‹ Les voix intimes [microforme]Chapitre 10 sur 86 · DA * RE · texte numérisé non relu

DA * RE

“ Pendant que mon ange sommeille, Fait-elle, en essuyant ses yeux, Allons à la crèche vermeille

Adorer l'envoyé des cieux. ”

Dans le temple de la prière Elle pénètre en chancelant, Car la douleur et la misère

Ont rendu son corps défaillant.

Près d'elle, un homme charitable Qui compte déjà de longs jours, Devine, à son air lamentable,

Qu'elle végète sans secours.

Il la connait et la vénère, Et, désirant l'aider un peu, Il sort et vole à la chaumière

De celle qui prie au saint lieu.

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Sañs effort il ouvre la porte, La porte fermée au loquet, Dépose le falot qu’il porte

Et met sur la table un paquet.

Il va sortir, quand la voix fraîche De l'enfant bredouille tout bas :

4 Le bon Jésus sort de la crèche

4 Pour emplir tous les petits bas ! ”

L'homme, ému par ce songe étrange, Fuit et revient en quelques bonds Glisser dans le bas du bel ange

Des pièces d’or et des bonbons …

Il est jour. Le soleil inonde La chaumière de mille feux.

Soudain, levant sa tête blonde, .

L'enfant pousse des cris joyeux.

La mère, à ces tons d’allégresse, Se lève et croit rêver encor! L'enfant l’embrasse et la caresse

En lui montrant les pièces d'or.

Sauvés! Sauvés ! exclame-t-elle !

— Enfant, d’où vient ce trésor:-là ?

— Mère, la chose est naturelle :

Il vient du bon Jésus, voilà !

Intelligente autant que sage, La mère devine à l’instant ; Et, décrochant une humble image,

Elle dit en s’agenouillant :

Enfant, devant cette madone, Disons, en ce jour solennel :

Oh! bénissez celui qui donne

L'or et les bonbons de Noël ! ”

27 décembre 1890.

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