‹ Les voleursChapitre 73 sur 208 · GRE · texte numérisé non relu

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réunions publiques ou parUcuUères. 11$ sont de toutes les fêtes, de tous les bals , de toutes les noces; plusieurs ont été saisis ÎHjlagranU delicio dans des réunions très comoie il faut , et cependant ils n'étaient connus ni du mattre du salon dans lequel ils se trouvaient, ni d'aucuns des invités.

Les Grecs voyagent beaucoup, surtout durant là saison des eaux; on en rencontre à Bade, à Bagnères , à Saint-Sauveur, au Montd'Or, ils ont, comme les francs-maçons, des signaux pour se reconnaître , et quand ils sont réunis plusieurs dans le même lieu, ils ne tar-> dent pas à former une sainte-alliance et à s'en* tendre pour dévaliser tous ceux qui ne fbnt pas partie de la ligue; ils emploient alors toute l'industrie qu'ils possèdent, et ceux qui combattent contre eux ne tardent pas à succom-^ ber. Comment, en effet, résister à une telle réunion de capacités ? Lorsque les Grecs vous donnent des cartes , ils savent avant vous ce que vous avez dans la main ; dans le cas con-* traire, leur compère, qui a parié pour vous >ine très-petite somme, leur apprend au moyen des Seris ( voir ce mol ) tout ce qu'ils désirent savoir.

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GRELU,s. m. — Blé*

* GRENASSE, s. f. — Grange.

* GRENU, s. m. — Blé.

* GREPTUCHE, s. f. — Avoine.

* GRENUSE, s. f. —Farine.

GRÈS, s. m. — Cheval. Terme des voleurs de campagne de la Norm9ndie.

GRIFFER , v. a. — Saisir, prendre.

GRIFFON , s, m. — Chat.

GRIFFONNER, v. a, — Écrire.

GRIMOIRE, GRIMOIRE MOUCHIQUE, s.

m« — Code Pénal. Livre de police dans lequel sont inscrits tous les gens suspects , et ainsi que les condamnations prononcée^ contre eux,

GRINCHIR , V. a. — Voler. J'ai réuni dans cet article quelques détails sur divers genres de vois. Quelques-uns se commettent encore tous les jours ; d'autres n'optété commis que ^ 4pux qui les ont inventés.

Grinchir au Boulon. Le GrincAissage aa Bçulon a été inveqté , dit-on , par un individu dont les antécédens sont bien connus , et qui a pour la pèche une passion pour le moins aussi grande que celle de certain député juste-oii-i

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lieu. Au reste, si findividu doBt je parle n*est pas rinventeur du Gtinchissage au Boulon » il a du moins excellé dans sa pratique , comme il excella par la suite dans la pratique des vols à la Tire et au Bonjour^

Pour }^rinchir au Boulon, il ne s'agit que de passer par Tun des trous pratiqués dans la devauiore des boutiques, pour donner passage aux boulons qui servent à les fermer, un fil de fer ou de laiton, terminé par un crochet qui sert à saisir l'extrémité d'une pièce de dentelle qu'on amène ainsi à l'extérieur avec une grande facilité.

11 ne s'agirait , pour se mettre à l'abri de ce genre de vol, que de boucher à l'intérieur l'entrée des boulons par de petites plaques de fer.

GiuffCHiR A LA Cire. Un ou plusieurs individus se rendent chez un restaurateur, déjeunent ou dînent, et s'emparent d'une ou de plusieurs pièces d'argenterie qu'ils collent sousja table au moyen d'un emplâtre de cire ^^^ poix. Si le maître de l'établissement s'aperçoit du vol qui vient d'être commis à son préjudice , les coupables n'ont rien à craindre, quand Inen même ils seraient fouillés. Il est inutile de dire qu'un compère vient quelques

instans après leor départ , enlever les pièces d'argemerie.

Le Grinehissage à la Cire fut invaité , il y a vingt années environ , par une jeune et jolie personne ^ qui le pratiquait de concert avec sa mère ^ qui était chargée de venir prendre Targenterie* Ces deux fi^mmes exercèrent paisiblement pendant deux ans ; mais enfin elles sabirent le sort de tous lés vdeurs : elles fureat arrêtées et condamnées. Elles confessèrent, durant Tinstruction de leur procès , deux cent trente-six vols de cette nature.

Grinchir a la Limonade. Un individu dont ia tournure est celle d'un domestique , se présente chez un limonadier, auquel il commande dix, douze , ou même quinze demi-tasses pour Monsieur un tel , qui demeure toujours dans la môme rue que le limonadier auquel il sV dresse, mais à rextrémité opposée. Cda iait, il prend les devanaet.va se poster sur la porte de l#iûaison dont il a indiqué le numéro , et, lorsqu'il voit venir le garçon , il va au-devani de lui, prend ta corbeille quMl porte, et le prie d'aller chercher de l'eau-de-vie qu'il a oublié de commander. Le garçon, sans défiance, abandonne sa corbeille , et s'empresse d'aller

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chercher ce qu'on lui demande. Ce n'est que lorsqu'il arrive avec Le flacon d'eau-de-vie qu'il apprend, du portier de la maison indiquée, qu'il vient d'être la victime d'un audacieux voleur.

Les traiteurs qui envoient de l'argenterie en ville sont aussi très-souvent victimes des GrinchisseuTS à la Limonade* Il ne faudrait ce^ pendant, pour éviter leurs pièges, que monter toujours dans les lieux indiqués les objets demandés , et de prendre, auprès du concierge de la maison, des renseignemens minutieux.

Cette dernière précaution surtout ne devrait jamais être négligée. Souvent des intrigans toueut un appartement, le font garnir de meubles appartenant à un tapissier. Ils se font ensuite apporter une ou deux fois à diner par le restaurateur voisin , puis enfin une troisième. Mais alors le nombre des convives est plu3 considérable , et , pour ne point donner naissance aux soupçons, celui des Grinchisse^^ qui joue le rôle de l'Amphytrion a soin de demander un garçon pour aider son domesiiqueà servir les convives. Le dîner fini» le domestique, qui est une des principales chevilles du complot, prépare l'argenterie et disparaît avec elle au

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moment convenu. Pendant ce temps les maîtres passent au salon pour prendre le café, et y amusent le garçon jusqu^à ce qu'ils aient, les uns après les autres, trouvé le moyen de s*évader.

GaiNCHiR A LA Desserte. Le Grinchissage à la Desserre n*est guère pratiqué qu'à Paris. Un individu , vêtu d'un costume de cuisinier, le casque à mèche en tête et le tranche-lard au côté, qui connaît parfaitement la situation de la cuisine et celle de la salle à manger de la maison dans laquelle il veut voler, s'y introduit à Theure du dtner, et s'il peut arriver dans la salle à Inanger avant d'avoir été remarqué, il enlève avec dextérité toute l'argenterie que les domestiques ont laissée en évidence, et trouve le moyen de disparaître sans laisser d'auu^ traces de son passage que le vol qu'il a commis.

Qu'on se figure, s'il est possible, la surprise extrême du maître de logis ; il veut servir le potage et ne trouve point la cuillère, c'est an oubli de la servante; il la sonne, elle vient, et après bien des pourpaîers on trouve le mot de l'énigme.

Ces vols étaient jadis beaucoup plus fréqueos

qu'aujourd'hui , par la raison loule^simpie qua les plus fameux Grinckisseurs à la Desserte se soni retirés des affaires , et se sont , je crois ^ amendés; l'un s'est fait usurier , et l'autre amateur de tableaux.

GRiNcma AU Voisin. Quoique ce vol ne soit pas de création nouvelle, il se commet encore presque tous les jours, et il n'y a pas bien longtemps que la Gazette des Tribunaux entretenait ses lecteurs d'un Grinchissage au Foisin , dont un horloger de la rue Saint-Honoré venait d'être la victime. Un homme vêtu en voisin , c'est-à-dire, suivant la circonstance, enveloppé d'une robe de chambre , ou seulement couvert d'une petite veste , entre chez un horloger et lui demande une montre de prix , qu'il veut , ditril, donner à sa femme ou à son neveu; mais, avant d*en &ire l'emplette, il désire la montrer à la personne à laquelle elle est destinée. Il prend la montre qu'il a choisie et prie l'horloger de le faire accompagner par quelqu'un auquel il remettra le prix du bijou, si , comme il n'en doute pas , il se détermine à en faire l'acquisition. Il sort, accompagné du commis de l'horloger, et après tout au plus cinq minutes de marchç, ils arrivent tous deux devant

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la porte coehère d'une maison de belle appt* retice; le voleur firdppe, et U porte est ouverte. « Donnez vous la peine d'entrer, dh-il auoomfhis de Thorloger. — Après-vous» Monsieur, répond celui-ci. — Entrez, je vous en prie, jesuis chez moi. — C'est pour vous obéir, ««fit enfin le commis qui se déterminé è passer le premier ; i peine est-il entré que le voleur tiire la porte et se sauve, et lorsque le comtnis a donné au oon* cierge de la maison dans laqiidle il se trouve, les explications {Mpopres k justifier sa préaetoce , «iplications quecelui*ci exige avant de 8e1léte^ mikier à tirer le cordon, le voleur est d^à depuis lon^-tempB à Tabri de toute atteinte.

Gatifcutii ÀI3X DEUX LouRMS.Unin^vîdaédftt la tournure et les manières indiquent un homme de bonne compagnie , arrive (ta poste duns une ville, et prend le plus bel appartement du meilleur iMMel; il est suivi d'un valet de chambre, ^ au^itôt son arrivée il a fait arrêter un domestiqué de louage ; ce noble personnage qui mené le train d'un mittibnnarre , daigtte ft peine parler aux Ivfttélfers ; il laisse A son valet de Cambré le soin de régler et de payer sa éé^M»e; mais ce éernier , qui n'addïfti^nne jaintis les MéiudiHn qu'il aéquitte , et qui ne pronenoé

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jamab le doiii dé wo mattre saas àur son chapeau , remplit de celte commissioo 4 la satisbction générale. Le8 voies ainsi préparées, Fétranger fait demander un changeur, qui se rend avec empressement à ses ordres , et auquel il montre une certaine quantité de rouleaux qui contiennent des piéees d'or étrangères ; le changeur examine , pèse même les pièces que Tétranger veut échanger contre des pièces de 20 francs; rien n'y manque» ni le poids, ni k titre ; le prix de change conveAO, oa prend )our M heure pour terminer. Lorsque le changeur arrive alléché par l'espoir d'un bénéfice considérsdile. Monsieur le reçoit dans sa chambre à coucher, assis devant un feu brillant , et enva* loppé d'une ample robe de chambre; le changeur exhibe ses pîèees d'or ; les comptes faits, le fripon laisse la aemme «ur une table, et in* ^lille le changeur à passer dans son cabinet pour fffendre les pnèoes étrangères qu'il 4oit recevoir; durant le tra|et de la chambre i eoucher au enlûnet, l'or du change v est enlevé per le valet de chambre; arrivé an eafcinet avec le changemr, le noble peraea^ nage a oublié la clé de son secrétaire , il s'ab- ■enfte fieur aller la chercher, mais au iieu de

revenir, il sori par une secondé porte et va rejoindre son valet de chambre.

Ce n*est point toujours à des changeurs que s'adressent les Grinchissears aux deux hordes. C'est ce que prouvera l'anecdote suivante.

Un individu arrive, en 1812 ou 1813, à Hambourg, son domestique ne parle, dans r hôtel où son maître est descendu , que des millions qu'il possède et du mariage qu'il est sur le point de contracter , mariage qui doit , dit-il , augmenter encore les richeÏBses de cet opulent personnage. La conduite du maître ne dément pas les discours du domestique, il paie exactement , et plus que généreusement ; Ter paraît ne rien lui coûter. Lorsque cet individu crut avoir inspiré une certaine confiance, il fit demander son hôte , et lorsque celui-ci se fut rendu à ses ordres, il lui dit qu'il désirait acheter plusieurs bijoux qu'il destinait à sa fu* ture; mais, que, comme il ne connaissait personne à Hambourg , il le priait de vouloir bien luiindiquer le mieux assorti, le plus honnéledes joailliers de la ville. Charmé de cette preuve de confiance, l'hôtelier s'empressa de fiûre ce que désirait son pensionnaire, et lui indiqua le sieur Abraham Levy . Le fripon alla trouver ce

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