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Maïs le mécanisme que nous avons indiqué ne concerne que les chèques et effets payables par les sièges. Pour les effets des trois autres catégories ils nécessiteraient des correspondances, ou des déplacements trop nombreux, aussi ils ne sont remis qu’en vue de séances ultérieures ; et ces effets qui après visa du receveur sont conservés par le distributeur sont compensés seulement le lendemain pour les agences, et le quatrième ou sixième jour seulement pour les effets provinces première et deuxième zones.
Ce système d’ailleurs est inférieur aux procédés anglais, grâce auxquels les correspondants de province sont crédités ou débités le jour même sauf des réserves donnant lieu à des rectifications ultérieures pour les effets revenant impayés.
En dehors de Paris se sont constitués en province des organismes semblables, qui se rapprochent beaucoup plus du modèle anglais. Fondés, en effet, à l’instigation de la Banque de France, ils se réunissent dans les locaux mêmes des succursales de province de cette banque, et c’est la Banque de France ellemême qui joue le rôle de chambre de compensation.
Néanmoins en 1913 le montant des compensations effectuées à Paris n’atteignait que quatorze milliards et demi dans l’année, ce qui était peu par rapport aux 365 milliards de Londres et aux 730 milliards de New-York, mais ce qui est explicable si l’on tient compte du fait qu’en France, à part les grands centres, les effets sont réglés en espèces tandis qu’en Angleterre et en Amérique tous les effets sont réglés par compensation grâce aux membres de ces cham-
bres agissant comme intermédiaires des autres banquiers.
En 1926 la chambre de Paris a atteint un chiffre record avec 547 milliards, mais il ne faut pas oublier qu’à cette époque il ne s’agissait plus que de francs-papier, ce qui diminue l’importance de cette somme. En 1927 la chambre de Paris retombait au chiffre de 308 milliards, tandis que dans la même unnée Londres compensait pour 42 milliards de livres sterling soit 5.200 milliards de francs, et New-York pour 502 milliards de dollars, soit 12.000 milliards de francs. È |
Il est vrai que pour la France il y a lieu de tenir
compte des compensations effectuées en province, qui, en 1927, dernière année normale avant les premiers symptômes de la crise mondiale, s’élevaient à 1.400 milliards, et des virements postaux, qui atteignaient 328 milliards (#) et (34).
En dehors des procédés indiqués il y aurait lieu de parler des procédés actuels, mais nous avons trouvé que cette étude serait plus à sa place dans la partie consacrée à l’étude technique des virements en banque.
Conclusion de l'historique
De tout ce que nous avons vu il nous semble que nous pouvons tirer les conclusions suivantes.
(33) Nous reproduisons ces chiffres d’après les notes prises au cours de M. Germain Martin en 1926-27.
(34) Avant la loi du 26 janvier 1917, les compensations étaient entravées en partie par le fisc, qui prétendait à la perception d’un droit spécial pour les domiciliations des effets en banque. Nous reviendrons d’ailleurs sur cette question dans la partie V,
Les virements, sauf à Rome, ont été d’origine bancaire et leur développement a suivi celui des dépôts en banque, qui eux-mêmes ont été motivés à l’origine par les risques de perte où de vol auxquels s’exposaient les particuliers en conservant leur argent à domicile.
Et ce sont les mêmes risques qui ont motivé l’emploi des virements, car il fallait trouver un moyen pratique d'utilisation des dépôts.
D'un autre côté les virements ont eu tendance à se généraliser par suite des économies de frais de transport de monnaie qu’ils permettaient de réaliser. :
Enfin les chambres de compensation ont achevé et consacré le progrès des virements en permettant aux banques de réaliser des économies d’encaisse et de personnel.
Une cause du développement des virements consiste dans la preuve économique qu’ils procurent pour les opérations effectuées ; et d’ailleurs sans les virements tout l’or du monde même en circulant le plus vite possible n’aurait pas été suffisant pour régler toutes les transactions, même au Moyen Age, où si le montant des affaires était faible les stocks d’or étaient presque épuisés.