MOU— MUE
les agens de la police se servent , est aussi celui des voleurs du Languedoc.
MOUISE , s. f. — Soupe économique , à la Rumfort.
MOULIN , s r. — Le Moulin est la maison du Meunier.
MOULINER, V. a.' — Parler long-temps, sans raison.
MOUVOIR, s. m. — Batelier.
MOUSCAILLE , s. f. — Matière fécale.
MOUSCAILLER , v. a. — Aller à la selle.
MOUSSANTE , s. f. — Bierre.
MOUSSELINE, s. m. — Pain blanc.
MOUTON , s. m. — Espion placé par la police près d'un prisonnier dont il doit chercher & acquérir la confiance , afin d'en obtenir des révélations.
* MOUZU , s. m. — Téton.
MUETTE (la). — La conscience.
NAGEOIR, s. m. — Poisson.
^ NARQUOIS, s. m., ou Homme de la Petite Flambe — Sujet du grand Coêsré qui contrefaisait les soldats estropiés, et mendiait Tépée au côté.
NAZARETH, s. m. Nez.
NAZE, s. m. — Nez.
*NAZICOT,s.m. — Nez.
NÈGRE BLANC , s. m.— Celui qui se vend pour remplacer.
NÉGRESSE, s. m. — Paquet de marchandise enveloppé d* une toile cirée.
NEP. — Nom des voleurs^juifs qui eiercenl le irac dont je vais parler, et qui consiste à vendre très-cher une croix d'ordre, garoie de pierreries fausses. Deux individus s'entendent ensemble pour duper un aubergiste , un épicier ou un marchand de tabac; et voici comment ils s*y prennent pour atteindre le but qu'ils se sont proposé. L'un d'eux, qui se fait passer pour un marchand joaillier retiré , se met en relation avec la personne qui doit Mrc dupée , et il ne néglige rien pour acquérir sa confiance. Il sonde le terrain et cause beaucoup afin de parvenir à savoir quel est le plus crédule, du mari ou de la femme, quel est celui des deux qui tient les clés de la caisse. Celui des deux fripons qui s*est chargé de ce rôle est liant, communicatif, et son extérieur annonce presque toujours un homme rond et aisé. Quand il n'a plus rien à apprendre , et que la place ne lui parait pas invulnérable , il avertit son compagnon, etau jour et à l'heure convenus entre eux, un individu, vêtu d'un costume problématique, mais qui peut, à la rigueur, être pris pour celui d'un Russe ou d'un Polonais, se présente chez la dupe en herbe. H entre d'un air myistérieux et craintif, se fait
servir un verre de vin ou de liqueur, qu'il boit en laissant tomber quelques larmes qui arrosent une croûte de pain dur et noir. S'il est re^ marqué, la moitié de la besi^e est faite. Comme la curiosité est le plus commun de tous les dé&uts, le maître ou la maltresse de la maison ne manque pas de demander au pauvre homme le sujet de ses peines* Il ne répond que par le silence aux premières interrogations, mais il verse de nouvelles larmes. Le joaillier relire, qui est doué d'une extrême sensibilité, et ne peut supporter une scène aussi attendrissante, sort poiir quelques instans. L'étranger, qui semblait attendre sa sortie pour se montrer plus eommunicatif , raconte alors son histoire. Son langage est presque inintelligible; mais gréce à l'attention avec laquelle il l'écoute, son auditeur finit par parfaitement comprendre tout ce qu'il dit. L'étranger est le derliier rejeton d'une illustre famille polonaise. Tous ses parens ont été tués au siège de Varsovie ou à celui de Praga, ad Ubiiam. Pour lui , il fut blessé dangereusement, fait prisonnier et envoyé en Sibérie. Grâce à la force de sa constitution, il fut bientôt guéri. Mais, dans l'espoir de mettre en défaut la vigilance de ses gardes ,
il feignit d'être toujours malade et souffreteux. Celte ruse eui un plein succès ; ses gardes , croyant qu'ilétaîl ineapable de faire seulenient deux lieues, ne le surveîHèrént plus. Cette négligence lui facilita les moyens de s'évader, ce qu'il ne manqua pas de faire à la première oc* eaaioD. Après avoir supporté toutes les peines et toutes les fatigues possibles, il atteignit enfin la frontière de France ; mais la route longue et pénible qu'il vient de faire l'a beaucoup fatigué y et il se sont incapable d'aller plus loin. Arrivé à cet endroit de son récit, le polonais dit qu'il aurait pu se procurer quelques soulagemens en vendant un bijou précieux qu'il a sauvé du pillage , au moment où son infortuné père est tombé sous les baïonnettes russes ; mais pour vendre ce bijou il aurait fallu qu'il se découvrit , ce qu'il ne pouvait faire ; mais , ajoute-t**il pour terminer son discours, aujour* d'hui que îe suis à l'abri de toutes orairiles, je suis décidé à mé séparer de ce bijou ; mais je n'ose cependant le vendre mqi-méme , cai' je ne crains rien tant que d'être forcé de itie réil* nir aux autres réfugiée polonais. Après avoir achevé son discours , le malheureux proscrit baise mille fois le précieux bijou qui vaut, dit-
il, iOO,000 francs au moins; 100,000 francs ! ces trois mois éveillent la cupidité de celui ou de ceUe auquel il parie; le bijou est examiné avec sein ; c'est , le plus souvent , une étoile de Rûse^roix semblable à celles dont se parent les Francs-Maçons, et qui peut bien valoir 60 à 80 francs. On en est là lorsque le joaillier retiré entre; on lui présente la croix , il la prend et à peine Ta-t-il entre les mains qu'il jette un cri d'admiration : «Yoîlà, dit«il, un bijou magnifique; que oes diamans sont beaux! ces rubis sont d'une bien belle eau ; ces émeraudes sont parfiiites. « La dupe émerveillée lui raconte à Toreille ce qui vient de se passer entre elle et Tétranger; alors un nouvel examen a lieu, et il est accompagné de nouvelles exclamations.
Pédant que tout cela se passe , le polonais n'a pas cessé de pleurer ; il prévoit , le malheureux , qu'il est sur le point de se séparer de son bijou chéri ; il baise encore une fois la croix, et enfin il offre de la donner pour 5 ou 6,000 fr. ; nouvel examen du joaillier , qui soutient è la dupe que cet objet vaut au moins 30,000 fr. ; il regrette de n'avoir sur lui que A ou 500 fr« , et de n'avoir pas le temps d'aller chez lui chercher de Targent , car il ne manquerait pas une