LE ROND, ARMAND
ARMAND
De grâce, mon oncle, calmez votre colère et
souvenez-vous que 1 amour est mon excuse.
LEROND
Comment , monsieur , calmer ma colère ! lorsque votre amour a manqué me faire rompre le cou !
Vous venez de dire àM. Dormeuil que vous ne vous en ressentiez plus.
* LEROND
C’est vrai! depuis que j’ai dîné je ne m’en ressens plus qu'un peu dans les reins et puis un
peu dans les cotes....
ARMAND
Ce ne sera rien.
LEROND
Comment! ce ne sera rien ! vous en parlez bien
à votre aise! Au reste, quoique furieux , je te pardonnerai de bon cœur , si tu réussis à épouser la nièce de M. Dormeuil. D’après la tenue du châ-
teau , !e caractère del’hète et l’excellent dîner que nous venons défaire, je suis sûr que ce mariage te conviendrait à merveille: car, enfin, tu n’as rien. Il est vrai que je te rendrai riche un jour; mais je ne serai jamais le témoin du bien que je te ferai. /
ARMAND
Comment cela?
LEROND
Parce que tu n’hériteras de ma fortune qu’après ma mort.
Je ne vous demande que d’employer yotre éloquence à faire revenir M. Dormeuil de ses préventions en faveur de M. de Fiorville.
lerond.
Comme ceci ne me coûtera rien je m’en char-
f e volontiers; je n’ai pas d’enfant — tu m’en tienras lieu ; et , à l’argent près , sois sûr que j’agirai envers toi comme un véritable père.
ARMAND
Quelle générosité ! .
LEROND
Apprends d’abord que je t’appelais à Paris, pour te mettre en* possession de mon emploi. -
ARMAND, virement.
Quoi ! mon oncle....
LEROND
Je n'en voulais plus. Je veux enfin prendre du repos.