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LA CRISE ÉCONOMIQUE ET LES VILLES

La crise économique a diversement affecté Mukaëevo, Uzhorod, Berehovo et Chust. C’est la grande cité juive qui a le plus souffert et en même temps le mieux résisté. Mukaëevo possédait, en effet, en 1925, la population ouvrière la plus importante du territoire. Toutefois, ayant le privilège d’abriter des industries assez anciennes, traditionnellement prospères, Mukaëevo connut le chômage, puis — la première — la reprise. UZhorod ne possédait que des industries jeunes et la production de ses usines était à peu près uniquement destinée à desservir le marché constitué par la nouvelle population du Territoire : colons et fonctionnaires tchécoslovaques. L’abaissement du niveau de vie de ces derniers — conséquence de la crise — a restreint cette production jusqu’à l’annihiler dans certains secteurs. La crise a encore frappé UzZhorod dans un autre domaine. L’effort grandiose de construction a été d’abord ralenti, puis provisoirement interrompu. La dépression économique a été d’autant plus sensible que la municipalité, soucieuse de restriction, n’a pas pu supprimer les dépenses considérables de son « budget social ». Dans l’année 1934 — considérée comme une des plus mauvaises — le nombre officiel des chômeurs a oscillé entre 918 au mois de mars et 496 en octobre. Plus d’un million de couronnes a dû être affecté au seul département du chômage en secours en espèces, bons alimentaires, lait pour les enfants, bois de chauffage, etc. Naturellement, les charges devenant de plus en plus lourdes, la fiscalité municipale est, dans son ensemble, plus sévère qu'avant guerre. Les habitants d’'UZhorod ont, aujourd’hui, à payer 26 impôts, taxes et redevances de toute sorte. Il est vrai que l’arriéré des contribuables se monte à 2 millions de couronnes. D’autre part, comme le fait observer A. Rauÿer, la ville d’UZhorod ne jouit pas de revenus spéciaux, n’ayant ni forêts, ni exploitations agricoles. Elle possède uniquement un cinéma, des abattoirs et un groupe de maisons d'habitation, mais ces propriétés sont hypothéquées et les revenus annuels ne suffisent guère à compenser les frais de la régie |.

L'activité économique de Berehovo semble, de son côté, avoir suivi l’évolution de l’histoire municipale. C’est un long déclin, qui s’est seulement accentué avec la crise. Cette crise a revêtu à Berehovo un caractère politique. Les grands propriétaires terriens qui résidaient dans cette « capitale de la noblesse » ont été les plus

1 Sova (P.), Uïhorod, art. de À. Rauëer : Novÿ Uëhorod, Uïhorod, 1935, p. 17-18.

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