D'UNE FENÊTRE FLAMANDE
J'aime le carillon dans tes cités antiques, O vieux pays gardien de tes mœurs domestiques, - Noble Flandre, où le Nord se réchauffe engourdi Au soleil de Castille et s'accouple au Midi ! Le carillon, c'est l'heure inattendue et folle, Que l'œil croit voir, vêtue en danseuse espagnole, Apparaître soudain par le trou vif et clair Que ferait en s* ouvrant une porte de l'air.
Elle vient, secouant sur les toits léthargiques Son tablier d'argent plein de notes magiques, Réveillant sans pitié les dormeurs ennuyeux, Sautant à petits pas comme un oiseau joyeux, Vibrant, ainsi qu'un dard qui tremble dans la cible ; Par un frêle escalier de cristal invisible, Effarée et dansante, elle descend des cieux ; Et l'esprit, ce veilleur fait d'oreilles et d'yeux, Tandis qu'elle va, vient, monte et descend encore, Entend de marche en marche errer son pied sonore!
Malinc, août 1837.