‹ Les voix intérieuresChapitre 14 sur 67 · AVRIL — A LOUIS B · texte numérisé non relu

AVRIL — A LOUIS B

Louis, voici le temps de respirer les roses,

Et d'ouvrir bruyamment les vitres longtemps closes ;

Le temps d'admirer en rêvant Tout ce que la nature a de beautés divines Qui flottent sur les monts, les bois et les ravines

Avec l'onde, l'ombre et le vent !

Louis, voici le temps de reposer son âme

Dans ce calme sourire empreint de vague flamme

Qui rayonne au front du ciel pur ; De dilater son cœur ainsi qu'une eau qui fume, Et d'en faire envoler la nuée et la brume

A travers le limpide azur !

O Dieu ! que les amants sous les vertes feuillées S'en aillent, par l'hiver pauvres ailes mouillées !

Qu'ils errent, joyeux et vainqueurs !

Que le rossignol chante, oiseau dont la voix tendre Contient de l'harmonie assez pour en répandre

Sur tout l'amour qui sort des cœurs !

Que, blé qui monte, enfant qui joue, eau qui murmure Fleur rose où le semeur rêve une pêche mûre.

Que tout semble rire ou prier !

Que le chevreau gourmand, furtif et plein de grâces. De quelque arbre incliné mordant les feuilles basses.

Fasse accourir le chevrier 1

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