‹ Les voitures versees, opera comique en deux actes;Chapitre 31 sur 59 · LE ROND, ARMAND · texte numérisé non relu

LE ROND, ARMAND

ARMAND

De grâce, mon oncle, calmez votre colère et

souvenez-vous que 1 amour est mon excuse.

LEROND

Comment , monsieur , calmer ma colère ! lorsque votre amour a manqué me faire rompre le cou !

Vous venez de dire àM. Dormeuil que vous ne vous en ressentiez plus.

* LEROND

C’est vrai! depuis que j’ai dîné je ne m’en ressens plus qu'un peu dans les reins et puis un

peu dans les cotes....

ARMAND

Ce ne sera rien.

LEROND

Comment! ce ne sera rien ! vous en parlez bien

à votre aise! Au reste, quoique furieux , je te pardonnerai de bon cœur , si tu réussis à épouser la nièce de M. Dormeuil. D’après la tenue du châ-

teau , !e caractère del’hète et l’excellent dîner que nous venons défaire, je suis sûr que ce mariage te conviendrait à merveille: car, enfin, tu n’as rien. Il est vrai que je te rendrai riche un jour; mais je ne serai jamais le témoin du bien que je te ferai. /

ARMAND

Comment cela?

LEROND

Parce que tu n’hériteras de ma fortune qu’après ma mort.

Je ne vous demande que d’employer yotre éloquence à faire revenir M. Dormeuil de ses préventions en faveur de M. de Fiorville.

lerond.

Comme ceci ne me coûtera rien je m’en char-

f e volontiers; je n’ai pas d’enfant — tu m’en tienras lieu ; et , à l’argent près , sois sûr que j’agirai envers toi comme un véritable père.

ARMAND

Quelle générosité ! .

LEROND

Apprends d’abord que je t’appelais à Paris, pour te mettre en* possession de mon emploi. -

ARMAND, virement.

Quoi ! mon oncle....

LEROND

Je n'en voulais plus. Je veux enfin prendre du repos.

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