FT DUR
Que dis-je ? oh, non, pleurez! et les nombreuses larmes, Que votre âme innocente en priant versera, Toucheront votre père—Employez donc ces armes,
Et la victoire, enfants, un jour vous restera !
Du mauvais artisan cet ivrogne est l'image, Car l'ivresse affaiblit les cœurs les plus vaillants ; Elle étend sur notre âme un lugubre nuage
Qui lui cache du ciel les horizons brillants ;
Elle éloigne l'époux du foyer domestique, Où longtemps il goûta la joie et le bonheur, Et lorsqu'il y revient, sombre et mélancolique,
Il porte sur le front le sceau du déshonneur !
Cet homme était jaäis un artisan modèle ; On vantait sa sagesse et son habileté ; Au dur labeur jamais il n’était infidèle,
Et c'est là qu’il puisait la force et la santé.
Mais quelle affreuse chute ! En moins de trois années, Il a perdu la foi, l'énergie et l'amour !
? 5 I1 donne au cabaret le fruit de ses journées,
Pendant qu'à sa demeure on souffre nuit et jour.
Le monde quelquefois repousse avec malice L'enfant qui, tout en pleurs, lui tend sa maigre main ; & Quoi! te faire l'aumône ? encourager le vice
“ De ton père, un ivrogne ?...Eloigne-toi, gamin.
Ce langage est cruel, déraisonnable, impie— Faire expier au fils le crime des parents !— Rappelons-nous ces mots du maître de la vie :
& Laissez venir à moi tous les petits enfants ! ”
Ah! ne laissons jamais à leur sort misérable, Ces enfants dont le père est parfois un bandit ; Mais faisons-les plutôt asseoir à notre table
En leur donnant le pain du corps et de l'esprit.
Nos bienfaits trouveront mille échos dans leur âme— Leur âme si sensible aux élans généreux— Et, plus tard, la vertu—cette céleste flamme—
Réchauftera leurs cœurs en les rendant heureux.
Du mauvais artisan et de ses habitudes Il ne leur restera qu’un pâle souvenir.
Joyeux, ils rempliront les tâches les plus rudes,
Sous le regard de Dieu, sans craindre l'avenir!
ler octobre 18%,