‹ Les vrais principes du chant grégorienChapitre 65 sur 84 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

De remploi des différentes espèces de Tons.

1. Le compositeur choisira l'espèce de Ton dans lequel il voudra définitivement établir la mélodie du chant, c'est-à-dire , un Ton parfait ou imparfait , surabondant, mixte, etc. A cette fin il faut qu'il médite la nature de son sujet. Si les paroles sont peu nombreuses , il choisira un Ton imparfait, tout en lui donnant ses propriéMs principales ainsi que

(1 ) Voyex Taniienne des premiers vépret de la Natitité de S. Jean Bapi* Ipêe prmibU,

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les cadences. Si au contraire le texte abonde de sentiments et de paroles , il lui appliquera un Ton parfait , Toire même surabondant , s'il le juge à propos.

2. Ce qui doit particulièrement déterminer son choix, c'est la différence notable qui existe entre les antiennes , les répons , les kyrie , les aUduJa^ les gradtids y traits , versets , offertoires , communions , séquences , hymnes, etc. (1).

Ainsi , les antietines demandent des notes pour ainsi dire mesurées sur la quantité des syllabes. Leurs formules ne doivent pas outrepasser quatre notes, particulièrement dans les antiennes ad magnificat.

Les r^fxms peuvent avoir plus d'extension , surtout pour les paroles expressives et significatives qui s'y rencontrent fréquemment.

Les introits sont restreints quant aux notes , mais ils sont ordinairement dans un Ton parfait. On évite surtout de longs passages sur une même voyelle»

L'étendue du kyrie doit se r^ler d'après la solennité des fêtes. ' Les mélodies de YaUduja sont plus longues, parce que YaUduja est nn cri de joie et d'all^esse qui porte l'âme vers les joies durables d'une autre vie.

Les graduels sont pour la plupart écrits dans un Ton pariait , surabondant pu mixte. Ils représentent les plaintes d'un cœur contrit et humilié , où l'espérance vit encore cependant.

Dans les offertoires et les communions on trouve diverses espèces de Tons. Cependant les Tons imparfaits y dominent le plus , sauf le cas de paroles mémorables. Nous en trouvons un bel exemple dans la communion fidelis servus , où la mélodie s'étend jusqu'à la quarte impar£siite (2) du septième Ton sur tritid , afin d'exprimer l'abondance des mérites du Saint , en les comparant au petit grain qu'il sema.

Les gloria et credo exigent peu de notes sur les voyelles et ne souffrent pas des passages sur une seide voyelle. Ils conservent ordinairement un même Ton. Leurs cadences finales et correspondantes aiment à se répéter , et ils préfèrent un Ton par&it ou surabondant.

(1) Franeon (L. T, C. S.) remar^ae «saactam Gregorioi 'm BOctaraU respontorm TelBeaiciiler ci » tmmmtUgaim ad yfiplamàum lM|fvi : ia aatipboaû piaae at^ie soariter MMure : ia iatraitâba» qi • prccoaU ad diinaoBi officium eroeare : ia alldoja et ▼entbos diTmo jabilo duleiler gaadere : ia tractibas ■ et gradoalibat protensi alqae hamiliter procedere : m offertoriis et eoaiaiaBiofiilNis qnaoNlaai senrara » aMdiocrStateai. •

|9) Tair la V Ch.

Les hymnes ont ordinairement peu de développement ; c'est pourquoi im les écrit de préférence dans un Ton imparfait avec une cadence dans chaque vers.

3. Dans tous les cas — nous le répétons , le compositeur doit tâcher de combiner les notes de manière qu'elles expriment la signification des paroles. C'est là le point culminant qui est rarement atteint par les modernes.

Il faut donc étudier le caractère de chaque Ton et la nature et Fensemble des idées qu'expriment les paroles. C'est ainsi que les r^ns doivent éveiller les indolents et les porter aux louanges du Seigneur.

Les antiennes par leur caractère doux et élevé attirent suavement les néophites , afin qu'ils marchent courageusement dans le chemin de la pénitence. Les introits annoncent la grâce promise à ceux qui avancent dans la voie de la perfection , tout en les excitant au service de Dieu. Xes graduels qui , pour la plupart , sont mixtes de Tons authentiques et plagaux^ expriment lliumilite par des sons graves, tandis qu'ils s'élèvent vers les sons aigus de l'authentique, pour montrer la récompense étemelle qui couronnera les travaux et les humiliations. Les Traits appellent aussi à la pénitence. — Les aUeluja raniment la joie, et les offertoires et communions exhortent a l'exercice des bonnes œuvres et à la persévérance.

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