AIRE
La
cette destruction étant lente, l'ailas s’est luxé peu à peu en avant, à cause de la position de la tête sur l’oreiller, puis l’ankylose s’est produite; malgré la diminution de calibre du canal médullaire, les fonctions de la moelle sont
restées intactes parce que la compression a été lente.
Donc, pourvu que la compression médullaire ne soit pas trop brusque ou d'emblée trop étendue, il se fait
dans les parties traumatisées une véritable adaptation.
L’atlas et l’axis vont s’ankyloser et les mouvements qu'ils ne pourront plus effectuer, auront lieu dans d’autres parties du rachis cervical; la moelle spacieusement logée, à l’état normal, dans le canal médullaire, se contentera d’une habitation plus modeste, au point de faire parfois
preuve d’une endurance qui nous étonne.
Un point capital pour le pronostic, c’est l'existence de foyers hématomyéliques. Nous avons vu l’importance que leur attribue Sieur. Mais comment reconnaître ces hémorrhagies? Elles peuvent exister dans une simple frac-
ture et faire défaut dans une luxation.
Donc, si en théorie, un certain optimisme peut être permis, au point de vue pratique les lésions traumatiques de l’atlas et de l’axis devront être considérées comme très graves, graves, à cause de l'incertitude où malgré l'examen le plus minutieux, on se trouve touchant leur étendue et la possibilité d’accidents secondaires parfois mortels ; assez graves toujours, pour déterminer le pra-
ticien à une intervention immédiate dès qu'il les aura
soupçonnées.