‹ Les vitrauxChapitre 1 sur 67 · AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AU LECTEUR

Le livre que précèdent ces lignes vient après d'autres dont l'objet est le même. Il s'en rapproche dans l'ordre historique, nécessairement ; sans doute, aussi, en ses endroits descriptifs. Il en diffère souvent quant au choix des préférences, quant à ses conclusions. Sous ce rapport, l'auteur paraîtra, en quelque sorte, avoir oublié ce qu'il a pu lire avant d'aborder sa tâche et au cours de son travail.

Au vrai, il a entendu faire surtout une manière de guide à travers tant de monuments qui subsistent, plus ou moins intacts, bien ou mal réparés, de la peinture sur verre aux différentes époques.

Cependant, il dépasse rarement les frontières de notre pays. A son idée, l'art du vitrail n'est pas, peutêtre, un art national, originairement français, quoi qu'on dise. Non plus la gloire de la Renaissance, en ce siècle, du décor translucide, ne saurait à titre légitime nous appartenir. Mais nulle part les beaux modèles n'étant à beaucoup près en aussi grand nombre que chez nous ; d'un autre côté, s'ils n'ont point sonné le réveil du vrai vitrail, nos verriers étant allés fort au delà de ceux qui les ont devancés, il a semblé à l'auteur que son étude serait, dans sa forme restreinte, assez complète, au point de vue esthétique, pour qu'il ne fût pas besoin de rechercher beaucoup d'arguments et d'exemples cosmopolites.

Ce livre n'est pas davantage un manuel. Il n'enseigne ni procédés, ni formules ; il ne dévoile aucun secret empirique. A peine un mot du métier à l'occasion, si la démonstration le rend nécessaire. Des ouvrages spéciaux existent à l'usage des personnes désireuses de s'instruire sur la manipulation des couleurs vitrifiables, sur la coupe, la cuisson, l'assemblage des verres, sur les progrès à poursuivre, les malfaçons à éviter et à craindre. On les consultera utilement. Les leçons n'y manquent pas, leçons lumineuses, très sûres, données par des praticiens dignes de toute créance.

Donc, ici, peu de technique, peu de causes matérielles. Plutôt leurs effets, les résultats qui ont suivi : goût, soin, savoir, entente décorative, respect et marche de l'art. Plutôt des indications nouvelles, parfois, des remarques inédites, propres à fortifier ou à rectifier, chez le lecteur, ce qu'il aura appris ailleurs, réunies à des renseignements publiés déjà, mais épars, mais égarés, sinon tombés en un total oubli. Plutôt, aussi, de ces éclaircissements qui mettent de Tordre dans la curiosité, de ces comparaisons qui font saisir les différences de milieux et de temps, et classent avec une exactitude au moins approximative, en tout cas sans équivoque, les choses à leur place.

Tel notre programme. Il ouvre plus d'une perspective intéressante. S'il a été honorablement rempli, c'est à d'autres à le dire. Tout au plus l'auteur peut-il affirmer que, pour en tenir les promesses, pour en dégager des vérités, il n'a point mesuré son application ni ralenti son zèle.

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