Technomyrmex albipes F. Sm
Vaté.
7. Camponotus (Colobopsis) conithorax n. sp. (PI. XIII, Fig. 18.)
Ouvrière: Noire; mandibules, antennes et pattes jaunes excepté la base des hanches, les fémurs, sauf les extrémités, et les tibias vers le bout; les parties des pattes qui ne sont pas de cette couleur sont d’un brun plus ou moins foncé; les bords des segments du gastre, jaune paille. Tout le dessus de la tête, du corselet et du pétiole est submat, c’est-à-dire pointillé densement et finement, avec plus ou moins de tendance à former des stries transversale; le gastre est microscopiquement strié en travers et a un éclat soyeux. Pubescence couchée très courte et clairsemée; poils rares, il n’y en a pas sur les membres.
Tête plus longue que large (sans mandibules, 1 X 0,8 mill.), légèrement plus étroite en avant, subtronquée en arrière, les angles postérieurs arrondis, fort convexe mais non tronquée par devant. Veux grands, peu saillants, placés environ au tiers postérieur. Êpistome convexe, avec une saillie allongée, en arrière de son bord antérieur. Mandibules à 6 dents (ordinairement on en voit 3 ou 4 découvertes sous Tépistome). Arêtes frontales à peu près droites, divergentes. Un sillon très marqué entre les arêtes fron-
taies. Scape dépassant au moins du tiers de sa longueur le bord occipital. Corselet bas et allongé; sur le profil, une dépression en avant de l’épinotum; ce dernier segment est long, convexe à la base de sa face dorsale, puis légèrement sinué; à l’extrémité, il est terminé par un cône un peu mousse, qui sépare la face basale de la face descendante concave. Écaille épaisse, arrondie en dessus, tronquée derrière. L. 4,5 mm.
Femelle: Coloration et poils à peu près comme chez l’ouvrière. Sculpture beaucoup plus fine, tégument luisant, aussi le gastre. Tête à peu près de la même forme que chez l’ouvrière, encore plus convexe, mais non tronquée par devant. Épistome en proportion plus grand que chez l’ouvrière, plus bombé à la base, grossièrement et irrégulièrement strié en long, ainsi qui les joues. Sillon frontal allant jusqu'à l'ocelle impair. La face basale de l’épinotum plus courte que la face descendante; passe à celle-ci par une surface largement bombée. Ailes grisâtres. L. 6,5 mm; tête 1,2 1,0.
Mâle: Sculpture et poils comme chez la femelle. Brun, varié de fauve, les sutures du corselet, les bords des segments du gastre, les mandibules, les trochanters et les tarses jaune sale, antennes et le reste des pattes jaune plus ou moins brunâtre. Tète courte, le derrière de la tête en trapèze. Antennes plutôt courtes, le premier article du funicule remarquablement gros (a peu près comme chez C. triuicatus). Épinotum comme chez la femelle. Ecaille subglobuleuse. Ailes comme chez la femelle. L. 5 mm.
Ile Vaté, Port Havannah Ç; Ile Mallicolo, Port Sandwich 9 6 (4 3, 1 $, 6 (J , % inconnu). (Dr. Joly.)
Je considère ces exemplaires comme appartenant à une espèce, quoiqu’ils n’aient pas été trouvés dans une même localité.
C. cou (eus Mayr, des Iles Tonga, se rapproche beaucoup de cette espèce, par la forme du corselet de l'ouvrière, mais il est plus massif et autrement coloré.
Considérations
générales sur les fourmis de la Nouvelle-Calédonie.
La faune myrmécologique de la Nouvelle-Calédonie, si on la compare avec celle de l’Australie et de la Nouvelle-Guinée, est remarquable par ses caractères négatifs; il faut signaler notamment l’absence des genres Sun a, Crematogastcr . Oecophylla , Diacamma et d'autres genres apparemment moins importants; ces genres sont représentés dans l'Inde, la Malaisie et même dans l’Australie. Les mêmes caractères négatifs se trouvent, à un bien plus haut degré, dans la faune myrmëcologique de la Nouvelle-Zélande. Passons en revue les genres de Fourmis de la Nouvelle-Calédonie:
Deux genres {Pronieranoplns et J'rodicroaspis) n’ont pas encore été trouvés ailleurs. Cinq genres sont communs à la Nouvelle-Zélande, dont trois ( Panera , Monomorium , Strumigcnys ) sont répandus dans presque tout le monde, deux (. Amblyoponc . Orectognathns) sont communs à la Nouvelle-Guinée et à l’Australie.
La plupart des autres sont répandus dans la Nouvelle-Guinée et dans l’Australie. Parmi ceux-ci, il y a des genres qui ne sont représentés à la Nouvelle-Calédonie que par des espèces cosmopolites dans les tropiques.
Les genres Myrmeeia et Prionogenys ne se trouvent qu’en Australie.
Vollenhovia , Roger ia et Lordomyrmcx habitent la Nouvelle-Guinée, mais pas l’Australie.
Les genres * Odontomachns (i espèce), * Sole nopsis (i), Monomorinm (i), Tetra morinm (2), * Ta pin orna (j), * Teehnomyrmex (1), PJagioIepis (1), Preno/epis (1) ont à la Nouvelle-Calédonie des espèces à peu près cosmopolites, du moins dans la portion tropicale de l’hémisphère oriental. Les genres marqués d’un astérisque ne sont représentés dans cette île que par des espèces de cette catégorie.
Les espèces Anochchts océaniens, Vollenhovia pc des tris, Ponera (deux formes), Pheidole océanien et uni bon a ta, Strnmigenys godeffroyi \ Plagiolcpis exigna quad rima en lata, Preno/epis vaga se retrouvent, soit dans la Nouvelle-Guinée, soit dans l’Australie; quelques unes dans les îles de l’Océanie.
Oligomyrmex eorniger sodalis y et plusieurs Pheidole sont des variétés ou sousespèces de fourmis australiennes.
11 est à remarquer que les genres néozélandais, qui ont des espèces au Chili (. Stigmatomma , Aeanthoponera, Monomorinm et Melophorns) n’ont pas été trouvés à la Nouvelle-Calédonie, excepté Monomorinm, Les genres Acantlwponera et Melophorns habitent aussi l’Australie.
Sur 18 espèces qui ont été récoltées aux Iles Loyalty, la plupart appartiennent à des formes très répandues et à peu près cosmopolites ou qui se trouvent ailleurs qu’en Nouvelle-Calédonie. Quatre seulement ( Pheidole xanthoenrmis , Prenolepis calédonien, Camponotns sommer/', Polyrhaehis gueriw) sont des espèces endémiques néocalédoniennes. Enfin une seule n’a pas été rencontrée en Nouvelle-Calédonie ( Roger ia stigmatiea snb levinodis ), mais se retrouve aux îles Samoa; le type de l’espèce vit à la Nouvelle- Guinée.
A mon avis, la faune des Fourmis des Iles Loyalty a tout à fait le caractère de la faune des petites îles de l’Océanie.
D’après mon opinion, la faune primitive (remontant au moins à l’éocène supérieur) des Fourmis de l’Australie a été composée de genres peu nombreux, dont les Fourmis de la Nouvelle-Zélande et du Chili J ) nous donnent une représentation assez exacte, sinon complète. A cette faune s’est ajoutée par la suite une faune malaise-pacifique ancienne, qui a passé insensiblement à une faune indo-malaise plus moderne.
x ) Quelques genres dans la faune du Chili (par ex. Pheidole , Pseitdowyrma, Solenopsis, Prenolepis , Caniponofns) sonL venus après coup el par infiltration de la faune néolropicale.
Les genres de la faune primitive australienne, Amblyoponr , Stigmatomma , Acanthopourra, Mouomorium , Orcctognathus , Mrlophorus se trouvent à la Nouvelle-Zélande; Myrmrcia et Xotoncus exclusivement en Australie, sauf une espèce de Myrmccia , propre à la Nouvelle-Calédonie. J’exprime des doutes si Pourra et Strumigruys ont appartenu à la faune australienne primitive. Le fait que ces genres ne se trouvent pas au Chili, et qu’ils sont très pauvrement représentés en Australie, tandis qu’ils ont des espèces très nombreuses et variées à la Nouvelle-Guinée, me porte à croire que ces fourmis font partie de la faune malaise-pacifique. En outre, Strumigruys prrplrxa F. Sm., la seule espèce de ce genre qui habite la Nouvelle-Zélande, est très proche parente de l’espèce extraordinairement répandue, A’, godrffroyi Mayr (Samoa, Nouvelle-Calédonie, Sumatra, Ceylan; une variété au Japon), ce qui donne lieu de supposer une importation relativement récente de la souche.
La faune malaise-pacifique ancienne a pour groupes caractéristiques: d’abord les Dolichoderinae; vraisemblablement certains genres de Camponotinae et une partie du genre Campouotus; les Ponerinae de la tribu des Ectatommini et probablement, en outre, les genres Pourra , Lrptogruys etc.; parmi les Myrmicinae, Podomynna , Myrmcciua , Meranoplas , probablement Struun'gruys et une foule de genres moins importants, que je ne saurais déterminer, dans l’état actuel de mes connaissances. Le genre Plir idole est problématique et demande à être étudié; je pense qu’il appartient, du moins en partie, à la faune malaisie-pacifique.
La faune malaise-pacifique remonte au moins à l’oligocène; la faune de l’ambre s’y rapporte en partie; d’autre part, elle a du rapport avec la faune de l’Amérique méridionale: les Ectatommini, Dolichodrrus , les genres Roger ia. Rhopalothrix , Prid / ioprlfa y Rhopalopour 1 ), et même l’espèce Trarhymrsopus stigma F. se trouvent à la Nouvelle-Guinée et dans l’Amérique méridionale. Cette faune habitait, sans doute, une série plus ou moins continue de terres, qui unissaient l’Amérique méridionale (et peutêtre l’Amérique centrale) avec les terres indiennes anciennes (Indochine, Ceylan etc.) et qui avaient des rapports avec l’Europe méridionale. Par cette hypothèse (qui du reste n’est pas nouvelle), d’un continent ou d’une série de terres pacifiques, je trouve qu’on expliquerait bien mieux la propagation d’Edentés et d’autres Mammifères primitifs d’origine américaine australe, dans l’Europe miocène, que par une communication avec l’Afrique australe. Il est très remarquable que l’Afrique, aussi bien que Madagascar, ne possède aucune espèce de la tribu des Ectatommini, ni des genres Dolirhoderus et Iridomyrmex .
La faune indo-malaise des Fourmis, au contraire, a des rapports indiscutables avec l’Afrique continentale. Les genres caractéristiques de cette faune sont: Aruirtus . Polyrharhis , Mynuicaria , Tetramorium qui ne se trouvent pas dans l’Amérique méridionale; quelques espèces isolées de Tetramorium font exception. Les genres Si ma,
! ) Les Rhopalopone publiées jusqu’ici appartiennent a la faune malaise; j’en connais une espèce nédite du Brésil.
Sarasin & Roux, Nova Caledonia.
Cataulaais et Crcmatogastcr , qui se trouvent en Afrique et à Madagascar (les deux premiers aussi dans l’ambre) sont vraisemblablement d’origine africaine ou malgache 1 ). Nombreux en espèces en Afrique, ils vont en diminuant de nombre et de variété, à mesure que l’on va vers l’orient de l'Archipel malais; Simu est représenté par une seule espèce en Australie; Cataulacus n’y est pas représenté du tout; cependant Crcmato gastcr a, à la Nouvelle-Guinée, des espèces très singulières et variées. Les espèces néotropicales de ce genre appartiennent à un très petit nombre de types et sont, selon mon avis, d’origine africaine, sauf le groupe scutellaris ( lincolata Say etc.), qui a, je crois, émigré de l’Asie dans l’Amérique du Nord.
Si on connaissait les Fourmis du tertiaire moyen de l’Orient malais et de la suite de terres que je suppose avoir existé à travers le Pacifique et l’Océan Indien, je pense que l’on constaterait de curieux parallélismes, et en même temps des divergences non moins profondes. Nous en connaissons des vestiges dans la distribution actuelle des genres.
Je présume que la Nouvelle-Calédonie a été d’abord continue avec le continent australien ancien, comprenant la Nouvelle-Zélande, l’Australie et la Nouvelle-Guinée. Preuve en est, concernant les Fourmis, que les genres Amblyoponc et Orectognathus sont communes à toutes les terres, vestiges de ce continent, et non à d’autres. Je suppose que, par la suite, la Nouvelle-Calédonie, avec la Nouvelle-Guinée, a été séparée de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande et n’a pas été colonisée par le genre J fc/o~ p/îonis qui est commun à l’Australie, à la Nouvelle-Zélande et au Chili. Une seule espèce du genre exclusivement australien et tasmanien Mynnccia habite la Nouvelle- Calédonie et lui est propre; il faut supposer que c’est une espèce émigrée d’Australie avant la séparation. 11 y a cependant à la Nouvelle-Calédonie des espèces à faciès australien, par ex. Dolüliodcrus tncolor , les Pheidole du groupe varia bit is , Oligomyrmex cor niger .
Presque toutes les Fourmis de la Nouvelle-Calédonie appartiennent à la faune malaise-pacifique et sont, selon toute probabilité, des immigrants anciens, remontant au tertiaire. La Nouvelle-Calédonie a donc été isolée de la Nouvelle-Guinée avant l’invasion de la faune Indo-malaise, ce qui fait que les genres de cette faune, Situa, Crcmato gas/cr, Occophylla . Acnictns sont entièrement absents. Polyrhachis gncrini a, selon toute vraisemblance, été importée avec les espèces cosmopolites, probablement dans du bois d’Australie ou de la Nouvelle- Guinée; il est à remarquer que cette espèce ne fait pas son nid dans le feuillage, mais dans le bois mort. P. aitrca fiorii des Nouvelles-Hébrides a probablement une origine analogue.
‘) J’entends du continent plus étendu dont Madagascar est un reste.
Table des genres de Tormicides représentés dans la faune de la Nouvelle-Calédonie et de leur distribution géographique.
— = Genre dominant.
représenté mais non dominant.
X par une ou très peu d’espèces, tandis que les espèces sont nombreuses
dans d’autres régions.
O seulement par une ou deux espèces cosmopolites.
Genres et sous-genres
Nouv.
Caléd.
Nouv.
Zélande
Nouv.
Guinée
Australie
Inde et Amérique Malaisie mérid.
Chili
Madagas- . r .
& Afrique
car
Myrmecia . .
Amblyopone .
Rhytidoponera .
Trachymesopus
Ponera . . .
Lobopelta . .
Prionogenys
Anochetus . .
Odontomachus .
Pheidole . . .
Lordomyrmex .
Vollenhovia . .
Monomorium .
Solenopsis . .
Oligomyrmex .
Prodicroaspis .
Promeranoplus
Meranoplus . .
Rogeria . . .