MARCOTTE
Voulez-vous bien vous Lun;! (i !... avoir de pareilles idées!... grondez- la donc, mon père... elle se tourmente... elle s'inquiète... elle sc rend malade à plaisir t... celte, vilaine tante!... dk KiTfilTir,
Que craint-elle?
ELISABETH
Ce que je crains f... hélas! .. ne dois-je pas trembler pour vos dqux lils enfermés dans les murs de Sébastopol?... pour vous , qui vous exposez comme le dernier de vos soldats?... pour elle enfin, qui se trouve souvent seule avec moi dans ce château isolé ?... an! que ne nous avez-vous laissées à Saint-Pétersbourg!... je n'aurais pas cette pensee qu’un jour peut venir uù oe château s^-ra envahi par une soldatesque effrénée , oii votre fille sera exposée sous mes yeux aux mauvais traitements ou aux outrages.
CHixiom.
M» taule, voua feiles injure à mis ennemis ; les Français, braves dans le combat, son! généreux après la victoire... ils respectent et il» protègent les femmes et les enfants.
M MtM KIM., *<• levait.
La Français !.. toujours!., vous savez que ces éloges me blessent dans votre bouche! voilà le fruit de votre éducation toute française !... c'est vous, nia sœur, qui lui avez tuis dans h tête ces Ullcs idées de nrogrè»...Le progrès!.. Tiens, voilà Yvan nul est esclave et (ils d'esebves de génération eu génération, demaude-Iui s'il vuudrait changer «Te sort.
VVAR.
Je suis heureux, Monseigneur, et je ne demande qu’une chose à Dieu, c'est de rester votre esclave et celui de ma noble maîtresse.
ÉLISABETH, bat * CharlotU.
Cet homme me fait peur! H y a dans son regard , sans cesse attaché sur toi, des lueurs sinistres !
CHARLOTTE , îourianl.
Quelle folie ! (Sur » ffatr «1* Uru^kinç Tr,« i’*tl éloigné.)
UE aaucEins.
En vérité, Charlotte... d'étranges soupçons me viennent à l’esprit quand je lis dans vos regards la sympathie que vous inspirent nos ennemis.
éusareth, k f*rt
O mon Dieu! se douterait-il?....
CRARLOTTH.
Des soupçons... lesquels?
DE RRCCKtMK.
Que sais-je, moi ! Le cœur d'ooe fille est si bizarre !... vos idées sont si romanesques, si folle», qu’il n’y aurait rien d'impossible... Non... je ne veux pas y croire!,., rappelez-vous, seulement, uue j auni rais mieux vous voir morte que de vous voir faillira l'honneur de votre famille.
ÉLISABETH
Vous êtes cruel, mon frère... vous effrayez cette enfant, sans raison, sans motif...
DF. BRUCKI5H.
Oui, c’est vrai... je m’emporte... mais, c’est à vous, ma sœur, de veiller sur elle... de changer le cour» de se» idée».- Tou» eues instants sont pris par la guerre... je ne puis que rarement quitter mon poste pour venir ici ni 'assurer que vous ne courez aucun danger. . . Plusieurs fois j'ai eu l’idee de vous faire partir pour Saint-Pétersbourg.,, j’ai toujours reculé devant une séparation, qui peut être éternelle.
CHARLOTTE, YiitDiDl.
Partir! non!., non !... je ne veux pas m’éloigner de cc pays... (s« reprenant.! de vous, mon père , et de mes frères, que je ne verrai peut-être plus!
DE «ll'CRIME, radovei.
Songe donc, mon enfant, que les armées ennemies occupent les bords de la Trhcrnaia... que ce château est éloigné à peine de quelques lieues de leurs avant-postes, qu’il n'est pas défendu, et qu’une surprise peut te mettre à leur merci!... Ah! je suis brave en face de l'ennemi, mais je tremble quand je pense au trésor qu il peut me ravir... Chaque fois que j’approche de cc village, j interroge du regard les reutes, le sommet des collines, Iss maisons, et ce n'est qu'en voyant les roules et les collines désertes, les maisons intactes, b fumée qui s'échappe de notre toit cl monte paisiblement vers le ciel, que je me dis : allons, tout est tranquille, et je pourrai encore aujourd’hui oublier, dans la paix du foyer domestique, les cruelles nécessités de la guerre !
CHARLOTTE, alltadrie.
Mon père !
de îauciuvc.
Mais, cette situation me tue... elle m'enlève, mon courage et mon énergie... et j’en ai besoin... Aussi, pour l.t dernière fois, ai-je résolu de vous donner un appui, un protecteur,
CHARLOTTE
Toujours cette pensée!..
UE BRVCRIIIE.
Le prince Mikhaïl d'Anball t’aime depuis longtemps, tu le sais... le prince possède d'immenses propriétés en Crimée... Ce village tout entier lui appartient., il m’a fait l'honneur de me demander ta main... dan., quelques jours il doit retourner à Saint-Pétersbourg où des fonctions diplomatiques le retiendront loin delà guerre... ii est jeune, spirituel, instruit...
Mon père, vous savez jusqu’où vont mon respect et mon amour pour vous; vous savez que je donnerais sans regret ma vie pour racheter la vôtre, mais vous savez aussi que cette infl» xible volonté qui fait le trait saillant de votre caractère m'a été transmise avec votre sang, et que menaces, persécutions, violeuces, ne peuvent triompher de ma résolution, quand celte
résolution a sa source dans mon cœur... Eli bien! je vous déclare que je ne, veux pas me marier avec le prince Mikhaïl... Je vous déclare que je ne veux pas quitter ce pays,
ÉLIS UH. J II, bat.
Prends garde!
DR llflLlCRlNE.
Et les motifs de celte résolution, me les ferez-vous connaître?
CHARLOTTE
Je ne le puis, mon père.
DE URICKINE, ciaapéré.
ELISABETH
Mon frère!.. Charlotte!.. Ah ! vous me faites mourir tous les ] deux ! (Elle rrtoabc éptatée tur m fauteuil.)
CHARLOTTE
Nt tante!..
DK BROCKWK.
Ma sœur!... (ni at r «aeb*iit tuai letdeuj rer» «Ul.-ÉUtabelh. Mtt’ou- ,r,w !•* T* 8 *. 1 «» • perçoit. prard leur» lutist «| le» uait uu perler. Le père * U fi II- te reprScKt, Je RtvcAim Und taa bfM k CkarioM* qui »’> jette.— ACMriede.) Cruelle enfant pourquoi cette résistance insensée A un déûr qui n'a d'autre but que ton bonheur?.. Est-ce le mari ! qui te dépiajt ? eh bien! nous en chercherons un autre. Ce que je veux , ma fille c’est te mettre à l’abri des malheurs de la guerre... Car je t’aime, malgré ton caractère énergique et inflexible.
OURLOITC, NWiML
Cc*t h cause de cela que tou» ra'aimex, mon père?..
DS BKUCRMK.
Ah! e’est trop fort!
charlotte.
Sans doute... Je vous ressemble.... vous ne pouvez condamner en moi, ce que vous approuvez en vous... d’ailleurs, vous le savez, le danger loin de m'effrayer m'attire et me plaît.
- J'aime les aventures hardies et courageuses ! Si j’eusse été un homme, j'eusse été un héros... Je suis femme, je ne puis partager vos travaux et vos combats, mais, je veux du moins assister à vos triomphes... je veux surtout rester auprès de vous... La prudence du prince Mikhaïl vous attira moi, elle m’éloigne... Je ne veux pas seulement esttoer celui que j'épouserai, je veux I être (1ère de lui !
DE BRIXJUXE
A la bonne heure!... Je te chercherai uu mari parmi les plus
brave*.
CHARLOTTE, tournai.
Laisscz-moi ce soin, mon père, je choisirai mieux que vous.
DE URLCKOE, la btitaul au ôvut.
Câline !..