CHAPITRE I
dit avec la plus parfaite certitude qu'il est là. — C'est nous qui n'y sommes pas quand le recueillpment nous manque. Sens extérieurs, imagination, mémoire, esprit, cœur et volonté, toutes nos facultés se répandent au dehors, et courent comme des vagabondes n'importe où les attirent la curiosité, nos rêves, nos souvenirs, la frivolité de nos pensées, les attacnes du cœur et les passions. Nous sommes partout, excepté chez nous. Il faut donc, avant la prière, ramener au dedans nos facultés éparses, les rappeler à l'oraison, les mettre en la présence de Dieu qui était en nous, mais auquel nous ne songions point, selon ces paroles de saint Bernard ^ : « Intentions, pensée», » volontés, affections et tout mon intérieur, venez, gravissonsla montagne, allons aulieu où le Seigneur voit ouest vu. Soucis, sollicitudes, anxiétés, travaux, peines et servitudes, attendez-moi ici.»
Ce recueillement de toute notre âme est dune impoî-'-Tpre capitale dans l'oraison. Voilà pourquoi l>*n perd quelquefois son temps ou l'on profite médiocrement : on se jette à genoux avec étourderie et par routine, l'on entre de plain pied dans la méditation, sans commencer par retirer ses pensées des choses d'ici-bas pour les fixer en Dieu. Il y a d'autres éléments d'insuccès, celui-ci n'est pas le moindre. t Au contraire, quand ce début est bien fait, il saisit l'âme d'un respect qui lui donne la stabilité pour toute la durée de l'exercice ; car, dit saint Jean Glimaque. celui qui priant est pénétré de la pensée
1 St Bern., De conlentpl. Deo, c. i»
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d'un Dieu présent, demeure comme une colonne inébranlable dans l'oraisoii i. »
Si notre esprit s'égare pendant la prière, il faut le ramener brièvement devant Dieu, par exemple en disant avec Jacob s'éveillant deson sommeil : « Vraiment le Seigneur est en ce lieu, et je n'y songeais pas.»
Manière de se mettre en la présence de Dieu. — On peut choisir entre plusieurs méthodes dont les unes font appel à la simple foi, les autres aux yeux et à l'imagination.
Parla simple foi. — Saint François de Sales 2 signale diverses considérations.
i" La présence de Dieu partout. « Il est en tout et partout, et il n'y a lieu ni chose en ce monde où il ne soit d'une très véritable présence, de sorte que, comme les oiseaux, où qu'ils volent, rencontrent toujours l'air, ainsi, où que nous allions, nous trouvons Dieu partout... Ce fut l'appréhension de David quand il s'écriait : « Si je monte au ciel, Seigneur, vous y êtes; si je descends aux enfers, je vous y trouve »3 .
Vraiment ((Dieu n'est pas loin de chacun de nous, car c'est en lui que nous avons l'être ))4 . Il nous entoure et nous enveloppe de toutes parts, nous sommes plongés en lui comme le poisson dans l'eau.
2° Sa présence en nous. — « Comme l'âme étant répandue par tout le corps, se trouve présente en