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LE FIANCÉ DE I.A TOMBE

Vigncllc de Devirii pour 1m Légende!, Ballades et Fabliaux (1819I.

celui qui fut peut-être de l'Académie; mais la jeunesse est médiocrement respectueuse. Aux environs de i83o, Baour-Lormian fut regardé comme une des perruques les plus considérablement classiques de l'époque, et sur cette perruque monumentale les Jeune- France s'essayaient à grands coups de poing.

Sans doute le poète avait eu le tort de faire jouer une tragédie intitulée Omasis ; mais qui avait assisté à la représentation, qui avait étudié l'œuvre à la lecture avec l'attention que com-

mande un si laborieux travail ? Personne parmi les adversaires : ils jugeaient la conception du poète par le titre ; ils se montrèrent injustes. Baour n'était pas si éloigné des romantiques que ceux-ci le croyaient : on en a une preuve par sa conception de l'Atlantide, dont le sous-titre le Géant de la Montagne bleue montre une certaine tendance pour les préoccupations fantastiques d'alors.

Aussi bien Baour-Lormian s'est expliqué à ce sujet et nous qui recherchons attentivement les origines du romantisme et qui échappons aux misères des querelles littéraires d'une époque déjà archaïque, ne devons-nous pas étudier avec soin la poétique de l'auteur des Légendes, Ballades et Fabliaux^ le sang nouveau qui y était infusé, les sages conseils du poète?

S'adressant aux poètes de la nouvelle école, Baour-Lormian disait :

Je veux bien vous passer encore les ermites, Même les nocromans aux formes décrépites, Les cachots souterrains, les clochers en débris Qu'aiment tant les hiboux et les chauves-souris. De tout le moyen âge exhumez les annales; Cest être accommodant. Mais plus de saturnales!

De ces thèmes qu'indique Baour se dégage une tentative de conciliation. Oui, Baour-Lormian eut raison.de se dire « accommodant ». Malheureusement il avait poussé un cri d'autant plus dangereux qu'il devait trouver de l'écho : « Plus de saturnales! »

Un lettré contemporain de Baour, M. ^de Pongerville, qu'on croit également avoir fait partie de l'Académie, commentant le cri d'alarme du poète son ami, écrivait peu de temps avant la révolution de Juillet : « On touchait à cet interrègne des arts où la démagogie littéraire outrageait, renversait toutes les gloires

LEGENDES, BALLADES ET FABLIAUX

passées et proscrivait le talent qui tentait de suivre les traces des maîtres. »

Baour-Lormian se retira sous sa tente a pendant la terreur du mauvais goût », dont parle son biographe. Il eut tort. Plein d'imagination, le poète pouvait prêter son concours à certains romantiques qui suivaient une voie parallèle à la sienne. Les Légendes^ Ballades et Fabliaux, publiés en 1829 par Baour', ne sont-ils pas une note dans le grand concert contemporain ?

Il y avait alors dans le marché du Temple une boutique spé-

LA PREMIÈRE ABBAVE, LÉGENDE DU V* SIECLE. Vignette de DcvtrU pour les Légendes, Balladet et Fabliaux (lS>9).

cialement consacrée à la vente d'accessoires mis à la mode par les novateurs. Baour-Lormïan osa en franchir le seuil et en rapporta des sorciers et des loups-garous, ainsi quune grotte infernale pour les y loger; après avoir marchandé longuement deux Jîancés de la mort, il trouva dans un coin des fabliaux dans le genre nàif et s'entendit avec le fripier qui lui céda à bon compte un lot de squelettes pour animer ces fabliaux.

On a prétendu qu'en sortant de la boutique Baour-Lormîan

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