‹ Les voleursChapitre 208 sur 208 · LBS DRILLES OU NARQUOIS · texte numérisé non relu

LBS DRILLES OU NARQUOIS

Les Drilles on Narquois sont les soldats qui mendient Tépée sous le bras , et visitent les églises et toutes les maisons de la ville dans laquelle ils se trouvent. Ils logent dans les au* berges, mangeit et boiv^it si bien que tout çn tremble. Ils ont fiiit banqueroute au grsiofl Goêsré et ne veulent plus être ses sujets ni le reconnaître, ce qui est une grande perte et a bea ocoup ébranlé Téta tet la monardiie argoti* ques. Une autre cause qui a beaucoup gâté et presque renversé la monarchie, c'est que les voleurs, les coupeurs de bourses, les rôdeurs de nuit , les voleurs des bois , ne pouvant pas vivre de leur état , et d'autre part voyant que les Argotiers avaient toujours de quoi manger,

blage avee Targot , a* est en un mot joindre les brrons^cvéc ceuk qui méadioM leur vie» èquoi s'opposèi'eht les bûbsmkms; led Arehi-Suppols avec les Cagôttjt iae voulurent fms^perittettre un si gt*and maHieur, naais^out eMé toontraints d'admettte lesdiis do^Meui en ta Uioaardiie, excepté les sabrieux qu'on n'a pas touhi recevoir. Tellement que pour estrepar Afit Argotier, il faut savoir le jargon des blesches ou merciers, la truche comme les gueux, et la subtilité des coupeurs de bourses*

Après <]«e les amena ^^goDbirs oat rendu tXMBiptfe de leurs vtoalions, les nouvéàut venus é'apprddb^t et fichent ci*q nmds en la adi-* fumey puiç-en teur bitîfairé le serment démette ao|rte.

Premièrement Hs mettent un bo^t^ de leur bâton ou sabré dans la dure> )>uis on leur (ait lever la louobe gauche, et non la droite, parcequ'ils disent que e'est une erreur de cour, puis ils rouscafillent^'leur manière : J'atiime au iripeligour;ipm& dçTedief : J'<Ukme au inpeUgourdu-êûttL

A|Mré8 en leur fait promettre et {turer de

voolurenl lier le vol avec Targot, en un mot, joindre les larrons à ceux qui mendient leur vie , à qooi s'opposèrent les bons garçms; les Archî-Su{q>ôtsei les^Gagoux ne voulurent pas d'abord permettre un aussi grand malheur, mai^ fls furent feoroés par ta suite d'admettre lesdits voleurs à foire partie de la monarchie , en exoeptant toutefois les voleurs des bois , qu'ils ne voulurent pas recevoir. Ainsi , pour être «la9nte^a1lt un [paHâît Argetier , il faut savoir pafrler le langage ées bleschesou merciers, demander raundnecomaie^les gueux, ei posséder la subtilitédes coupeurs de bourses.

Après qiie les anciens Argotiers enit rendu compte del'einploi de leur temps, les nouveaux Tenus s'approchent et mettent cinq sons dans l'écuelle, puis on leur &it fa^re le serment de cette sorte.

Premièrement ils mettent un bout de leur bâton dans la terre, puis on leur fait lever la main gauche, et non la droite^ parcequ'ils prétendent que c'est une erreur de cour, puis ils jNvrlent ainsi. J'atHme au tnpeligour^ puis de reobef : J^aêtime au iripeligoia' du tout.

Après on leur KakX promettre et jurer de

rendre obéissance au Gagou de leur province , auquel ils Sont baillez en charge pour leur apprendre les toursdu métier. Or /cependant que Ton interroge les susdits ArgoUers, les marquises du grand Gôësré et des Gagoux ont soin d'allumer le rifle et faire rifoder la criole ; car chacun fiche son morceau: les uns fichent une courbe de morne, les autres un morceau de rouastre, les autres un morceau de cornant, les autres une échinée de baccon , les autres des ornies et ornichons; tellement que quand toutes leurs pièces sont rassemblées ils ont de quoifaire un chenastre banquet, avec des rouil* lardes pleines de pi vois et du plus chenastre qu'on puisse trouvei:; puis ils morfient et pictent si gourdement que toutime en bourdonne.

Après que les Estats sont finis , chacun se

, débat, et les Gagoux bîent en la province qui

leur a esté ordonnée et emmènent avec sésailles

leurs apprentifs pour les apprendre et exercer

en Targot.

Premièrement ils leur enseignent à aquiger de Tamadou de plusieurs sortes, Tune avec de Therbe qu'on nomme esclaire , pour servir aux Francs-Mitoux,. l'autre avec du eu-

rendre obéissance au Cagou de leur province, auquel ils ont remis afin qu'il leur apprenne lestpurs du mélier. Or, pendant que Ton interrogé les susdits Argotiers, les femmes du grand Coêsré et des Gagoux ont soin d'allumer le feu et de faire rôtir la viande, car chacun donne

son morceau : les uns donnent une épaule de mouton, les autres donnent un morceau de bœuf, les autres une échinée de pourceau , les autres des poules et poulets; aussi quand toutes ces pièces sont rassemblées U se trouve de quoi faire un bon banquet, car ils né manquent pas de bouteilles pleines dé vin et du meilleur qu'il soit possible de trouver, puis les argotiers mangent et boivent si bien que tout en tremble.

Après la clôture des États, chacun part, et les Gagoux vont dans la province qui leur a été assignée et emmènent avec eux leurs apprentis afin de les instruire et de leur apprendre à parler l'argot.

Premièrement ils leur apprennent à faire de l'amadou de diverses sortes , l'une avec de l'herbe qu'on nomme esclaire, pour servir aux Francs-Milonx, l'autre avec du savon, du sang

iant, du sang et un peu de grenue, pour servir aux Maiingreux et aux Piètnes.

Après leur enseignent à aquiger de oertaîoe graisse pour empêcher que les iiabins ne leur grondent et ne mènent du bruit quand ils pas* sent par les villages. Ils trollent cette graisse en leur guettllard dans ime corne, etquaod les les chiens la sentent ils ne disent mot, im con* iraire font fête à ceux qui troHeott

Et après leur ^ppreamai à fiùre dix mille tours, comme le rapporte le docteur JPour^te, en son livre de^; Fia des Gaca^^ où irraconte plusieurs histoires , entre autres ceUe^^y :

Il y avait en un certain torniquet, un gri(Ms qui ne fichait jamais que floutière aux bons pauvres, le Gagou du paquelin d'Anjou entreprit de se venger et lui jouer quelque tour chenastpe, et pour y parvenir approchant du torniquet il divisa sa troupe en deux et fit trimarder la moitié par derrière le creux , et l'autre par devant, qui bient demander la thune a la lourde du gripis , qui aquigent une querelle d'Allemands et s'entreba tient entre eux. Le gripis sort avec sa marquise et sa cambrouse pour

et on peu d'avoine, pour servir auxMalingreux et aux Piètres.

Ils leur enseignent après à préparer de cer* laines graisses pour empêcher que les chiens n'aboient et ne fassent du bruit quand ils pas« sent par les villages. Les Argotiers portent cMte graisse dans une corne qu'ils mettent dans leur bissac et quand les chiens la sentent ils ne disent mot, ils font au contraire grand fête k ceux qui la portent

Puis après ils leur apprennent à faire dix mille tours, comme le rapporte le docteur Fourette, en son livre de la Fie des Gueax^ où il raconte plusieurs histoires, entre autres celleci :

H y avait en un certain moulin, un meunier qui ne donnait jamais rien aux bons pauvres , le Gagou du pays d'Anjou , entreprit de se venger et de lui jouer quelque bon tour , pour y parvenir il s'approcha du moulin , divisa sa troupe en deux et fit marcher une moitié par derrière la maison et Tautre par devant, cette dernière alla demander l'aumône à la porte du meunier , bientôt ils simulèrent une querelle d'Allemands et feignirent de se battre entre eux. Le meunier sortit avec sa femme et sa

mouchai lier les Argotiers se baUre, el cependant les autres qui étaient par derrière entrent dans le creux, doublent de la grance, de la baitouse, des limes , de Tartie, et autres choses, et puis tout doucement happent le taillis , et bient attendre ceux qui se battaient sur le grand trimar. Il raconte encore plusieurs histoires, comme celle d'un qui monta avec des tire-fonds en une potence, pour couper le bras d'un pendard et s'en servir en une grande boule en la vergue de Niort, d'un autre qui contrefit l'operateur en un pipet, et trompa la rupine qui lui avait prêté son gallier et fiché du michon pour abloquir des drogues en la vergue de Saumur pour guérir son marpaut qui avait grand mal à son chivre. Et plusieurs autres que je laisse pour n'être point prolixe. Pour vous dire encore un de leurs tours qui se pratiquent entre les doubleux seulement , c'est que quand U passe quelqu'un du serment de la petite flambe par un carrefour qui soit proche d'une vergue, ils écrivent avec leur sabré une certaine marque ou chiffre dans le trimard, que les autres doubleux reconnaissent quand ils la mouchaillent , et jugent bien par la marque que un tel est ici, oiî un tel s'en est

servante pour regarder les Argotiers se battre , pendant ce temps ceux qui étaient par derrière entrèrent dans la maison, volèrent de l'avoine, de ta toile , des chemises , du pain et d'autres choses, puis tout doucement se sauvèrent dans le bois et allèrent attendre ceux qui se battaient sur le graitd chemin •

Le docteur Fourette raconte encore plusieurs histoires , par exemple celle d'un Àrgotier qui monta avec des tire-fonds à l'extrémité d'une potence pour couper le bras d'un pendu et s'en servir en une grande foire qui devait avoir lieu dans la ville de Niort; d'un autre qui contrefit l'opérateur dans un château dont il trompa la dame qui lui avait prêté son cheval et donné de l'argent pour acheter, à Saumur, des drogues propres à guérir son mari qui avait grand mal à son membre viril; et plusieurs autres que je laisse pour n'être point prolixe.

Pour vous dire encore un des tours qui se pratiquent entre les voleurs seulement, c'est que quand il passe quelqu'un d'entre eux par un carrefour qui soit voisin d'une ville, ils écrivent avec leur bâton une certaine marque ou chiffre sur le grand chemin, que les autres voleurs reconnaissentquandilslaregardent,cequi

allé d'ici j car voilà sa marqua ou chifTre Tait de telle fiiçoQ.

€)raiMn A prièrt d€0 2lr0ôtter0«

0 grand Aure! encore bien que les marpauls de la dure ne soyent que floutière au regard de tezière, néanmoins, mezière, pauvre chétifargoiier , reconnaissant que mon morfiage toutime vient de ta louche sacrée et libérale, j*ose prendre la hardiesse, prosterné aux palerons de ta grandeur, de te remercier de m'avoir fouque la morfe jusqu'à présent; en après je te demande pardon de tous les maux que j*ai aquigé contre tes divins commandemens , soit en doublage ou autrement; et te supplie humblement de récompenser ceux à qui j'ai doublé quelque chose et ceux qui m'ont fiché du michon ou de l'artie. 0! chenastre Jésus! vray Haure et marpaut ! garde mon âme du glier infernal, et mon pauvre corps de tomber entre louches du rouin, craignant qu'il ne me fit espouser la veuve en l'abbaye de'monte-à-regret, ou ficher le bouy ou la tape par quelqu'un.

0! Dabusche de l'Univers! veuillez inciter les rnpiiis et marchandiers de me ficher mes né-

leur fait juger que un tel est dans la ville , ou qu'un tel vient de la quitter.

€)râÎ0on rt prièrt des 2lrj|otirr0,

Oh I grand Dieu ! bien que tous les hommes de la terre ne soient rien à tes yeux , néanmoins 9 moi , pauvre et chétif Argotier, reconnaissant que toute ma subsistance vient de ta main sacrée et libérale, j'ose prendre la hardiesse, prosterné aux pieds de ta grandeur , de te remercier de m'avoir donné la nourriturejus^ qu'àprésent; et, après, je te demande pardon de tous les maux que j'ai causés contre tes divins commandemens , soit en volant ou autrement, et je te supplie humblement de récompenser ceux auxquels j'ai volé quelque chose et ceux qui m'ont donné de l'argent et du pain. Oh! bon Jésus! vrai Dieu et homme! garde mon âme du diable infernal, et mon pauvre corps de tomber entre les mains du sergent, car je crains qu'il ne me fasse pendre à une potence, oji donner le fouet et la marque par quelqu'un.

Oh! Roi de l'univers! veuillez exciter les dames et les marchands à me donner mes néces-

cefiskéB, ain que îe m sfm réduit par ane irop grande nécessité à esire mk>Q de boulle, pour casser la hane ou attrimer quelque chose. O ! patron céleste 1 je vous demande ces gr&ces tou^ times par le mérite infini de hi cosne de votre sacré nom.. jàm^n.

Pt9M ENTRE MATHURIN LE RECHINE13X

Le dix-huijUème jour de juillet, de cette aunée ou de l'autre » au castu d'une petite vergne d'AiyoUp sarenconlffèrent leCagou de Piormandie avecsa marquise^assisté de deux Archi- Soppost» un MiUard-Manceau , et un Narquois- Tourangeau, avec UJte marquise Poitevine; ea morfiant eosemble , le MiUard reconnut cetle loarquise qui a voit été la sienne , il Jui rous* caiUa ainsi : £b bien donci ma petite Perrine» œ veux-tu iiasliienâ moye? Elle le mottchaiUa d'un visage refrogné , répondant à sézière : ô chetif liubiii ! j'aimerois mieux que tu eusses morfié de chenai que tu m'eusses couper , ô

sites, afinqo'uiie trop grande misère ne me réduise point à devenir ooupeur de bourses ou à prendre quelque ebose. Oh l paUron céleste , je vous demande UNrtesoes grâces par le mérite infini de la mort de votre sacdi^ nom. Amen,

Pr0<f6 £NTA£ MATHURIN LE RËGHIMEUX

Le dix-huîtième jour de juillet de cette année ou de l'autre, à f hôpital d'une petite ville de l'Anjou , se rencontrèrent le Gagou de Normandie avec sa femme , assisté de deux Arehi- Suppôts , un Millard-Manceau et un Narquois- Tourangeaa avec une femme Poitevine ; en mangeant ensemble ^ le Millard reconnut cette femme qui avait été la sienne , et lui parla ainsi : Eh bien donc \ ma petite Perrine, ne veux-tu donc pas venir avec moi? Elle le regarda d'un visage refrogné, et lui répondit : Oh! chétif chien , j'aimerais mieux mourir ; le Millard alors dit au Gagou , sur ma foi , mon doux mat-

qui une ! le Millard rouscaille au Cagou : Sur ma foi, mon doux maistre Cagou, aquigez rendre à mèzière cette marquise; il y a quatre ans que j'ay attrimé pour mienne et l'y aura assigné son douaire pour le moins sur trouvas de la chenée de téatre> que j'avas en noustre villège, mais une sorgue que j'étois peaussez en une grenasse comme j'y roupillois , ben Perrtne se leva et entrolla mon gueullard et ma belle rouillarde où étoit point l'entiffle de Saint-Jovillan du Mans ; par quoi, mon cher Cagou, je demande à vouzailles justice.

Sur quoi le Cagou commanda à la Poitevine de rouscailler la vérité : Monsieur , fit-elle, or l'est bien vray pourveu que j'avou Manceau m'avoit altrimée pour sa marquise , mais que m'avoit pas dit qui me ficheroit tant de sabré sur l'andosse; prigneu mon Cagou , il m'a tant sabrée que j'ay esté contrainte de happer le taillis et ambya par le derrière, et comme you trimardois le long de qui 6 grand trimard , qui meine de la vergne de St.-Maixan t à qui ô grand village de Poiciée , you advisi yquou Narquois qui basourdissoit le gaux le long d'une pecoure, et comme il m'eusi mouchaillée il me disoit rVainca vain, ma sœur, t'asseoir jouy au-

ire Cagou , veuillez me rendre cette femme que j*ai pris pour la mienne il y a quatre ans ; mais une nuit, tandis que je dormais dans une grange , Perrine se leva et emporta mon bissac et ma belle bouteille sur laquelle était peinte l'église de St.-Jovillan du Mans ; c'est pourquoi ^ mon cher Cagou , je vous demande justice.

. Siijr quoi, le Cagou cqmmanda à la Poitevine de dire la vérité : Monsieur, djt-dle, c'est bien vrai, \p Manceau m'a. pris pour S9 f^mme , mais il ne nVavait pas dit qii'iLmedonnerait autant de coups de bâton sur les épaules; il m'a tant battue , Monsieur le Cagou , que j'ai été forcée de fuiret de me sauyer pai* le derrière, et comme je marclvsiis le lo^ng du grand chemin qui mène de la ville de St.-Maixant au grand village de Poitiers , je vis ce Narquois qui tu^it ses poux le long d'une prairie , et qu^nd il m'eut regardée, il me dit : Viçns., ma sœur, l'asseoir auprès de moi, son état mç parut plus beau que celui du Manceau qui m'appelait toujours grande pu-

près de méziére ; ô t'eslal bel plus beau que quio Manceau qui m'appelait toujours grande ponîfle et grosse eliane y you m'assis sur la dure, puisôfellut rasîonné d'unecarae et d'une ornîe qu'il avoit en son gueullard et pvis me demanda en morflant sf j'entertois à casser la hane, yon l'y répondis neny, que iquou Rfan* ceau ne m'avoit appris que floutière; lors me disit que si voulois trimander ô sézière qu'il m'auroit bientôst appringu à casser la hane et débrider la lourde sans tournante, et me feront passer du serment de la petite flambe et encore b faire défleurir la Picoure. Yen tj répondis jaspin, you veux ; et pour retourner jaflOfais avec fqoou Manceau j'aymeroîs mieux être cosnie tout à l'heure, ou bain estre vive enterrée. Alors le Narquois rouscaille a« Cagou ayant le comble en la loiiehe en cette feçon.

Très-haut , très*puissani, excellent j illustre, magnanime et vertneux seigneur, il plaira è la grandeur de votre révér^ence el cagoutise , d'avoir ptié de Cette pauvre marqtftse} car si l'on juge les caosespar leurs effets, et Tintérieur des marpaots parles actions qui mettent en dehors, il est aisé à juger de la malice de ce Manceau par les mauvais traitemens qu'il a aqnrgé

lain , aussi j'allai oi'asaeoir a»? la lerra ei lorsque le Naniuois m'eut firil manger ■» part de la TÎandeel d'une poule qu'il a^ait danason bissac, îl ne demanda si je sania couper une bourse Je lui réiMsadisque noD, quemos lianceau ne m^afait ri^n appris; alors il me dit que si je^outais alléraveelufil m'aurait bientôt ap* pris è couper la bourse > à ouvrir une porto sâna clé, me ferait recevoir dans la petite flambe^ et encore à voler le linge étendu sur les haies. Je lui répondis que oui. Aussi plutôt que de retourner airecleManceau , j^airoeraia mieux être tuée tout à l'heure, ou bien être enterrée viie. Alors le Narquois ayant le chapeau à la main parla de cette façon au Gagou .

Trèa-haftit» très*p«iflsant» wceUsot^ îHust^» tnagunime el vertueux seigneur » il phnra à la grandeiu* de votre révérence el cagoutisey d'avoir pitié de cette pauvre femme, car si l'on juge les causes par les effets , et l^in^ térieur des hommes par leurs actions ^ il est aisé de juger de la malice de ce Maneeau par les mauvais traitemens dont il a accablé

contre îoeluy, lui aquigeant une înfinilé de maux ou entre lesaulres on luysant comme die eut fait riffoder de lacriolle rpstie, elle la laina un peu trop riffoder, elle Ait contrainte de la morfier toutime , au grand préjudice dettnté. Par quoi, mon cher Cagou, il voua plaira d'ordonner en Bà fiiveur qu'elle biera avec celai qu'elle trouvera le (dus chenastre, sans toutefois déroger aux lois argotiques auxquelles je trolle et trotterai toujours l'honneur que je leur dois; nonobstant l'audace de quelques Narqu<HS qui ont voulu abaisser l'autorilé de cette monar* chie i laquelle je me soumets.

SBlfTENGE RENDUB PAR LK SIKUR CkGM.

Phileppot Coupe- Jarret , par l'advis des frères et ordonnances des E^tats Généraux de la province de Normandie , après avoir mon* chaiilé ledébat meu entre Ma thelin leRechineux Millarddesa condition, et Collas teSouffreteux, Narquois de sa condition, d'autre part, pour le regard d'une marquise prétendue par sezailles; après avoir entervé les raisons d'une part et d'autre, et de l'avis de nos bien amez

cette femme, en lui causaat une infinité de maux. Un jour, par exemple , elle faisait euire de la viande» et comme elle la laissa un peu trop rôtir , elle fut contrainte de la manger toute au grand préjudice de sa santé^Pourquoi^moncber Cagou , il vous plaira d'ordonner en sa faveur qu'elle pourra aller avec celui qu'elle trouvera le meilleur, sans toutefois déroger aux loisargotiquesauxquellesj'accordeetaccorderai toujours l'honneur que je leur dois ; nonobstant l'audace de quelques Narquois qui ont voulu abaisser l'état de cette monarchie, à laquelle je me soumets.

SCNVEtlCE RMWE PAU LE 8IEUR C/kGOU.

Nous, Phelippot Coupe- Jarret, de l'avis des frères et ordonnances des États-Généraux de la province de Normandie, après avoir entendu le débat élevé entre Mathelin le Rechineux , Millard de sa condition, et Collas le Souffreteux, Narquois de condition, d'autre part, à l'occasion d'une femme prétend ue par eux; aprèsavoir entendu les raisons de part et d'autre , et de Tavis de nos bien aimés Silvain Tropet et Thi-

Sylvain Tropet et Thibaut Garut, qm bien d nousaiiles , afons ordonné ei ofdosnon» : que ladile marqntfle demeurera avee son Narquois GOtnme le trouvant le plus cbenastre â son gré, pour bien morfier, peausser, roupiller, el aquiger le toutime qui voudront ensemble, sans trouble ne empdchement, même pour les hard0S que ladite marquise a entrottées; oeui qui sont à son usage eommo ses limes , son garde proye, deux mtrquins de batteuse toute battante, une paire de passKks tout battant , deux empQves et plusieurs autres petites besognes, demeureront à sézière ; et pour les bardes à Tusage du marpaut , qui étoient dans le gueullard : comme un vieil georget, un haut de tire , sa belle rouiUardo, sa eorne à trotter la la graisse, et autres choses à son usage, condamnons ladite marquise de la rendre à sczière ; et pour les épices ordonnons qu'elle foncera tout présentement deux r?gois>poor estre employés à la morphîe pour la compagnie; savoir ; une menéede ronds pour abloquirdeux parionds , à cause qu*il y a fevce qHSces[> et un combriez pour aUoquir deux gouptines do pi« vois, et trois curmes qu'elle même biera entroller de la {dus prochaine piollû, et au défaut

bauk Garui qui mrchent avec nous, avcms ordaoaé et ordonnons i|ue ladite femme deneu* ren avec 8<m Narquois , œmme te trotnoni te meilleur i stm gré pour biea manger, dormir. Ils pourront donc faire easembâe tMtt ce quMIs voudront sans trouble ni empêchement ; quant aux bardes que ladite femme a emportées, elle gardera celles qui sont à usage comme ses chemises, son jupon, deux bonnets de toile neuve, une paire de soutiers neufs, deux draps et plusieurs autres petits objets; mais elle rendra au Millard toutes les bardes à son usage, qui étaient dans lebissac, comme un vieux georget, un haut-de-chausses , sa belle bouteille, sa corne à mettre la graisse et autres choses à son usage; et pour les épices ordonnons que ladite femme donnera présentement deux écus pour être employés à payer un repas qui sera offert à la compagnie; savoir : deux douzaines de sous pour acheter deux pâtés, à cause qu'il y a force épices , et un quart d'écu pour acheter deux pintes de vin et trois poulets qu'elle-même ira prendre dans la plus prochaine auberge et au défaut de ne pouvoir trouver du vin, elle prendra de la bière douce , et du reste de Targent qnelquemorceaude viande. Donné à l'hôpital et

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de ne trouver du pivois entroUera du doux bière, et du reste du michon quelque lopin de criolie. Donné au castu et creux du grand Haure, le mir d'une sorgue, après la morfe, ces jours et ans que dessus.

Signé Philipvot Goup«>JaiTet, SiLVàia et Tbibagt GàRANT en qualité d'Ardû-Supposl, M. le Ricai- NBCZy C. LM 8ovw9mwmXf RiimoÉDBy TAraoRS»^ PoiTBViiiB, Miout' SàouL d'Outami» gTclfier el receveur de l'A))bBje de Saîn|-L«8clie.

Maison du grand Dieu, le soir d'une nuit après le souper, ces jours et ans que dessus.

Signé Phelivpot Coupe- Jarret^ Siltain et Thibault Gaieut, en qualité d'Arckî-Suppoty M. lb Rbchi-

RBUX, Gk LB SourrRETCm, RADBOOIIDBy TBioomiBy

PoiTBTMBy MicHAUD Laïade-TraTAïUer , greffier et recereur de l'Abbaye de Sainl-Laicbe.

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