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LA PRESSE CANADIENNE

A L'HONORABLE Hecror FABRE

Nos bardes tour à tour ont chanté la ramure, La brise, le soleil, et l'oiseau qui murmure En voltigeant de fleur en fleur ; De notre peuple ils ont célébré l'espérance, Les qualités, la foi, les vertus, la souffrance,

Le dévoñûment et la valeur.

se: DE oi

Us ont, les yeux fixés aux pages-de l'Histoire, Redit avec orgueil l'éclatante victoire

De. nos soldats à Carillon ; Et moi, le plus obscur du groupe littéraire, J'ose venir chanter, d'une voix téméraire,

L'honneur d'un autre bataillon.

Ce bataillon figure en nos belles annales ; C’est lui qui défendit nos lois nationales Contre un farouche potentat ; C’est lui qui détrôna l’infâme oligarchie, Qui, méprisant nos droits, voulait, par tyrannie,

Régner et posséder l'état !

Il essuya d’abord outrage sur outrage,

L'exil et la prison ; mais, sans perdre courage, Dans sa lutte il persévéra.

Alors, ses ennemis, plus orgueilleux que braves,

Cessèrent à regret de mettre des entraves, |

Et l'oligarchie expira...

Devant ce bataillon qui s'appelle la Presse,

Chapeau bas, Canadiens! Et que chacun lui trèsse Une couronne en ce beau jour! (*)

Car en brisant les ters de notre servitude,

Il s'est acquis des droits à notre gratitude,

A notre estime, à notre amour!

Et depuis lors, veillant comme une sentinelle A la sécurité de la nef fraternelle Qui porte les deux nations, La Presse jetterait le premier cri d'alarme Si le tyran d'hier osait reprendre l’arme

Pour briser nos traditions !

Jamais ne sonnera cette heure malheureuse

Où notre beau pays, dans une guerre affreuse, Verrait ses fils s'entrégorger.

Non ! car les mêmes vœux de paix et d'espérance

Font battre tous les cœurs de la Nouvelle-France, Et nul ne songe à se venger !

(*) Fête nationale des Canadiens-Français, 24 juin 1888.

La Presse canadienne honore notre race ; Elle suit pas à pas lu glorieuse trace

Du grand Bédard, son fondateur ; Comme lui, sans faiblesse, elle flétrit le vice, Exalte la vertu, fagelle l'injustice,

Défend l'Eglise et le pasteur,

Elle inspire le goût de la littérature, Favorise les arts, surtout l'agriculture, Cette mère du genre humain, Toute œuvre intelligente, honnête, généreuse, Tout ce qui fait enfin notre existence heureuse,

Porte l'ex preinte de sa main !

Devant ce bataillon qui s'appelle la Presse, :

Chapeau bas, Canadiens ! Et que chacun lui tresse Une couronne en ce beau jour !

Car en brisant les fers de notre servitude,

11 s’est a quis dex droits à notre gratitude,

A no’re estime, à notre amour !

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