‹ Les voix intimes [microforme]Chapitre 28 sur 86 · POÈTE LAURÉAT DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

POÈTE LAURÉAT DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE

Il est de notre peuple et l’orgueil et la gioire

Ce barde dont le nom, au livre de l'Histoire, Aura sa place à part.

Il quitte ce pays qu’il aime et qu’il admire

Pour aller retremper son génie et sa lyre

A la source de l'art!

Comme l'aigle volant vers la voñte sphérique Où semble l'attirer la puissance magique

De l'astre aux rayons d'or ; De même vers Paris, le soleil de la France, L'aigle du Canada, guidé par l'espérance,

Prend son sublime essor !

Il sent que, par l'effort de son intelligence,

Il saura recueillir au champ de lu science Des moissons de lauriers ;

Car n’'a-t-il pas naguère, affrontant la critique,

Conquis la palme d'or au tournoi poétique

Sur cent esprits altiers ?

De notre histoire ouvrant les pages vénérables, Sur sa lyre il dira les luttes admirables De nos vaillants aïeux ; Il en composera de suaves poèmes Que la France lira, mieux que ses œuvres mêmes,

Des larmes plein les yeux!

La France acclamera la nouvelle épopée De ce barde qui suit la trace de Coppée Et de Victor Hugo ; Châteauguay, Carillon, et mainte autre victoire, Pour elle brilleront au temple de Mémoire

Autant que Marengo!

Et la France bientôt, grâce à Louis Fréchette, Grâce à nos écrivains, prosateur ou poète, Se souviendra de nous, Alors elle viendra visiter nos rivages Où fleurissent ses lois, sa langue et ses usages,

Et nous bénira tous !

22 octobre 1887.

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