‹ Les voleursChapitre 110 sur 208 · PRÉ · texte numérisé non relu

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qui lui est allouée, et les prisonniers lui ac*oordent le droit d'exiger des.ârrivans une certaine rétribution nommée itenvenue ^ dont il dispose à son gré.

Les voleurs émérites , les évadés du bagne on des prisons étaient autrefois si vénérés de leurs compagnons de moindre importance que, lorsqu'ils arrivaient en prison, et que le Prévéi en exercice leur demandait la bienvenue, ils se contentaient de répondre : Je suis un gar^ couj un homme de peine, Mn/agol, un cheval de retour. A l'audition d'un de ces mots , le Prévôt en exercice remettait ses droits à l'arrivant ; les prisonniers se cotisaient , alors le vin coulait à flots , chacun racontait son histoire , et les plus criminels étaient les plus applaudis.

Lorsqu'un voleur en renom arrive au bagne, il a le droit de choisir la meilleure place du banc (lit de camp), les braves garçons (les bons voleurs) lui apportent tous les petits objets nécessaires à un forçat ; ils dégarnissent leur serpentin (matelas) pour améliorer celui du nouveau venu; Lorsque les Beaamont, les Goras, Va Jambc'^ Argent, \e% Fossard, lesNo^laax Besicles arrivaient à Brest ou à Toulon , des

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souscriptions volonlaires éiaient aussiUk ou-» vertes en leur fa veu r.

Les argousios, les cornes et sous <- oomes avaient pour ces hommes une sorte de respect et des égards qu'ils n'acGordaîoDt ni aux voleurs de bas étage , ni à ceux qui expiaient un délit de peu d' importance.

PRIANTE, s. r* *- Église. Terme des voleurs des proviocee du nord-

PROFONDE, s. f. — Cave.

PROMONCERIE» s- f. — Procédure.

PROMONT, s. m. — Procès.

PROUTE, s. f. — Plainte-

PROUTER, v. a. — Gronder, se fâcher, se plaindre,

PROUTEUR-Euae , s. — Grondeur, grondeuse , plaignant , plaignante.

** PROYE , s- m. — Postérieur.

PRUNE DE MONSIEUR, s. m. ~ Arohevaque.

PUNAISE , s. f . — Femme de mauvais ton, fille publique du dernier rang.

PURÉE, s. m. -^ Cidre.

* PTOUZE, s. f.— Pistole, ancienne pièce de monnaie.

QUART DE MARQUÉ, s. f. —Semaine.

QUATRE COINS, s. m. — Mouchoir de poche. Terme des voleurs lyonnais.

QUASI-MORT (Être) y. p. — Être au secret /séparé des autres prisonniers.

QUENOTTIER , s. m. — Dentiste.

QUELPOIQUE , adv. — Rien.

QUI VA LA (DopnsER le), v. Demander le passe-porl ou papier de sûreté sur la route ou la voie publique.

QUINQUETS , s. m. — Yeux.

** RABAT, s. m. — Manteau.

* RABATEUX ou DOUBLEUX DE SOR- GUE , s. m. — Ancien voleur de nuit.

RABOIN , s. m. — Diable.

RABOULER , v. a. — Revenir.

RAGGOURCISSEUSE , s. f. — ( Voir Grrnchir. )

RADE ou RADEAU, s. m. — Tiroir de comptoir.

RADIN , s. m. — Gousset.

RAFFALE , s. f. — Misère.

RAFFALÉ , s. m. — Misérable

4fi RAF— RAM

RAFFALEMENT, s. m. — Abaissement.

RAFFURER , v. a. — Regagner.

RAILLE , s. m. — Agent de police.

RAlLLEUXy s. m. — Agent de police.

RAISINÉ , s. m. — Sang.

RAMASTIQUE ou RAMASTIQUEUR, s.- Les RaniasHqaes , comme beaucoup d^autres fripons , ne doivent leurs succès qu'à la capidité des dupes.

Ce qui suit est un petit drame qui , malgré les avertissemens répélés de la Gazette des Tribunaux , se joue encore tous les jours dans la capitale y tant il est vrai que rien n'est plus facile que de tromper les hommes lorsque Ton caresse la passion qui les domine tous : la soif de Tor.

La scène se passe sur la place pqblique. Les acteurs principaux examinent avec soin les allans et venana. Enfin apparaît sur rhoriien l'individu qu'ils attendent; sa physionomie, son costume , décèlent un quidam aussi crédule qu'intéressé. L'un des observateurs IV borde et lui adresse quelques-unes de ces questions dont la réponse doit révéler à l'interroga* teur l'état des finances de l'interrc^. Si les rcnseignemens obtenus lui paraissent favora-

blés» il fait ud signe , alors )*un de ses compagiKms prend les devans et laisse tomber de sa pQche une petite botte ou un petit paquet > de manière cependant à ce que l'étranger ne puisse faire autrement que de remarquer l'objet y quel qu'il soit , c'est ce qui arrive en effet ; et au moment ou il se baisse pour ramasser la Mie ou le petit paquet , sa nouvdUe connaissance s'écrie : < Part à deux« t On s'empresse d'ouvrir le paquet ou la botte; à la grande joie du Sînve j on y trouve ou une bague , ou une épingle magnifique ; un écrit accompagne l'objet, et cet écrit est la ûiclure d'un marchand joaillier qui reconnaît avoir reçu d'un domestique une somme assez forte pour le prix de l'objet qu'il envoie à M. le marquis ou à M. le comte un tel. < Nous ne rendrons pas cela, dit te fripon; un marquis, un comte, a tûen le moyen de perdre quelque chose, et nous serions de bien grands niais si nous ne profitions pas de la bonne aubaine que le ciel nous envoie. » Le Sînve ne pense pas auiremenl; il ne reste donc plus qu'à vendre l'objet, voilà le difBcile. Le Ramasliqae fait observer que cela ne serait peut-être pas prudent ; que l'objet , sans doute , est déjà signalé aux marchands

joaiiiiers. Goinmeut taire ? « Écoulez y dit en* fin le fripon, vous me paraisses un honnête garçon, et je vais tous donner une niar«|iie. de confiance dont vous vous montrerez digne, je Tespère. Je vais laisser Tobjet entre vos mains ; mais comme j'ai absolument besoin d'argent , vous me ferez Tavance de quelques centaines de francs , mais j'exige que vous me donniez votre adresse, v hBSinvej qui déjà est déterminé à garder pour lui seul toute la valeur de Tobjet trouvé, s'empresse d'accepter la proposition , et dans son for intérieur il se moque de la simplicité de son compagnon ; il ne. cesse de rire à ses dépens que lorsqu'il a fait estimer la trouvaille par un joaillier qui lui apprend que le bijou qu'il possède vaut tout au plus 15 ou 20 francs.

Les Ramastiques sont presque tous des juifs. Chacun d'eux est vêtu d'un costume propre au rôle qu'il doit jouer. Celui qui accoste est presque toujours vêtu comme un ouvrier ; le perdant se distingue par la largeur de son pantalon , dont une des jambes sert de conducteur à l'objet pour le faire arriver jusqu'à terre. Quelques femmes exercent ce genre d'industrie , mais comme il est facile de le

présumer, elles ne s'adressent qu'à des personnes de leur sexe.

Sur vingt individus trompés par les Ramastiques^ dix-huit au moins donnent un foux nom et une fausse adresse. S'il est vrai que l'inten* tion doive être punie comme le fait, je demande s'il ne serait pas juste d'infliger aux Sinves une punition capable de leur servir de leçon.

Ne soyez jamais assez sot pour vouloir par* tager avec un homme qui trouve un objet quelconque, surtout si pour cela il faut dénouer les cordons de votre bourse.

RAPIÂT, s. m. — Auvergnat, Savoyard.

RAPIOT ( Le grand ) , s. — Première visite faite sur les condamnés après leur sortie de Bloètre, pour aller au bagne.

RAPIOTER, V. a. — Visiter les condamnés en route pour le bagne.

RAPLIQUER, V. a. — Revenir.

RÂT (CouRm le), v. a. — Voler la nuit dans l'intérieur d'une auberge ou maison garnie.

Ce genre de vol se commet ordinairement dans les auberges où logent les marchands fo*rains et les rouliers, et de préférence les jours de marché et de foire.

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Les Rats Aoni halNtueUemeui deux ei quelquefois trois. Ils exercent ostensiblement b profestîoD de marchand forain -, leurs papiers sont toujours parfaitement en règle, ils peuvent donc etbiberi à la première réquisition, passe* port ) factures, patente , dto. Ils sont sobres, et leur politesse est extrême»

Les Rais logent plusieurs fois dans une auberge avant d*y commettre un vol. Ils arrivent iOQJours séparément et d'un lieu opposé , et s'arrangent de manière à ne point coucher dans la même chambre.

On sait qu'il y a toujours cinq ou six lits dans cbae«n6 des diambres d'auberges où logent hnbituelIcmeBC les rou liera et marchands forains* Les Rats se couchent toujours les premiers, et lorsque ceux qui doivent partager avec eux la chambre qu^ils occupent arrivent , ils paraissent profondément endormis ; maii, comme les chats , ils ne dorment que d'un oeil, et ils 4MM soin dUallamer celui qui place sous son traversin^ ou sa ceinture ou sa culotte.

A l'heum convenue entre eux, ils se lèvent «haonn de Iwr c4lé, ils se retrouvent et se rendent mutneHenieM eompte de leurs observations. La position des liis occupés par oeui

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