‹ Les voix intérieuresChapitre 10 sur 67 · A ALBERT DURER · texte numérisé non relu

A ALBERT DURER

Aux bois, ainsi que toi, je n'ai jamais erré. Maître, sans qu'en mon cœur l'horreur ait pénétré. Sans voir tressaillir l'herbe, et, par le vent bercées. Pendre à tous les rameaux de confuses pensées. Dieu seul, ce grand témoin des faits mystérieux. Dieu seul le sait, souvent, en de sauvages lieux, J'ai senti, moi qu'échauffe une secrète flamme. Comme moi palpiter et vivre avec une âme, Et rire, et se parler dans l'ombre à demi-voix, Les chênes monstrueux qui remplissent les bois.

20 avril 1837.

PuiSQu'ici-BAS toute âme Donne à quelqu'un

Sa musique, sa flamme.

Ou son parfum ;

Puisqu'ici toute chose

Donne toujours Son épine ou sa rose

A ses amours ;

Puisqu' avril donne aux chênes Un bruit charmant ;

Que la nuit donne aux peines L'oubli dormant ;

Puisque Tair à la branche

Donne l'oiseau ; Que l'aube à la pervenche

Donne un peu d'eau ;

Puisque, lorsqu'elle arrive

S'y reposer.

L'onde amère à la rive

Donne un baiser ;

Je te donne à cette heure.

Penché sur toi, La chose la meilleure

Que j'aie en moi !

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