‹ LesÉtats-Unis MexicainsChapitre 25 sur 25 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Bécapitolation.— Oondusion*

Le Mexique est un pays en pleine paix et en progrès constant; il est régi par des lois aussi sages et aussi libérales que celles de la nation la plus éclairée du monde; il offre toutes les garanties désirables pour la vie et les propriétés de ses habitants.

Les questions des races y sont inconnues, et la nationalité comme la religion n'y suscitent point de haines; les étrangers, socialement parlant, sont traités comme les enfants du pays selon leur conduite et leurs mérites personnels.

Le champ qu'il offre à tout homme intelligent et d'initiative est très vaste; il existe sur tous les points importants du pays des moyens de communication nombreux, pratiques, relativement bon marché, rapides et faciles.

Le Gouvernement offre de grands avantages à l'immigration et toute entreprise de ce genre qui sera bien organisée et bien conduite, peut compter sur un succès plus ou moins immédiat mais certain*

Celui qui, possédant un petit capital désire prospérer rapidement, trouve peu de pays placés dans d'aussi bonnes conditions; Temploi de forts capitaux dans des entreprises importantes créées ou à développer, aura également des résultats excellents et sûrs.

Le caractère du Mexicain est aflFable, honnête et désintéressé. Si dans la race indigène, qui vit en dehors des grandes villes, l'on trouve quelque défiance, cela tient à la condition dans laquelle cette race méprisée à tort, a vécu trop longteno^s; néanmoins elle ne professe aucun mauvais sentiment à l'égard des étrangers. Très souvent, nous avons entendu des Européens intelligents et justes, placés à la tête de grandes entreprises industrielles ou agricoles, rendre hommage aux indigènes et déclarant n'avoir qu'à se féliciter des rapports qu'ils entretenaient avec eux.

Celui qui, croyant que les grandes fortunes s'improvisent au Mexique, songe à y immigrer, se trompe. La richesse s' y acquiert beaucoup plus facilement que partout ailleurs; mais toujours elle est la conséquence du travail, do l'intelligence et aussi des circonstances favorables, ce que certains appellent seulement la chance. Si chance il y a, encore faut il savoir en profiter à propos.

L'homme sans ressources, sans forces et sans énergie ne manque pas au Mexique et son écroulement y est certain et rapide.

Le pays n'est pas favorable aux faiseurs do théories, car de jour en jour le peuple mexicain, calme et tranquille, devient plus pratique. Les apôtres d'idées révol utionnaire9| les socialistes, les anarchistes, perdent

pour le moins leur temps; fatigués des bouleversements politiques, nous savons par une longue et cruelle expérience ce qu'ils nous ont coûté; notre désir c'est de retirer petit à petit et en toute sécurité les bienfaits d'une évolution logique, sans avoir recours aux agitations et aux violences.

Nous avons foi en l'avenir et les résultats acquis dans le court espace de temps écoulé depuis 1877, nous donnent la mesure de ce que nous pouvons réaliser dans le prochain quart de siècle; il nous faut pour cela entretenir la paix et ne pas entraver la marche libre et triomphale du pays sur le chemin du progrès moral et matériel.

Les Colonies étrangères qui existent au Mexique jouissent d'une grande estime et d'une prospérité remarquable.

Les principales, soit par leur nombre ou l'importance de leurs affciîres, sont les suivantes:

La Colonie Espagnole, la plus nombreuse et la plus répandue dans les pays. Elle s'occupe spécialement d'affaires de banques, et du commerce d'épiceries, vins, liqueurs, conserves, fruits du pays, en gros et en détail, dont elle a presque le monopole; ainsi que de la commission d'importation et d'exportation, d'entreprises agricoles, de fabriques de tissus, de cigarettes et de cigares, etc., etc.

La Colonie Française, moins nombreuse que la précédente, est représentée surtout à Mexico, à Puebla et à Guadalajara. Ses principales affaires sont des affaires de banque, do commission, d'exportation et d'importation; elle a fondé nombre de fabriques de filés et

tissud de coton, d^mprimés, de lainages, de papier, de bonneterie; l'importation de l'article de Paris et des nouveautés est monopolisée par elle dans tous le pays; la confiserie, les modes, les restaurants, les mines, l'intéressent aussi; elle est également engagée dans toutes les grosses affaires de transport de forces hydrauliques par l'électricité, dans diverses entreprises agricoles, irrigation et culture, sucreries et distilleries et dans les principales fabriques de cigares et de cigarettes du Mexique.

La Colonie Allemande est aussi très répandue dans le pays, mais seulement par petits groupes. Elle s'occupe surtout d'opérations de banque, de commission, d'importation et d'exportation, de quincaillerie, de mercerie, d'instruments de musique et de mines. Plusieurs grosses brasseries ont été fondées par elle et font de très belles affaires.

Les Colonies Américaines de date très récente, prennent chaque jour plus d'importance; les plus remarquables et les plus nombreuses au Mexique sont celles des Etats de Coahuila, Nuevo Leôn et Chihuahua. Elles s'en tiennent généralement aux opérations de banque: aux mines, aux usines métallurgiques, à l'agriculture, à l'élevage du bétail et à la construction de chemins de fer. Il existe aussi plusieurs établissements américains pour la vente en gros et détail de comestibles de provenance Nord-Américaine; quelques fabriques de meubles et de chausures sont américaines aussi.

Colonie Anglaise. — D'un chiffre très restreint s'est attachée surtout aux affaires de mines.

Colonie Italienne. — ^IJn peu plus nombreuse; au-

gmente beaucoup; s'occupe des industries agricoles, du commerce des comestibles au détail, etc.

Les autres colonies sont de moindre importance.

Nous croyons en avoir suffisamment dit pour mettre le lecteur à même de se faire une idée au moins approximative de ce que sont actuellemente les Estats Unis Mexicains, de ce qu'ils sont appelés à devenir dans un temps rapproché.

Dans ce bref mémoire nous ne nous sommes pas contenté de mettre en relief les ressources naturelles du Mexique et à montrer le chemin parcouru dans la voie du progrès de 1877 à 1898 comme, du reste, nous nous y étions engagé dans notre préface; nous avons tenu encore à nous arrêter aussi longuement que possible sur les points susceptibles d'intéresser les personnes désireuses de venir s'établir dans le pays, car ce doit être là le but principal, l'attrait sérieux de cet ouvrage.

Si après nous avoir lu, quelqu'un trouve que nos renseignements ne lui suffisent pas, s'il veut les augmenter, en acquérir de nouveaux, en contrôler l'exactitude, il pourra facilement les compléter en s'adressant à l'un des Consuls du Mexique à l'étranger ou, mieux encore, en écrivant directement au Ministère à qui ce qu'il désire peut incomber parmi les Secrétariats d'Etat de la République Mexicaine. Il peut être certiiin d'avance, d'obtenir sous le plus bref délai possible, une réponse claire, précise et sans frais d'aucune sorte.

Page 1