‹ Les Vignes follesChapitre 8 sur 28 · CLOTILDE · texte numérisé non relu

CLOTILDE

Un brouillard lumineux environne son front , Le vent qui fait trembler cette fraîche auréole , Comme en ce mois si doux où les fleurs éclôront , Tout chargé de parfums, dans les jardins s'envole.

Un or aérien , doux et frais et léger, Danse dans le duvet des lèvres radieuses. Si joyeux et si blond, comme pour corriger Sur les traits les blancheurs de lis impérieuses.

— Ai — Et, dans le parc touffu , les hautains églantiers. Les pervenches et les vieux arbres , tout s'incline Comme pour la fêter, lorsque par les sentiers Vous précédez ses pas, frissons de mousseline !

Dans sa robe de gaze , on dirait la Péri

Que porte, en se jouant, le souffle de la brise;

Pour elle les oiseaux ont un chant favori ;

Elle courbe les fleurs moins qu'elle ne les frise !

Sous toutes ces vapeurs de contours, cependant , La robuste beauté qui fait la jeune femme Se cache, et nous voyons les épaules ondant. Ainsi que dans la mer monte et baisse une lame !

Et l'air qui se respire auprès d'elle est pareil A l'air que nous rapporte Avril avec les roses , Et, comme nous buvons les rayons du soleil. Nous buvons les rayons de ses grâces écloses.

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