‹ Lésions des Artères de la JambeChapitre 2 sur 54 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Je dois le choix de ce sujet à mon très cher maitre M. Demons, qui, avant eu l'an dernier la bonne fortune de traiter plusieurs blessures artérielles de la jambe, dont deux à hôpital Saint-André, alors que j'étais dans son service, a bien voulu me les communiquer et me prier d'étudier la pathogénie, les complications et le traitement de ces sortes de lésions. À

Dès mes premières recherches, je me suis aussitôt aperçu que c'était là une matière qui avait été bien insuffisamment traitée, à un certain point de vue; je m'empresse de le dire, au point de vue des documents et de la bibliographie.

En effet, la doctrine et la pratique chirurgicales sont fixées ou à peu près sur cette question de pathologie externe, et ne le fussent-elles pas, bien téméraire, pour ne pas dire plus, serait celui qui, tout au début de sa carrière médicale, croirait avoir quelque chose à enseigner ou à reprendre à nos illustres maîtres. C'est à eux et non pas à nous à faire de la

clinique, à faire de la pathologie générale. Mais ce quils

n'ont pas, les chirurgiens devenus célèbres, et ce que nous avons, nous (trop souvent même plus que nous ne voudrions), c'est le temps nécessaire pour rassembler et pour comparer les documents sur un point donné. Et si, pour en revenir au sujet de ma thèse, je consulte, tout d'abord, les di:tionnaires en cours de publication, dont les livraisons doivent donner l’état de nos connaissances scientiques à un moment donné, je ne vois que l’article « Jambe », de Fr. Poncet (de Cluny), qui soit paru dans le Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, l'article « Tibiales » n'étant paru ni dans l'un ni dans l’autre Dictionnaire. Hé bien! M. Poncet donne un tableau (tome XIX, page 585) de vingt et une observations de blessures artérielles de la jambe, anévrysmes, hémorrhagies, tumeurs sanguines, etc., tableau qui a été en partie copié, et mal copié, dans une Thèse de concours de Lisfranc, parue en 1834. Or, sans vouloir reprendre ici les erreurs d'indication bibliographique, je vois que les noms des observateurs ont été changés plusieurs fois: qu'au n° 1, il faut lire Moulinié pour Ribes; au n° 3, Pelletan pour Dupuytren; au n° 9, Lallemand pour Dupuytren; au n° 17, Nichet pour Michel (le malade s'appelait Michel Rivière). Cela fait quatre transpositions de noms. Mais il y a plus. Trois faits sont répétés deux fois, sous le nom du même auteur, presque avec les mêmes détails : les n°s À et 14, de Moulinié ; 2 et 16, de Guthrie; 5 et 6, de Dupuvtren; quatre noms changés et trois observations doubles sur vingt et une, que reste-t-il? et comment, avec de pareils documents, édifier une histoire de la question? Si l’auteur s'était donné

ne A

la peine de remonter aux sources, il eût sans peine évité ces fautes.

Je fais grâce des erreurs que J'ai relevées au cours de mes recherches; qu'il me suffise de dire qu'au lieu d’une vingtaine de faits, J'ai pu en rassembler environ trois cent cinquante, tous assez probants, car dans tous la lésion artérielle a été une chose importante. Dans les fractures, par exemple, je n'ai tenu nul compte des écrasements, des trop grands traumatismes, où les artères étaient blessées comme beaucoup d’autres parties. J'ai dû, pour les réunir, considérablement élargir mon cadre, et, pour cela, sacrifier les généralités classiques, tout en donnant des conclusions aussi résumées, mais aussi précises que possible.

Voici la division que J'ai adoptée :

Ï. — Anatomie (quelques mots d'entrée en matière seulement).

Page 1