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LÀ RÉJOUISSANCE DES ÂRGOTIERS

SUR LA «PRISE DU LK ROCIlKLLr .

Puisque l'anglucbe % qui estoit égaré.

Contraint par la faim a esté attrimé ^, Il entre du repos et plus de grive en France, Il faudra des ornies pour traîner la potence. Sus donc, frères argotiers, s^on notre musique Faut chanter gourdement au haure ce cantique ; Honorons son saint nom qui a béni les armes. Commences rasticbons , rupins et marcandiers, Sabouleurs , vignerons , et tous les ai^otiers, EntremelleK vos chants, ne faisant qu'une langue, Afin de rouscailler la divine louange.

0 chenastre Seigneur ! qui, d'une forte louche, A fait humilier cette vergne farouche Dessous les patui*ons du dabusche Louis ,

' Qui les font fuir.

'^ L'anglais.

' Soumis.

PREFACE. Ixiij

T'aquigeant triompha dessus ses ennemis , Noosiilles t'en rendons mille grâces immortelles , Et à teztère soU gloire sempiternelle.

Que le ciel et la dure , les sabris , et campagnes , Les cavernes , rochers , et superbes montagnes , Te bénissent à jamais , accordant leur silence, Oy le sont de nos vœux pour grande réjouissance ; En le priant aussi de toujours conserver La noble fleur de lys , et de vouloir foncer, Pour comble de bonheur et bénédictions, A son oint bien aimé de beaux petits mions ; Et généralement le prions pour les princes Et chenastres pharos * des vergues de province; Et ceux qu'on a cosni , basourdy à la grive, Qu'à teziére seigneur gloire éternelle vive:

Si , maintenant , le lecteur désire connaître quelques pièces argotiques encore plus anciennes que celles que nous venons de citer, voici deux ballades de Villon ' .

* GouTem«ur8.

' Je ne puis donner au lecleur la tiaduelîon de ces deux ballades de Villon , que je n'ai placées ici que paitse qu'eUus sont les plus anciens monumens du langage argolii|ue qui soient venus jusqu'à nous (Voir dans le Dictionnaire l'article jérguche.)

LE JAkGON ET iOBEl^lN DE Vir.M)N

0allaî^r.

A parouart le grand maisire gaubie Qu'a collez sont dupes et noircis , El par les anges suivant la sacberie, Sont empouez et greffis cinq ou six. Là, sont beflures ou plus haulx assis, Pour louagîr et Lien haulx mis au vent. Escbequz inoy tost ces coffres massifs , Car vendangeurs des ances circoncis , S'en brouent du tout à néant , Eschec , eschec , pour le fardis.

Brouêz mojr sur ces gros passans, Rebignez moy bien tost le blanc , Et pictonnez au large sur les tirans , Qu'a mariage ne soyez sur le blanc , Puis qu'ung sac n'est de pasture Maiic , Si grupez estes des carieux Rebignez moy ces entreveux, hâ leur aïonstrcB le proisie Us, Qu'-en clouez ne soient deux à deux.

Esohec, eschec, pour le fardis.

Planlac aux JiurmM vus p<co»s, De paour des piaam ai trèa^hifa^ Et aussi d'être sur les joncs , Emmanchez en coffre et grmi murs, Escarisses, ne soyez poini d»rs.

Que le grant ean ne vous Aice esiorer , Songears ne soient pe«r dorer, Et rebignez tousjours aux ys , Des sires pour les desboofer.

Eflchec, eschec» pour le fardis.

Prince roart dis arques petits, L'ung des sires si ne soit endormis , Levez au bec que ne soyez greffis , Et que vos emps n'en ayent du pis.

Eschec, eschec, pour le fardis.

Spelicans, Qui en tous temps, Avancez dedans les pougeois .

Gourde piarde , Et sur la tarde ,

Ixvj PRÉFACE.

Debousez les povres niais , Et pour soustenir vos pois .

Les dapes sont privez de faire

Sans faire haire.

Ne hault braire.

Mais plantes y sont comme joncs Pour les sises qui «ont si longs.

Souvent aux arque»

A leurs marques ,

Se laissent tous debouser

Pour ruer.

Et enterver, Pour leur conte que lors font , La face y les arques vous respond * Et rue deux coups ou troys

Aux gallois,

Deux ou trois Mineront Irestout au sons, Pour les sires qui sont si longs.

Et pour ce borna rdz Coquillars Rebequez-vou8 de la monljoye y .

Qui desvoye

PRÉFACE. Ixvrj

Vostre proye , Et vous fera du tout brouer.

Pour joncher

Et entenrer.

Qui est aux pignons bien cher

Pour riffler,

Et placquer, Les angles du mal tous ronds Pour les sises qui sont si longs.

De peur des hurmes

Et des grumes , Rassures tous en diroguerie»

Et faeric.

Et ne soyez plus sur les joncz Pour les sires qui sont si longs.

L'utilité de cet ouvrage ne saurait élre mise en doute; destiné à devenir le vade mecam de tous les honnêtes gens qui voudront se mettre à Tabri de la ruse des fripons, il dévoile les ruses employées le plus souvent par les voleurs; et si Taxiôme qui dit qu*une ruse connue n'est plus dangereuse, je suis certain de n*avoir pas fait une œuvre sans mérite.

Uviij PRKFACK.

Si mes prévisions ne me trompent pas , ce livre ne sera pas non plus inutile à MM. les magistrats de l'ordre judiciaire. Je crois que , dans plus d'une circonstance , il pourra leur servir de guide.

Lorsque la manière de procéder des diverses sortes de Voleurs sera connue des (Sonimerçans, ces derniers ne devront plus les craindre, surtout s'ils savent saisir a propos quelques-uns des mots d*argot que les fripons ne manquent presque jlimais de prononcer lorsque le momeut'd*agir est arrivé.

J'ai cru convenable de traiter quelques-unes des questions im|K>rtantes concernant la position des libérés et la moralisation des détenus; bien d'autres avant moi ont traité ce» questions j mais j'ai voulu aussi fournir une pierre à Tédifice qui , bientôt , du moins je re8|)ère , sera achevé.

ABADIS, s. f. — Foule , multitude , ras*semblement.

ABAT-RELUI , s. m.— Abat-Jour.

ABBAYE DE MONTE-A-REGRET , ou de MerUe'-à^Rebonrs j s. f. — Nos romanciers modernes y Victor Hugo même, qui , dans le Dernier Jour (fan Condamné ^ parait avoir étudié avec quelque soin le langage bigorne , donnent ce nom à la Guillotine , quoiqu'il soit bien plus ancien que la machine inventée par

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