‹ Les vieux péchés; comédie-vaudeville en un acteChapitre 51 sur 403 · SCELLE H · texte numérisé non relu

SCELLE H

IKS wÉMFS , MARIANNE ( i ).

MARIANNE

Eh bien' eli bien ! à cjuoi pense/- l'ons donc? Rien de range à neuf heures , quand mousieur est déjà dnns sou c.ibinet.

VICTOR

Vlà qnon s'y met, madi'iije Miirianne. {Lui montrant l'inconnu) Regardez doue.

MARIANNE

La belle merveille!.. Un homme qui dorl... uq client qui 8 est endormi, en attendant Munsieur... Je d( fonds qu'on le re'veille.

GUILLAUME, hr.iissnnt Ifs vpaiiUs.

Oh ! je défends. . . Mad.irae j'ordonne.

MABIAKNE.

C'est sans doute un ami de Monsieur.

GUILLAUME , d'un air go<^ucnard.

Ou peut-être de Madame.

MARIANNE , scuèrf Vient .

Qu'est-ce que c'est?., encore des propos! je vous préviens... TOUS, surtout, monsieur Victor, qui n êtes ici que depuis deux jours, que je les ai en horreur... Mudatne per.t avoir tort d'être coquette, foile, inconséquente... d'ouL'Iier ses trenteneuf ans <j[ue je lui conuais ,. «Itprit; foi t lonj^-îrnips. . devoir des amoureux dans toutes les figures ipiVlle l'eucontre, et des déclarations dans tontes les lettres qu'elle reçoit... mais cela ne regariîe que son mari.

GUILLAUME

C'est vrai . . . aussi pourquoi Monsieur esl-il si ... ?

MARIANNE

Excellent homme ■ banquier honorable!. . nn peu ridicule, un peu intéressé, jaloux comme si sa fentme était encore fraîche et jolie. . . C'est tout simple. . . il i en lui-même une jeunesse très orageuse... et ?» la Bourse les accidens arrivent si «1

j) Viclor, Miriannc , Gtiil'aii.iir , tlWt 31 ul.cics.

vite! Ce bon raonsiear Snrrazin a une penr des faillites!., à cela près , plein de qualite's. . . témoin cette chère petite Mathiide qui est eleve'e ici conime l'enfant de la maison.

VICTOR

Mam'selle MathiMe n'est point la fille de Monsieur?

MARIANNE

Du tout.

VICTOR

Ni de Madame ?

GUILLAUME , poiiffant de rire.

Est-il bête! . . puisque c'est une orpheline.

Mais, enfin, son père ?

MARIANNE

On ne le connaît pas. Tout ce que je sais, c'est qu'il y a dix-sept ans environ , j'étais seule dans ma chambre au cinquième, quand une jeune femme m'apporta son enfant ^ nourrir, en me laissant trois mois darance. Elle devait revenir ; je ne laj^evis plus. Ce fut M. Sarrazin lui-même qui vint m'annoocer que l;i pnuvre lucre «.tait morte; que le père, un de ses commis, je crois, avait disparu. . . était parti pour ^s lies... qu'il se chargeait, par liiimanité, d'élever la pauvre peti;e. Jvtge/. de ma joie... quelque temps après, le digne homme se maria , me fît entrer clu^z lui comme femme do charge... et de|iuis, ma p uvre M.ithilde et moi n'avons jamais entendu pitrler de son m.ilbeureux père.

VICTO '

C'pst drôie.

GUILLAUME

Eh Lien ! vous verrez rjue ce père-là nous tombera , un beau malin, du ciel... ou de l'Amérique, avec des millions plein ses poches.

MARIANNE

Que Dieu nous en préserve!

GCTiLLArME, avec ironie.

Parce qiie mademnisolle Matliilde ne pourrait plus épouser M. Eugène, lo premier commis, qu elle aime mieux qye M. Gustave, le neveu de la maison.

MARIANNE

Silence , bavard.

VICTOR

Elle a raison. . . M. Euii'ne est si bon . si aimable.

GriLLAUME. ^

M. Gustave est hien plus gcnliî , ma foi. . . Vif, colère, im-

petticux, grondant toujours... etdonmnt tle l'argent aux domestiques.

MARIANNE

ParbUn ! M. Eiigène en donnerait aussi s'il en a^ait. GUILLAUME.

Le beno miracle ! Le mérite est d eu donner quand on n'en a pas.

MARIANNE

Taisez-vous. , . Un bon sujet encore , que votre RI. Gustave ! Un petit enragé , cjui n'a pas vingt ans , et des dettes , gros comme lui. Pas de barbe an menton. . . ( Plaçant sa main sur sa poi~ triiic, auec ironie. ) et une conviction politique. . . Ça ferait un joli raari!.-. une petite femme bien beurense !

LES DEUX DOMESTIQEUS.

Mciis enfin.. .

MARIANNE, sèchcmerti.

En voilà assez. . . brisons-là.. . Je vous ni dit que la première vertu dun domeetique , c'est d'être aveugie et muet sur les défauts de ses maîtres. . . ainsi. . . (£7/e aperçoit If portier qui entre y les journaux à la main.') Qu'est-ce que c'est , M. Visinard ? Pourquoi quittez-vous votre cordon ?

scErvE iii.

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