AIR
Essayons , s’il sc peut , de parler son langage ;
Je connais les discours qu’ils mettent en usage. Préparons-nous d’avance à ce doux entretien , jEt jouons h la fois et son rôle et le mien.
— Prenez pitié , madame ,
Du trouble de mon âme;
Je brûle d’une flamme Dont vous seule causez l’ardeur.
— Pour mieux cacher ma ruse ,
Feignant d’être confuse ,
D’abord je me refuse A croire ce discours flatteur ;
Et , puis en minaudant, je dis avec douceur :
— Un langage aussi tendre A droit de me surprendre,
Et je dois me défendre De son charme trompeur.
— Cédez! — Non ! Vain langage!
— Cédez à mon ardeur.
— Non , non, pur badinage !
— Quittez ce ton railleur.
Ab! plaignezmon martyre.
Voulez-vous que j’expire Et de regrets et de douleur.
— Quoi , vous m’aimez bien tendrement !
Vous le jurez!.... — J’en fais serment.
Eh ! quoi , monsieur , vous en faites serment? — Ah, madame! je vous donne ma parole d’honneur ! — Vraiment , monsieur ! votre parole d’honneur! Je sens alors qu’il est impossible
— Eh ! non , non , non , non, je ne puis vous croire ;
• Gardez , gardez votre cœur,
. Je n’aspire qu’à la gloire De rire de votre ardeur.
a8 LES VOITURES VERSÉES,