ACTE I, SCÈNE XIII
ARMAND
Je ne rends compte de mes sentimens à per*- . sonne.
FLORVILLE
Vous avez tort ; moi , je dis les miens à tout le monde.
ARMAND
Changeons de conversation.
FLOR V1I.LE
Comment ! On vous fâche en vous parlant de votre maîtresse! Ou m’a toujours enchanté, quand on a bien voulu me parler des miennes.
ARMAND
Au peu d’empressement que vous mettez a changer de costume, il me semble cjue vous ignorez qu’il vient de vons arriver une femme charmante^ une femme de Paris.
FI.ORVILLE
En vérité! Mais c’est un miracle! ühe bonne fortune! et sans doute elle est....
ARMAND
Jeune, jolie, pleine de talens et d’esprit; elle donne partout le ton , fixe sur ses pas mille adorateurs, et cependant elle est dune sagesse
. . . florville.
Vous la nommez?...*
Madame de Melval.
FJ.OR VILI.E.
Comment donc! Je l’ai souvent aperçue dans
nos cercles; on la cite comme un de ces phénomènes
Oh ! quant à celle-là, je défierais bien l’art du plus adroit séducteur. de la faire chanceler....
FLORVILLE
Le plus adroit séducteur ! Mais je crois que vous me de fiez?
ARMAND
Eh ! mais tout comme un autre.
FLORVILLE
Je ne suis pas avantageux, depuis long -temps je cherchais l’occasion de lui faire ma cour ; et si vous voulez parier qu’avant ce soir j’obtiens un aveu de sa part.... i
ARMAND
Je vous crois fort habile, mais vous me permettrez de douter.
•- Eh bien , nous Verrons.