ) Sa voiture est déjà dans la petite cour.
COLA!l.
Par exemple!..
PAULINE
Ne crie donc pas si fort, tu feras tout manquer. .. profitons du momenl où tout le monde arrive.. . allons viens, donne-moi la main.
COLAS , indigné.
Qui? moi?..
PAULINE, prenant d sa toilette une pelisse dont elle s'enveloppe^
Eh •' bien, j'irai toute seule.
COLAS
Non pas ! non pas !. . je veux voir par moi-même. . . dieux !. . quelle situation '. .
TOUS DEUX , d mi-voix du morceau d'ensemble. Air : Fite à cheval. (Du Morceau d'ensemble. d'Adam. ) Partons sans bruit.
Bientôt tu vas tout apprendre.
j Je n'y saurais rien comprendre.
Partons sans bruit.
Car j'entends sonner minuit.
COLAS
D'efFroi mon cœur Peut à peine se défendre.
PAULINE, prenant sa main et l'entraînant.
Quelle frayeur.' Je te conduis au bonheur.
TOUS DEUX
Partons sans bruit, Etc.
. (//s sortent de côte , pendant que le chœur des personnes qui arrivent continue , que les laquais annoncent et que l'on voit des cavaliers et des dames traverser la galerie du fond. )
CH^cR, dans la coulisse.
L'aimable nuitl Comment peut-on se défendre ?
L'aimable nuit !
Partout le bonbeur quuâ suit.
PAULINE. 5ff
LK tkQVkiS , annonçant.
Monsieur le comte de Presic '. .. la duchesse d'Aiguillon !. .. li rnai'écliale de Mirepoix.