‹ Les villes retrouveés:Chapitre 1 sur 39 · LIBRAIRIE HACHETTE ET C · texte numérisé non relu

LIBRAIRIE HACHETTE ET C

79, BOULBTARD SAOT-CERMAIX, 79

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s^abriter et se défendre, dormir en paix loin du danger, et commencer le lent et paisible progrès de Tinduslrie humaine.

Les cités lacustres. — Pour construire la ville ellemême que de peines I II faut couper des arbres énormes, il faut les tailler en pointe; il faut les porter au bord du lac, il faut les piquer dans la vase et les enfoncer jusqu'au roc. Ce n*est pas tout : entre ces troncs debout, d'autres s'enlaceront pour faire treillis; des pierres sont jetées dans les interstices et consolident tout l'ouvrage. Quelle force ne lui faut-il pas pour résister à la terrible massue des vagues dans les jours de tempête !

Pour accomplir un pareil travail ces hommes anciens n'avaient que des outils de pierre, des silex aiguisés en forme de hache. L'usage du fer et même du cuivre leur était inconnu. Pour abattre un arbre on le brûlait au pied, lentement, avec précaution ; pour le dégrossir, on se servait alternativement du feu et du couteau de silex. Quant au procédé qu'ils employaient pour dresser ces poutres et les fixer dans le fond du lac, on n'a pu encore s'en rendre un compte exact. On voit bien que quelques tribus se contentaient de maintenir les arbres debout en entassant à leurs pieds des amas de pierre ; mais d'autres troncs pénètrent dans le sol. L'effort qu'il fallait pour obtenir ce résultat semble aujourd'hui même prodigieux. Cependant l'on connaît des cités lacustres dans lesquelles on a compté jusqu'à 40000 pilotis.

Quels étaient le degré de civilisation, les mœurs, les usages de ces anciens architectes? La patiente et lente étude des débris innombrables trouvés dans les stations lacustres soulève peu à peu le voile qui semblait devoir couvrir éternellement ces problèmes.

On a découvert de nombreux instruments en silex, les uns ayant la forme de haches, d'autres celle de couteaux, de scies, de têtes de flèche. On a trouvé de nombreux débris de poteries^ ces poteries affectent quelquefois la

LES VILLES ANCIEKSES .V

forme de molettes de tisserand. Nos aïeux ne se contentaient pas pour SQ vêtir de la peau des animaux tués par eux à la chasse. On a retrouvé en assez grande quantité

des morceaux d'étoffe tissés avec du chanvre et de la

toile; et ces précieux débris remontent à l'âge de pierre'.

Que dis-je? ils n'ignoraient pas la culture du blé ni

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