LETTRE VIII
13. La confiance étant rétablie, la paix lui succédant, et îa possibilité de mettre mon plan à exécution, étant démontrée, je passerai de la base du système, à d'autres considérations non moins importantes.
14. Que ceux qui désirent sincèrement que l'usage de la langue anglaise devienne général, me disent maintenant, s'il est un meilleur, uû plus sûr moyen' de réaliser leurs vues, que ce que j'ai suggéré
15. Je crois qub de même que la race Angîo-Saxone, îa langue anglaise se répandra éventuellement, desbofds de l'Océan Atlantique jusqu'à ceux du Golfe du Mexique, et aux confins de la Giratimala et du Mexique, et dirigeant sa course vers l'Ouest, à travers les Montagnes de Roches, parviendra jusqu'à la Mer Pacifique. Cet événement sera, comme de raison, accéléré ou retardé^ suivant les circonstances. Néanmoins, il est facile de voir que des moyens coercitifs, au lieu de hâter ce que tant de personnes désirent, en retarderont nécessairement le progrès; au contraire, un procédé prudent et judicieux, et conforme aux suggestions qui précèdent, ne peut manquer de réussir.
16. Il s'ensuit donc que, quelque paradoxal ou absurde que cela puisse paraître au premier abord, plus vous encouragerez la langue française, et plutôt l'on apprendra l'anglais, et plutôt l'usage de la langue anglaise deviendra général.
17. Nul homme sensé ne rêvera que la langue anglaise sera parlée exclusivement dans les possessions anglaises ; tout ce que les hommes les plus ardens peuvent espérer, c'est qu'on la parle généralement. Quoique généralement en usage aux Etats-Unis, elle ne l'est pas exclusivement, pas plus qu'elle ne l'est ou ne le sera dans tout pays éclairé, oû l'on apprendra toujours, la riche et élégante langue française.
18. Il n'en faut pas d'avantage, pour faire de nous un seul peuple, et nous faire oublier notre origine. Dès l'instant que les masses pourront se communiquer leurs idées, leurs pensées et leurs désirs, le bût sera atteint, et le plutôt sera le mieux.