‹ Les voyages extraordinairesChapitre 60 sur 79 · SOI · texte numérisé non relu

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donner le signal du départ. Mais c'eût été désespérer Harberl, le tuer peut-être.

a En route! » dit Cyrus Smith.

La porte du corral fut ouverte. Jup et Top, qui savaient se taire à propos, se précipitèrent en avant. Le chariot sortit, la porte fut refermée, et l’onagga, dirigé par Pencroff, s'avança d’un pas lent.

Certes, mieux aurait valu prendre une route autre que celle qui allait directement du corral à Granite-house, mais le chariot eût éprouvé de grandes difficultés à se mouvoir sous bois. Il fallut donc suivre cette voie, bien qu’elle dût être connue des convicts.

Cyrus Smith et Gédéon Spilett marchaient de chaque côté du chariot, prêts à répondre à toute attaque. Toutefois, il n’était pas probable que les convicts eussent encore abandonné le plateau de Grande-Vue. Le billet de Nab avait évidemment été écrit et envoyé dès que les convicts s’y étaient montrés. Or, ce billet était daté de six heures du matin, et l’agile orang, habitué à venir fréquemment au corral, avait mis à peine trois quarts d’heure à franchir les cinq milles qui le séparaient de Granite-house. La route devait donc être sûre en ce moment, et, s’il y avait à faire le coup de feu, ce ne serait vraisemblablement qu’aux approches de Granite-house.

Cependant, les colons se tenaient sévèrement sur leurs gardes. Top et Jup, celui-ci armé de son béton, tantôt en avant, tantôt battant le bois sur les côtés du chemin, ne signalaient aucun danger.

Le chariot avançait lentement, sous la direction de Pencrott’. II avait quitté le corral à sept heures et demie. Une heure après, quatre milles sur cinq avaient été franchis, sans qu'il se fût produit aucun incident.

La route était déserte comme toute cette partie du bois de Jacamar qui s’étendait entre la Mercy et le lac. Aucune alerte n’eut lieu. Les taillis semblaient être aussi déserts qu’au jour où les colons atterrirent sur l’ile.

On approchait du plateau. Un mille encore, et on apercevrait le ponceau du creek Glycérine. Cyrus Smith ne doutait pas que ce ponceau ne fût en place, soit que les convicts fussent entrés par cet endroit, soit que, après avoir passé un des cours d’eau qui fermaient l’enceinte, ils eussent pris la précaution de rabaisser, afin dè se ménager une retraite.

Enfin, la trouée des derniers arbres laissa voir l’horizon de mer. Mais le chariot continua sa marche, car aucun de ses défenseurs ne pouvait songer à l’abandonner.

En ce moment, Pencroff arrêta l’onagga, et d’une voix terrible :

<> Ah ! les misérables ! » s’écria-t-il.

Et de la main il montra une épaisse fumée <|ui tourbillonnait au-dessus du moulin, des étables cl des bâtiments de la basse-cour.

Un homme s’agitait au milieu de ces vapeurs.

C'était Nab.

Ses compagnons poussèrent un cri. Il les entendit et courut à eux...

Les convicts avaient abandonné le plateau depuis une demi-heure environ, après l’avoir dévasté !

« Et M. Harbert? » s’écria Nab.

Gédéon Spilett revint en ce moment au chariot.

Harbert avait perdu connaissance !

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