Les voûtes en berceau et d'arêtes sans doubleaux
Est-il vrai, comme le prétendent la plupart des archéologues, que les voûtes en berceau sans doubleaux doivent être considérées comme les plus anciennes et quelles sont les raisons qui ont pu déterminer les architectes du xii^ siècle à prendre ce parti ? Telles sont les questions que je voudrais discuter, parce qu'elles se rattachent à la prétendue antériorité de l'école auvergnate sur les autres écoles romanes.
Il faut remarquer tout d'abord que les constructeurs romains appareillèrent six types différents de voûtes en berceau. Le premier forme un berceau continu en plein cintre ou en cintre surbaissé sans doubleaux, comme dans les amphithéâtres et les théâtres antiques. Dans les caves du forum d'Arles, étudiées par M. Jules Formigé, le percement de soupiraux produit de nombreuses pénétrations dans une voûte de ce genre. Une seconde variété comprend les voûtes qui renferment des arcs de brique noyés dans leur épaisseur et reliés par des chaînages, comme au Palatin à Rome (i). Dans la troisième catégorie, on peut ranger les berceaux formés d'une série d'arcs juxtaposés, par exemple au pont du Gard, système qui fut adopté au xn^ siècle dans les arches du pont Saint- Bénezet, à Avignon. Une variante est encore visible dans
(l^ Cf. Choisy. Varl de bâtir chez les Romains, pL VI.
la voûte du temple de Diane à Nîmes qui se compose d'arcs en plein cintre flanqués de deux retraits où viennent s'engager les claveaux d'arcs plus faibles. Le cinquième type, beaucoup plus répandu, est constitué par des arcs-diaphragmes dont l'intrados et les écoinçons portent de larges dalles de pierre, comme dans le grand couloir circulaire du rez-dechaussée de l'amphithéâtre d'Arles : c'est le parti adopté dans les basiliques de Tafkha et de Chaqqa en Syrie au VI® siècle qui se retrouve dans une salle du château de Salon, en Provence (1).
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