‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 121 sur 321 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

CORPS DE L'ORAISON (suitei.

Demandes. — Résolutions.

§ I. — Les demandes.

Après les affections viennent les demandes ; du moins c'est leur place logique dans l'analyse des actes de l'oraison. La prière est plus convaincue, le, désir plus suppliant, quand l'esprit est éclairé par les réflexions et le cœur échauffé par les affections Mais rien n'oblige à suivre cet ordre dans la pratique ; il est même à souhaiter que les considérations soient déjà relevées de pieuses affections, et que les demandes se glissent dans tout le cours de l'oraison, comme la respiration s'adjoint à chacune de nos actions corporelles.

L'importance de la demande est ainsi mise en relief par saint Liguori : a II est extrêmement utile, et peut-être préférable à toute autre chose, de faire de fréquentes prières, en demandant à Dieu avec confiance et humilité ses grâces...

« Le vénérable P. Paul Segneri rapporte qu'avant d'avoir étudié la théologie, il s'appliquait principalement dans l'oraison à faire des réflexions et des affections : « Mais enfin, ajoute-t-il, Dieu m'a ouvert

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les yeux; et, s'il est en moi quelque bien, je m'en reconnais redevable à l'habitude que j'ai prise de me recommander à Dieu » *.

Quant aux dispositions de Tâme, ces prières demandent avant tout la foi et la confiance. Celui que nous implorons n'est pas loin de nous ; c'est un être bien vivant et bien présent, qui voit tous nos besoins, qui peut les soulager, qui le veut, mais attend généralement qu'on l'en prie. Il est là tout près de nous, nous regardant avec amour, attentif à nos supplications, plus désireux d'accorder que nous de recevoir. Dès lors que nous demandons des choses bonnes et utiles, sa parole est engagée. <( Nous n'avons qu'à trapper et il nous ouvrira. » Notre-Seigneur se plaint de ce que c< nous n'avons rien demandé jusqu'ici : demandez donc et vous recevrez » ~. Il semble qu'il a besoin de se soulager en donnant.

Hélas ! notre grand malheur dans la prière, c'est que nous ne savons ni « traiter avec le Dieu invisible comme si nous le voyio7is » ^, ni o: demander avec foi et sans hésiter > *, quoique Notre-Seigneur ait fait cette promesse avec serment ^ : « Si vous avez la foi et si vous n'hésitez point... et si vous dites à cette m.ontagne : ôte-toi de là et jette-toi dans la mer, cela se fera ; et tout ce que vous demanderez dans la prière avec foi et confiance, vous le recevrez. »

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