LES RUFFEZ OU RIFODÉS
Les Ruffez ou Rifodés sont ceux qui mar-
aveo un cerlifioat qu'ils nommeol luc<(ue9, comoié b^uF bien sont ruffei lootimes, menant avec sezailles leurs marquises et miens, fei* gnant d'avoir eu de la peine à sauver leurs raions du rifle, qui russoit leur creux. Le plus souvent leurs certificats sont apostez et les font faire par quelque ratichon qui bient avec sezailles- Us fichant p^r an quatre çombriez au grand Coeçré.
LES BfILLARDS.
Millards sont ceux qui troUent sur leur andosse de grand gueulards ; ils truchent plusaux champs qu'aux vergues; ils sont haîsdes autres Âr^oti^r^ pourcç qu ils porfîent ce qu'ils ont tQuVseuls, çt ne font point la charité au^ autres frères* Quand ils sont rencontrés des antres, il faut se bpttre et on leur este leur michon , et bien souvent leur marquiseï qui font semblant de verver quand on les emmène, mais en leur cœur en sont bien aise, pource que la plupart d'entre elle^ ne sont que pouifles. Jamais ne pioncent aux creux ou castus du grand Aure, ny piollent où ils savent qu'il y a d'autres Argotiers peaussez , ils font troller à leurs mar-
chenlavecun cerlificai qui atteste que toutes leurs propriétés ont été brûlées» et mènent avec eux leurs femmes et leurs enfans ; ils feignent avoir eu beaucoup de peine à sauver leurs enfiinsdu feu qui brûlait leur maison* Leurs certificats sont le plus souvratfaux» et faits par quel* quesprètresqui marchent avec eux. Us donnent par an quatre quarts d'écu au grand Goêsré*
bES MILLAIIDS.
Les Millards sont ceux qui portent de grands bissacs sur leurs épaules^ ils mendient plus aux champs que dans les villes; ils sont haïs des autres Argotiers parce qu*ils mangent ce qu'ils ont tout seuls > et ne font point la charité aux autres frères. Aussi» quand ces derniers les rencontrent, il faut qu'ils se battent , et on leur ôte leur argent» leur pain, et bien souvent leurs femmes qui font semblant de pleurer quand on les emmène, ce qui , cependant, ne les empêche pas d'être bien aises au fond du cœur, car la plupart d'entre elles ne sont que des putains. Les Millards ne dorment jamais dans les maisons ou hôpitaux de Dieu, ni
quises des empaves quMIs étendent sur la fille de quelque garnafle et la peaussent et roupillent gourdement. Ils font les piteux devant les pallots qui leur fouquent du fondant , du resme et autres nécessitez. C'est de ceux de cette condition qu'il s'en trouve le plus de rebelles à r Estât, et ceux qui obéissent fichent aux Gagoux demy rusquin, qui le trollent aux Estats Généraux et en rendent compte au grand Goësré.
LES MALINGREUX
Malingreux sont ceux qui ont des maux ou plaies dont la plupart ne sont qu'en apparence; ils truchent sur l'étisse, c'est-à-dire ils feignent d'aller les uns à Saint-Main, les autres feignent avoir voui une messe quelque part. Quelquefois ils sont gros , enflés , et le lendemain n'y parait que floutière. Ils morûent gourdement quand ils sont dans les piolles. Ils 6chent deux combriez .
dans les auberges où ils savent qu'il y a d'autres argotiers. Ils font porter à leurs femmes des draps qu'ils étendent sous l'auvent de quelque ferme, et là, ils s'arrêtent et dorment bien. Ils font les piteux devant les paysans, qui leur donnent du beurre , du fromage et d'autres nécessités. C'est parmi ceux de cette condition qu'il se trouve le plus de rebelles à l'État , et ceux qui obéissent donnent un demiécu par an aux Cagoux , qui le portent aux États-Généraux et en rendent compte au grand Goësré.
LES MALUHGRfiUX.
Les Malingreux sont ceux qui ont des maux ou plaies pour la plupart supposés; ils mendient en feignant d'aller à Saint-Main ou d'avoir voué une messe quelque part. Quelquefois ils sont gros et enflés , et le lendemain il n'y parait plus rien. Ils mangent bien quand ils sont dans les auberges, et donnent deux demiécus.
LE8 PIETRES.
Les Piètres Iruchoni sur lebasioD rompu; ce sont ceux qui ont les jambes et bras rompus ou qui ont mal aux paturons qui bient avec des potenas. Us fouquent demy rusquin par char cunan.
LES SABOUUBIIX.
Sabouleux sont ceux que vulgairement on appfsse malades de Saint -Jean, dont il y a plus de faux que de véritablement malades. Ils s'amadouent avec du sang, et prennent du savon blanc dans la bouche, ce qui les fait écumer. Us triment ordinairement aux boules et frimions, et au long des entifles, où ils se sabonlent gourdement. Us émeuvent tellement le monde à pitié, qu'ils font greffer en leur comble force michon, dont ils bien morOent et aquiger grande chère aux pioUes franches ou castus. C'est ceuxrlà qui fichent le plus au grand Goësré et qui lui obéissent le mieux.
L» ntTRBS.
Les Pièiros mendieiit sur le bâton rompu ; ils paraissent avoir les jambes et les bras rom« pus , oa bien avoir mal aux pieds. Ils donnent ehacun on demi^-écu par an.
LES SABOOLEUX,
Les Sabonleux sont cenx qne vnlgaîfement on nomme malades de Saint«Jean : il y en a pins de faux que de véritablement malades. Ils se préparent avec du sang , et mettent du savon blanc dans leur boucbe, ce qui les fait écumer. Ils mmidient ordinairement dans les foires et fêtes , ou le long des églises. Ils simulent si bien le mal dont ils disent être atteints , et inspirent une si grande pitié à tout le monde , qu'ils font entrer beaucoup d'argent dans leur chapeau. Ils mangent et font grande chère lorsqu'ils se trouvent dans quelque bonne auberge ou dans un hôpital. Ge sont eux qui donnent le plus au grand Goesré et qui lui obéissent le mieux.