A MADEMOISELLE FANNY DE P
O vous que votre âge défend , Riez, tout vous caresse encore. Jouez 1 chantez l soyez l'enfant !
Soyez la fleur ! soyez l'aurore 1
Quant au destin , n'y songez pas :
Le ciel est noir, la vie est sombre.
Hélas 1 que fait l'homme ici-bas ?
Un peu de bruit dans beaucoup d'ombre.
Le sort est dur, nous le voyons.
Enfant 1 souvent l'œil plein de charmes Qui jette le plus de rayons Répand aussi le plus de larmes.
Vous que rien ne vient éprouver, Vous avez tout : joie et délire , L'innocence qui fait rêver, L'ignorance qui fait sourire.
Vous avez , lis sauvé des vents ,
Cœur occupé d'humbles chimères, Ce calme bonheur des enfants, Pur reflet du bonheur des mères.
Votre candeur vous embellit.
Je préfère à toute autre 'flamme Votre prunelle que remplit La clarté qui sort de votre âme.
Pour vous ni soucis ni douleurs :
La famille vous idolâtre ; L'été, vous courez dans les fleurs ; L'hiver, vous jouez près de Pâtre.
La poésie, esprit des cieux, Près de vous, enfant, s'est posée; Votre mère Pa dans ses yeux, Votre père dans sa pensée.
Profitez de ce temps si doux !
Vivez! La joie est vite absente; Et les J^lus sombres d'entre nous Ont eu leur aube éblouissante.
Gomme on prie avant de partir, Laissez- moi vous bénir, jeune âme, Ange qui serez un martyr, Enfant qui serez une femme 1
Février 4840
G mme dans les étangs assoupi* sous les bois, Dans plus d'une Ame on voit deux choses à la fois : Le ciel, qui teint les eaux, à peine remuées Avec tous ses rayons et toutes ses nuées ; Et la vase, fond morne, affreux, sombre et donnant, Où des reptiles noirs fourmillent vaguement.
Mai 4839.