SCÈNE VI
Les mêmes, G ALOUBET.
GALOUBET, |«ri«nl pluitart valida* pendue* à »ou fusN.
Inutile, mon lieutenant.
TOUS
Galoubet !
galoubet.
Les tirailleurs russes vont s’en aller d’eux- mêmes... c’est à moi qu'ils en voulaient... à moi... cl à ma marchandise... (criant.) \a tendresse I la verdure»® ! deux bottes pour un sou !
LE MAJOR, (au fond.)
En effet ! on ne voit plus rien.
tous.
Ce farceur de Galoubet !
CRORDART.
C'est donc toi qui a causé tout ce tintamarre !
GALOUBET
Dante! sergent, mon lieutenant m'a donné la permission d'aller en enfant perdu faire une promenade au delà de la Tcberaala... j’y ai été.
CttORDART.
Et, à ce qu'il parait, tu y as trouvé tout un jardin potager ?
GALOUBET
Oui : je m'étais aperçu que la viande salce et les fruits secs de la mère Pruneau commençaient à nous échauffer le gosier... je me suis, dit : Les Rus-c- cultivent ta salade, la salade est rafraîchissante. . allons chercher de la salade... en v’Ià I (il *wie a* rrlmé«ut»c « déu>v«re bm dcai-^uuijin* de volaïUca pwidue* à ««a eo*.
GRORDART.
T'appelles ça de la salade , toi ?
GALOUBET
Je vas vous dire, sergent... c’est de la salade à plumes.
GHO.MJART.
Mais , ta criméenne est déchirée?
Louent.
Tu l’es doue battu avec le» buissons?
GALOUBET
Non,., c’est le propriétaire du jardin qui cM venu me troubler au moment ou je cultivais son potiger II était escorté de ! inq ou iv grands diables de H imbécile de jar-
dinier qui se sont jetés sur moi. Ils m'ont attrapé par mon cacb.-f.nirbi, en m’envoyant un coup de sabre qui a coupé la moitié de mon chéchia et un petit morceau du crâne avec... « Entrez! » ai-je crié, en me retournant et en ripostant par des mouvements de baïonnette bien pointés qui m’ont débarrassé des plus ardents... les autres ont tourné les talons , si bien qu’il n’est plus r- s-té que le jardinier... il s'était tapi derrière un. arbre comme un chat en colère ; nous nous sommes reluqués un inslant... lui , surpris de mon toupet, moi riant de sa ligure bête; puis, voyant qu’il levait aussi un grand polisson de sabre , je lui ai passé la jambe en deux temps, je l'ai solidement Acele avec tôt cointare autour d’un cerisier, et je l’ai laissé là pour servir d’épouvantail aux moineaux ; s’il y reste jusqu’au printetqps , il sera sûr qu’ils 11e viendront pas manger ses cerises... (on rît.) C’est égal , le gredin a déchiré mes frusques... Si on était bien mis pourtant. (Rire de* »Mata.) i-ocm
Maintenant , ,î la salade !.. ah !.. à propos , dans quel ustensile allons-nous la faire?
Il y a par ici des éclats de bombe ?
LOUPIR.
Compris.
GALOUBET
Vous allez voir : Porcelaine , estampille numéro un. La poudre nous servira de poivre.
LOUPIR , apportant use moitié d< beoüi*.
Et le salpêtre de sel.
MAHOMET
Pas d’huile?
« GALOUBET
Bêta ! est-ce que tu n’cs pas armurier?
MAHOMET
Si!
GALOUBET
Est-ce que tu n’as pas un bidon d'huile pour graisser les batteries de nos carabines?
MAHOMET
Si!
GALOUBET
Aboulé !
GRORDART.
Mais le vinaigre ?
loupiu.
Du vinaigre? pourquoi faire? Est-ce que dans le monde chic ou sert de vinxîgre pour I.» salade? Attendez. . j’ai pincé tout à l’heure un citron à la mère Pruneau , vous niiez voir...
(L<* imum m> mf lient » aplurhcr l.i uladt - Grondin coupc tel feuilles cl Ici met dm* le aaladiar ii*pro*fté.)
MAHOMET, apportant us bidon.
Huile I
GALOUBET, allumant u pipe.
Maintenant, mes enfants, il fuut que vous sachiez une chose. loupir.
Laquelle?
GALOUBET
C’est qu’en me glissant dans le camp ennemi pour ramasser de la salade, j'avais encore une autre idée.
Lourm.
Je la connais tor\ idée...
GRORDART.
Eh bien ?
GALOUBET
Eh bien ! sergent, je voulais dégutter sir Edmonds Clayfort, et lui faire perdre son pari.
GRORDART.
Sir Edmonds Clayfort 1 * N’cst -ce jus cet Anglais, cet original, que nous voyons depuis linéiques jours parcourir les tranchées, empaqueté dans une toile cirée, couvert d’un chapenu do marocain, accompagné d’un autre personnage plus âge , cl suivis tous les deux d'uu domestique portout respectueusement tout un attirail de voyage?...
GALOCBBT.
Juste...
MAHOMET
Mai» le pari?
GROXDART.
Oui!... au fait... de quoi est-il question?...
GALOUBET
Ail! demandez à Loupin, car moi, rien que d'y penser j’enrage...
loup».
Vlà ce que c*«t : je tiens l'expliqualion de Jack, le domestique des English. C’est donc véridique, n’est-ce pas. sergent?
(il dérobé né feuille de «ilade; mur mure» de» louavei.) Pour lofs, il paraîtrait que sir Edmonds, le plus le une, a parié toute sa fortune contra l’autre, le plus âgé, appelé lord Walkcr, qu’il ferait tout ce que fera le zouave le plus brave; et, co qu’il y a de plus cocasse, c’est que lord Walkcr est obligé de suivre partout sir Edmonds, de bruter les mêmes dangers que lui, pour s’assurer qu’il remplit exactement toutes les conditions du pari. Or, c’est «qui vexe Galon bel, attendu qu’il a été désigné aux Anglais comme un des moins poltrons d entre nous... si bien qu’il l’ont pris pour point de mire, et que, depuis ce temps-M, il les trouve toujours disposés à tout entreprendra pour piger avec lui...
GALOUBET
Eli bien! oui... c'est ça qui me vexe!