OBSERVATION VII
Prise dans le service de M. le Docteur Sebileau. Extraite de la thèse de Mouton (40). (Nécrose syphilitique de l'os incisif.)
M. L.. Léon, âgé de 30 ans, employé de chemin de fer, salle Woillez, lit n° 10. Le malade, qui entre le 7 janvier 1905, pour une suppuration naso-buccale, ne présente rien d’intéressant dans ses antécédents héréditaires,
Jusqu’à l’âge de 26 ans, sa santé fut très bonne ; il contracta, à cette époque, un chancre syphilitique ; il ne se soigna pas pendant deux ans, puis on lui fit suivre un traitement sérieux ; tous les accidents rentrèrent dans l’ordre.
Les dents qui subsistent chez ce malade sont assez bonnes, Cependant, il ne lui reste, à droite, qu’une incisive latérale ; et la deuxième grosse molaire, toutes les dents ayant été extraites.
L’incisive centrale et l’incisive latérale gauche manquent également.
Il y a six mois, il vit se développer, sans une grande douleur, une fluxion de la fosse canine droite, puis, quelques jours après, il constata un écoulement purulent par la bouche et par le nez.
Comme il ressentait, en outre, de la périostite de sa canine, on arracha cette dent.
Puis, on fit un curettage de l’alvéole ; comme l’écoulement purulent persistait, on extrait l’incisive latérale droite et on envoie le malade dans le service dentaire de lhôptal Lariboisière, où l’on constate une fistule dentaire et un écoulement purulent par la narine droite ; l'écoulement persistant, pensant à une sinusite, on fait des lavages et des inhalations ; l’écoulement purulent semble diminuer. Le 7 janvier 1905, le service dentaire nous envoie ce malade, que nous recevons dans le service,
L’inspection du visage ne permet rien de constater. La
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palpation est à peine douloureuse, mais ne décèle pas de fluctuation ; la joue est légèrement infiltrée.
L'examen de la bouche nous montre l’absence des dents indiquées, coïncidant avec une dentition saine, Le rebord alvéolaire semble en bon état, Au premier examen, nous ne trouvons pas la fistule dentaire, mais une légère pression exercée sur la joue droite nous montre un écoulement de pus relativement abondant au niveau de l’apex de la racine de la canine. Pus jaunâtre, d’un goût fade, d’odeur légèrement fétide, Le plancher des fosses nasales, rouge, boursouflé, présente une ulcération au niveau de l’angle externe d’où s’écoule le pus.
En pénétrant par l’orifice nasal ou l’orifice buccal, avec un stylet, on arrive sur un os dénudé et mobile.
Le 12 janvier, M. Sebileau pratique une incision sur le bord alvéolaire et retire un volumineux séquestre du maxillaire, comprenant en masse toute la région incisive, curettage de l'os sain ; l’alvéole de la canine, qui avait été nécrosée fut curettée également. La réparation se fit assez vite, avec une légère déformation de la face, à
LRATEENTENT
Ces diverses lésions, soit prises isolément, soit considérées dans leurs dépendances réciproques, imposent la nécessité d’une thérapeutique préventive ou curative.
Il importe de prévenir, par une hygiène buccale stricte, toutes les complications d’ordre dentaire, que ce soit chez des individus sains ou chez des malades syphilitiques ou tuberculeux.
A côté des prescriptions médicales ordonnant une hygiène buccale rigoureuse à certains malades, tout individu doit faire vérifier son état dentaire à période fixe, tous les six mois en moyenne.
Le traitement consistera, après un examen dentaire soigneux, à remettre la bouche en état en obturant les cavités de carie, en traitant les canaux radiculaires, en enlevant chicots et racines, en modifiant un articulé défectueux.
Il faudra vérifier la vitalité des dents, même parais-
sant saines et, à plus forte raison, celles déjà traitées ou qui supportent une prothèse fixe, par les moyens cliniques habituels et par la radiographie. Si l’on décèle des lésions parapexiennes, ne pas attendre la formation d’accidents aigus. Intervenir en traitant les mortifications pulpaires sans carie, après trépanation de la couronne de la dent. Pratiquer les résections apicales et curettages de la région périradiculaire avec le maximum d’asepsie possible. Si le traitement conservateur ne réussit pas, sacrifier la dent avec curettage alvéolaire et faire une prothèse.
Ces données s’appliquent, à plus forte raison, aux syphilitiques et tuberculeux, étant donné les difficultés que l’on rencontre dans le traitement curatif de la moindre lésion d'ordre dentaire.
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