‹ Les volcans et les tremblements de terreChapitre 86 sur 98 · DUREE · texte numérisé non relu

DUREE

PÉRIODICfTÉ ET SIMULTANÉITÉ

Il est dilTicile do préciser la durée des secousses qui amènent de si grands désastres; car le fléau remplit l'àme de terreur et ne permet pas de juger avec caliue des phases delà commotion. Toutefois on peut être assuré que les secousses ne durent que quelques secondes, cl qu'il est rare qu'une forte oscillation se prolonge plus d'une miiuite.

La première commotion qui causa tant de désastres à Caracas en ISl'i, ne dura que cinq à six secondes ; par contre cellede 1785 dans la Calabre dure deux minutes, dit-on; et il est certain que la secousse de 1845 qui ravagea l'ilede la Guadeloupe, aux Antilles, se fit sentir pendant plus d'une minute.

Les plus violentes secousses ne sont pas les plus longues ; on pourrait même admettre qu'en général leur durée est en raison inverse de leur impétuosité. En un instant, elles accomplissent leur œuvre de destruction ; en quelques secondes

DUR RE ET PÉ RIO lU CITÉ. r,5r)

elles changent de fond eu comble l'aspect d'une contrée et causent les plus grands désastres. C'est ainsi qu'une première secousse renversa en quelques secondes, le 5 février 1783, les villes de Reggio et de Messine. Il en fut de même lurs du grand tremblement de terre de Mendoza en 1861 : le flrau accomplit son œuvre de destruction en moins d'une minute. Celui du 18 août 1853 transforma la ville de Thèbes en un monceau de ruines, et cependant il n'avait duré que quelques secondes.

Hast rare qu'un tremblement de terre se compose d'une secousse unique ; le plus souvent une série d'oscillations agitent le sol, et parmi ces secousses il y en a toujours une qui, plus forte que les autres, est celle qui produit le désastre. On comprend dès lors qu'un tremblement de terre puisse durer des heures, des semaines, des mois, pendant lesquels on comptera des centaines de pulsations, Pendant le tremblement de terre de San Salvador, en 1856, il y eut, diton, 118 secousses; après la courte mais terrible secousse qui détruisit Lisbonne, la terre trembla encore pendant deux mois dans les environs de cette malheureuse cité; et après la commotion qui réduisit en poussière la ville de Bàle, en 1356, le sol ne cessa d'osciller pondant toute l'année.

De même que, dans les régions où les volcans se livrent à leur fureur, on croit que leurs grandes crises ont lieu à des époques régulières ; de même aussi, dans les contrées que ravagent les grands tremblements de terre, on croit à un retour périodique des grandes commotions. .\u Pérou, l'opi-

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nion est gcncralement répandue qu'il n'y a que deux secousses désastreuses à craindre par siècle.

Il est curieux d'observer que quelques-uns des plus violents tremblements de terre ont eu lieu après un intervalle d'un siècle. Â Lima, par exemple, il y eut une violente commotion le 17 juin 157S, et le terrible phénomène se renouvela le même jour de l'année 1678. ACopiapo, dans le Chili, on croit à un retour périodique après vingt-trois ans, parce que des tremblements de terre y eurent lieu en 1775, 1796 et 1819.

On a des exemples beaucoup plus nombreux de la coïncidence de tremblements de terre agissant sur deux points éloignes du globe.

Le tremblement de terre de Caracas, en ISI'2, eut lieu en même temps que celui de la vallée du Mississipi ; la Calabre et la Sicile ont été bouleversées simultanément en H69, 1555, 165S, 1770, 1776, 1780 et 1785. Par contre, il parait exister un certain antagonisme entre la Syrie et l'Italie méridionale; ces deux pays ne sont, dit-on, jamais éprouvés en même temps.

Le tremblement de terre qui ravagea la Nouv(^lle-(u-enade en 18'27, offre un exemple merveilleux de sinudiaucité : le 16 novembre, le terrible fléau ravagea tout le magnitique plateau de Santa Fé de Bogota, et à la même heure, de violentes secousses ébranlaient la ville d'Ocbotok en Sibérie, à une distance de 5,000 lieues environ. Un tremblement de ferre eut lieu, le 19 janvier 1850, àSchuscha, ville située dans les montagnes du Caucase, et au même instant, on ressentit de fortes secousses en Italie, au Chili et en Cali-

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t'oniicll sei'uil l'acili' de citt'i' un grand noiuhrode laits analogues ; mais ceux ([uo l'on vient de rapporter auront sulli, croyons-nous, pour étaliiir ([ue les commotions souterraines ébranlent parfois simultanément et violemment des contrées distantes.

Mais dans ces cas sont-ce deux secousses distinctes (|ui agissent dansleniènie instant, aux deux extrémités, ou n'est-ce pas plutôt une seule et même commotion qui s'étend, qui se propage aux deux points extrêmes ? 11 serait très-difficile, sinon impossible, de résoudre le problème d'une manière satisfaisante. Voici, [)ar exemple, le tremblement de terre de Bogota, du 16 novembre 18*27, dont nous venons de parler, et qui se manifesta au moment où le sol oscillait en Sibérie ; n'était-ce pas là une commotion uniqiie? On serait pres(pic tenté de le croire, surtout lorsqu'on songe que la ville de Popayan, éloignée de 400 lieues de Bogota, souffrit beaucoup et qu'une foule de localités situées entre ces deux points extrêmes furent conq)létement détruites.

TREMBLEMENT DE TEURIi

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