TROISIÈME SOLDAT
Rien qu’en voyant l’oriflamme Que tenait près du Roi la Pucelle à genoux,
PREMIER SOLDAT
On eût dit qu’il pleuvait de la blancheur en nous.
UN MOINE
Vous paraissiez baignés de gravité claustrale Gomme tes bons vieux saints de pierre, ô cathédrale !
LE TROUVÈRE
Cathédrale de Reims ! le long de tes parvis Il semble qu’on entend les guerriers de Clovis Marcher vers leur baptême avec un bruit d’armure... Lorque, par la verrière, il vient filtrer ses ors L’impérial soleil rêve-t-il aux Rois morts ?
Dans ton silence qui murmure.
Du granit en extase, ardente floraison.
Ta dentelle, qui chante, exalte l’oraison.
De rois et de prélats, aux mains lourdes de bagues. Comme vers la falaise, à ton portail géant On voit monter FHistoire ainsi qu’un océan ,
Dont les siècles seraient des vagues.
Cathédrale ! il fallait la splendeur de tes tours Pour fêter le tonnerre et chasser les vautours.
Il fallait tes vitraux pour fleurir la victoire.
Comme ostensoir d’un grand peuple Dieu te voulut. O Toi ! Porte du Ciel ! Et Maison d’or ! Salut !
Salut ! Notre-Dame de Gloire !
PREMIER SOLDAT
Si jamais un barbare osait te profaner,
DEUXIÈME SOLDAT
Si jamais tu tombais sous les coups d’im damné,