SCÈNE IX
ÜOLOFKIN, puis LESTOCQ.
golofkin. Ah ! monseigneur Lestocq...
vous qui êtes un si habile médecin, nous Verrons si vous avez le talent de vous sauver... (Se retournant et apercevant Lestocq.) Eh! le voilà, ce cher docteur... je vous demandais.
lestocq. Est-il vrai , monseigneur? (A part.) Tachons de savoir s’il a tout entendu...
golofkin. Oui, ma femme était un peu Indisposée.
lestocq. O ciel !
GOLOFKts.Rassurez.vous ! cela va mieux;
! seulement, je crains qu’élle ne puisse ce soir aller au bal.
lestocq. C’est donc grave... et je cours auprès d’elle...
coLOFKiit. Demain , si vous avez le lents... si vous le pouvez...
lestocq, se promenant ainsi que Golofkin.
Aura-t-on le plaisir de vous voir au bal ?
golofkii». Certainement... Croyez-vous, docteur, que la fêle soit belle ?
lestocq .froidement. Superbe! golofkin, souriant. Vous espérez vous y amuser ?
lestocq. Mais, oui et vous, Excel-
lence ?
golofki n . Franchement, j’y compte, et à moins d'événemens qu’on ne peut prévoir.
lestocq, froidement. Je n’en vois guère , et je crois que tout se passer a àmerveille.
golofkin , cessant de se promener. Moi aussi ! Dites-donc, docteur (s'appuyant sur son épaule), j’ai observé ce jeune homme de ce matin , et vous aviez raison, je crois comme vous qu’il est amoureux de ma femme.
lestocq, vivement. Je n’ai jamais dit que M mc la comtesse...
golofkin. Je le sais bien, car j’ai fait encore une autre découverte : je soupçonne qu’il y a une dame... une grande dame...
lestocq. Qui est éprise du jeune officier... je le savais.
GOLOFKIN, riant. Et vous ne me le disiez pas !.. c’est mal ! (En confidence.) Demain, docteur, demain nous causerons de cela.
lestocq, à part. Est-ce qu’il ne saurait rien ?
golofkin. Quand vous viendrez voir ma femme , et en même tems je vous demanderai pour moi une petite consultation.
lestocq, lui prenant la main. Sur-lechamp , je suis à vos ordres. ( Lui tâtant le pouls.) Et si vous voulez permettre...
golofkin. Comment donc... dès que je suis entre vos mains... je suis tranquille..
lestocq , à part, après avoir tâté le pouls.
Dieu ! comme il bat avec violence ! ( Il regarde Golofkin en face bien attentivement,
1 Golofkin détourne les yeux , et Lestocq , tenant toujours son pouls, dit à part. ) Il sait tout! ( Haut et froidement.) Le pouls est bon... il est calme... un peu de malaise, de plénitude... nous vous débarrasseront de tout cela.
golofkin , souriant. Je ne vous parle pas de ma reconnaissance.
lestocq, de mime. J’y comptes et m’y attends.,. A ce soir, monseigneur.
golotkis, ta riant . A ce soir, docteur.