‹ Les voitures versees, opera comique en deux actes;Chapitre 20 sur 59 · AIR · texte numérisé non relu

AIR

Essayons , s’il sc peut , de parler son langage ;

Je connais les discours qu’ils mettent en usage. Préparons-nous d’avance à ce doux entretien , jEt jouons h la fois et son rôle et le mien.

— Prenez pitié , madame ,

Du trouble de mon âme;

Je brûle d’une flamme Dont vous seule causez l’ardeur.

— Pour mieux cacher ma ruse ,

Feignant d’être confuse ,

D’abord je me refuse A croire ce discours flatteur ;

Et , puis en minaudant, je dis avec douceur :

— Un langage aussi tendre A droit de me surprendre,

Et je dois me défendre De son charme trompeur.

— Cédez! — Non ! Vain langage!

— Cédez à mon ardeur.

— Non , non, pur badinage !

— Quittez ce ton railleur.

Ab! plaignezmon martyre.

Voulez-vous que j’expire Et de regrets et de douleur.

— Quoi , vous m’aimez bien tendrement !

Vous le jurez!.... — J’en fais serment.

Eh ! quoi , monsieur , vous en faites serment? — Ah, madame! je vous donne ma parole d’honneur ! — Vraiment , monsieur ! votre parole d’honneur! Je sens alors qu’il est impossible

— Eh ! non , non , non , non, je ne puis vous croire ;

• Gardez , gardez votre cœur,

. Je n’aspire qu’à la gloire De rire de votre ardeur.

a8 LES VOITURES VERSÉES,

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