SCÈNE V
JEANNE (seule)
{Les Saintes restent visibles encore quelques secondes. La clarté et la musique durent Jusqu'à la fin de la scène.)
Allez-vous en ! Mes Voix vous ont chassés. O Voix,
Vous êtes, je le sens, plus encor qu’autrefois.
Mon seul orgueil au monde où tant d’orgueils nous leurrent ! Car on voit mieux le ciel avec des yeux qui pleurent. Bien jeune, j’ai compris que tout nous peut trahir.
Hors savoir écouter et savoir obéir.
Aux uns, je semble l’Ange, aux autres, la sorcière. L’apparence troublante est leur seule lumière ;
Je suis bien plus ! mon Dieu ! Je suis, dans vos desseins. Celle qu’on nommera la servante des Saints ;
Je suis l’inexpugnable et douce Citadelle,
Qui n’a que le plus beau des noms : l’âme fidèle !
C’est tout...
{Elle prie avec une ardeur confiante)
Mais vous saurez défendre contre tous.
Votre brebis tombée au millieu de ces loups.
Hélas ! ce n’est pas moi qui pourrais les confondre,
O Père ! envoyez-moi votre Esprit pour répondre.
{Après sa prière, Jearuie s'est relevée. Elle a repris une expression naturelle, Warwick, gui la surveille par la porte entrebâillée, ne sentant plus l'invisible présence, ose entrer.)