‹ Les voix intérieures: Les rayons et les ombresChapitre 28 sur 52 · A MADEMOISELLE FANNY DE P · texte numérisé non relu

A MADEMOISELLE FANNY DE P

O vous que votre âge défend , Riez, tout vous caresse encore. Jouez 1 chantez l soyez l'enfant !

Soyez la fleur ! soyez l'aurore 1

Quant au destin , n'y songez pas :

Le ciel est noir, la vie est sombre.

Hélas 1 que fait l'homme ici-bas ?

Un peu de bruit dans beaucoup d'ombre.

Le sort est dur, nous le voyons.

Enfant 1 souvent l'œil plein de charmes Qui jette le plus de rayons Répand aussi le plus de larmes.

Vous que rien ne vient éprouver, Vous avez tout : joie et délire , L'innocence qui fait rêver, L'ignorance qui fait sourire.

Vous avez , lis sauvé des vents ,

Cœur occupé d'humbles chimères, Ce calme bonheur des enfants, Pur reflet du bonheur des mères.

Votre candeur vous embellit.

Je préfère à toute autre 'flamme Votre prunelle que remplit La clarté qui sort de votre âme.

Pour vous ni soucis ni douleurs :

La famille vous idolâtre ; L'été, vous courez dans les fleurs ; L'hiver, vous jouez près de Pâtre.

La poésie, esprit des cieux, Près de vous, enfant, s'est posée; Votre mère Pa dans ses yeux, Votre père dans sa pensée.

Profitez de ce temps si doux !

Vivez! La joie est vite absente; Et les J^lus sombres d'entre nous Ont eu leur aube éblouissante.

Gomme on prie avant de partir, Laissez- moi vous bénir, jeune âme, Ange qui serez un martyr, Enfant qui serez une femme 1

Février 4840

G mme dans les étangs assoupi* sous les bois, Dans plus d'une Ame on voit deux choses à la fois : Le ciel, qui teint les eaux, à peine remuées Avec tous ses rayons et toutes ses nuées ; Et la vase, fond morne, affreux, sombre et donnant, Où des reptiles noirs fourmillent vaguement.

Mai 4839.

Page 1