‹ Les voleursChapitre 88 sur 208 · MEU— MIC · texte numérisé non relu

MEU— MIC

MEULARD , 8. m. — Veau.

MEUNIER , s. m. — Les Limousineurs notnoDeniaiosiie receleur qui leur achète ie plomb qu'ils volent sur les toils. Je suis le seul , peu(dire, qui ait fiut aux Linioasinewrs une guerre ouverte et iacessanle. Aidé des conseils d'un entrepreneur de couverlure , aujourd' hui magistrat consulaire, je pus mettre sous la main de la justice plusieurs centaines de Limousineurs.

Un individu nommé Bellement, Tun des Meuniers les plus connus, fixa mon attention ; je m'introduisis avec quelques agens dans son arriére*boutique , et à neuf heures du soir vingt*liuit Ldfhomiheurs^ nantis de plomb volé, étaient en mon pouvoir.

Les couvreurs qui font la Bêle ou la Linwu'^ sine j c'est-^i^ire qui volent le plomb des couvertures, eu coupent de longues bandes avec de bonnes serpettes, puisiU l'aplatissent et léser* rent à l'aide d'un clou^ k garçon couvreur est ordinairemttt chargé , par le compagnon , de sortir le rAi^m du chantier, ce qu'il fait en l'attachant sur son ventre à l'aide d'une courroie.

'^MÉZIÈRE,ad. — Mai.

MÉZIGUE,ad. — Moi.

«MlGHON,s. m. — Pain.

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MIE DE PAIN, s. m. — PoU.

MIKEL , s. ru. — Je conçois fort bien qut Ton accorde à celui qui montre à travers les verres d'une lanterne magique, monsieur le Soleil, madame la Lune et le palais de r Empereur de la Chine , qui avale des barres de fer et des lames de poignard , qui danse sur la corde ou exécute des tours de souplesse , le droit d'exercer son industrie sur la place publique : il ne fait de mal à personne, et quelquefois il amuse les badauds de la bonne ville -, mais ce que je ne puis concevoir, c'est qu'une police bien organisée accorde à certains individus le droit de voler impunément à la face du soleil* Il n'y a, je crois, que deux genres d'industrie, celles qui servent à Tutililé et à l'amusement, et celles qui ne servent absolument à rien ou plutôt qui ne sont]que les moyens dont se servent quelques individus pour escroquer de l'argent aux niais : c'est évidemment dans cette dernière classe que doivent être rangées celles qui sont exercées par ces marchands de pommade propre à faire croître les cheveux , de baume propre à guérir les cors aux pieds. Si les charlatans qui débitent ces spécifiques sont dangereux, combien sont plus dangereux en-

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core ces devins et devineresses en plein vent , qui prédisent au Jean- Jean qu'un jour il sera colonel, à la Servante d'un -homme seul que son maître la couchera sur son testament , à la fille publique qu'elle trouvera un entreteneur.

Lorsque vous passerez dans la rue de Tournon, arrôtez-vous au numéro 5 , et entrez chez mademoiselle Lenormand, vous trouverez toujours dans le salon plusieurs individus des deux sexes, de tout âge et de toutes condi tiens, attendant avec impatience l'instant d'être admis dans l'antre de la pythonisse ; allez vous promener sur les boulevards , sur la place du Cfafttelet ; arrêtez- vous au milieu du cercle qui entouré le sieur Fortuné, ou tout autre < élève t fevori du célèbre Moreau , qui a eu l'honneur « de tirer les cartes à sa majesté Napoléon , » et vous verrez toutes les mains tendues lorsque le Pitre offrira aux amateurs la carte révélatrice.

Les individus qui vont demander des conseils aux tireurs de cartes sont des imbéciles , sans doute, mais il ne doit cependant pas être permis de les exploiter; aussi, je le répète, je ne comprends pas l'indulgence de la police.

L'établissement d'un tireur de cartes se com-

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pose ordinairement d'une petite table i A% trois gobelet» de fer<-blQac ^ de quelques petites boules de liège ou muscades^ de plusieurs jeux de cartes, et d'un Pîtr^ ou paillasse ; c'est dans un quartier pc^uleux et à proximité d'un marchand de vin que l'Éteilla moderne exeroe ; le Pià^e commence ordinairement la séance par quelques laizis de mauvais goût» ou quelques chansons (dus que grivoises; c'est lui, qui, en termes du otiétîer» est chargé de faire 0^ier le trèpe y lorsque la foule est assez grande pour promettre une bonne recette , le d^ arrive et débite son Inmiment; le Pitre distribue les cartes et reçoit la rétribution fixée; cdâ fait y le devin explique à voix basse et hors es vercle^ là dame de carreail ou l'as de piqtie; si parmi les individus qui ont prie , moyennant deux sois » une carte du petit jeu ou jeu de pi* quet » il s'en trouve un qui écoute avec plus de recueillement que les autres les vagues ex|di<* cations auxquelles sa carte donne lieu , et qui paraisse ajouter une foi eniiôre auk discours du devin , celui«ci pi^opose de lui faire le grand jeu ; si l'individu accepte» un ^gnedu devin avertit le/'iV^vqutsait très^lnen l'acquitter de la tAohe qui lui est imposée. Il va trouver le Mikcl^ et

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tout eh buvant une cliopinè avccliii, il lui tire adroilement les vers du nez , et bientôt il sait ce qir'il est, d^où il vient, où il va et ce qn*il espère; il rapporte à son maître ce qu'il vient d'apprendre , et celui-ci est pris pour un grand homme par le Mikel^ qui ne se doute jamais qu'il ne fait que lui répéter ce que lui-même disait il n'y a qu'un instant, et il ne regrette pas ce qu'il a payé pour se faire expliquer une 00 deux cartes du jeu du tarot. Après le jeu da tarot il se fait fiiire le jeu égyptien, puis encore d'autres jeux qu'il trouve plus merveilleux les uns que les autres; si bien, qu'il quitte le devin pins pauvre de quelques pièces de cinq francs 9 mais bien convaincu que dans peu de temps il n'aura plus de souhaits à former.

Si les tireurs de cartes bornaient 6 cela leur industrie, cette industrie, il est vrai, ne serait rien moins que délicate , mais au moins elle ne serait pas dangereuse, et si Ton voulait bien être très- indulgent elle serait même bonne à quelque chose, ne fût-ce qu*àdonneràde pauvres diables ce qui ne saurait être payé trop eher : l'espérance; mais il n'en est pas ainsi, les devins ne se contentent pas toujours de faire naître, moyennant finances, l'espérance dans

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le cœur dailiiel, ils veulent bien âe charge!' de la réaliser. Lorsqu'ils ont IronVé un niais de force à croire qu'ils peiivent le faire aimer d'une femme , gagner à là loterie, ou décoti'* vrir un trésor caché, ils puisent à poignées dans sa bourse ^ ce sont tchis Ifes jours des con* sultationSy qui alors ne se dbnnent plus poar deux sous y mais qui sont payées foi^tcher; ce sont des présens qu'il làut faire au génie fami^ lier du sorcier, etc., etc. Il arrive souveni, très-souvent même , que lé âfiiet n'est désa^ busé que lorsqu'il est complètement ruiné.

On mit un jour sous les yeux de M. Angles, alors préfet de police, une pétition qui relatait toutes les ruses mises en œuvre par le sorcier que j'ai nommé plus haut , le sieur Fortuné , pour dépouiller un Mikel\ M. Angles indigné écrivit en marge de cette pétition : < Si cet esft camoteur ne rend pas ce qu'il a escroqué, je K l'escamote à Bicètre. » L'escamoteur rendît, pour ne pas être escamoté y ce qui pourtant ne Fempècha pas de faire de nouvelles dupes.

"^ MILLARI>, s. m* — Mendiant de l'ancien Paris, qui ne reconnaissait pas l'autorité du grand Coêsré.

MINCE , s. m. — Papier à lettre.

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